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Affaire des emplois fictifs : Penelope Fillon mise en examen

François Fillon accuse François Hollande d'être à l'origine des rumeurs et d'animer un "cabinet noir" contre lui | © Belga

Politique

Entendue mardi par les magistrats financiers en charge de l’affaire, Penelope Fillon a été mise en examen, comme son mari François Fillon, le 14 mars dernier, puis l’ex-suppléant à l’Assemblée nationale, Marc Joulaud.

Les révélations du Canard enchaîné sur les possibles emplois fictifs de Penelope Fillon, pourtant sans profession connue, à La Revue des deux mondes et à l’Assemblée comme assistante parlementaire de son mari, ont bouleversé la campagne de l’ex-Premier ministre, qui jusqu’alors avait mis l’accent sur la probité. Désormais, il dénonce une « machination » et accuse le président François Hollande d’animer un « cabinet noir » contre lui.

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Assistante parlementaire

Entre 1986 et 2013 – avec des coupures – l’épouse discrète a perçu 680.380 euros net, soit environ 3.600 euros mensuels en moyenne, comme assistante à l’Assemblée de son mari ou de Marc Joulaud, l’actuel maire de Sablé-sur-Sarthe, mis en examen vendredi pour détournement de fonds publics. Les enquêteurs ont mené mercredi une perquisition dans sa mairie, où ils ont « consulté des documents et l’ordinateur » de Marc Joulaud, a précisé à l’AFP le porte-parole de la municipalité, Gaël Bigorgne, confirmant une information d’Ouest-France. Penelope Fillon a aussi été employée à La Revue des deux mondes entre mai 2012 et décembre 2013, sans s’être rendue sur place, pour un salaire de 5.000 euros bruts, qu’elle a cumulé avec son emploi à l’Assemblée à partir de juillet 2012, lorsque son mari est redevenu député. Les enquêteurs cherchent à savoir si ces emplois, aux contours flous, étaient effectifs. Le clan Fillon a vigoureusement défendu le contenu du travail d’assistante accompli par l’épouse, dans l’ombre de l’ex-député, dont la permanence était à leur domicile sarthois.

 

Pour François Fillon, son épouse a accomplie « des tâches simples mais essentielles » – Belga

Des preuves de son travail

François Fillon a mis en avant des « tâches simples mais essentielles » comme la gestion du courrier et de l’agenda et la préparation des discours. Mme Fillon a affirmé avoir remis aux enquêteurs des preuves de son travail, « des courriers avec des notations« , « des échanges de mails« , pour les périodes les plus récentes. Mais alors que le candidat a décrit une relation de travail très personnelle avec son épouse, la nature de la collaboration entre Marc Joulaud et Penelope Fillon pose question. « Ce qu’il faut comprendre, c’est que quand Joulaud l’a remplacé, le député élu, c’était quand même Fillon« , expliquait récemment un membre de l’entourage du candidat. L’autre enjeu de la convocation de Penelope Fillon porte sur des soupçons d’abus de biens sociaux derrière son emploi à la Revue des deux mondes, propriété de l’homme d’affaires Marc Ladreit de Lacharrière, dont les liens avec François Fillon dérangent les enquêteurs.

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« Totale liberté »

Penelope Fillon a évoqué plusieurs « notes et des fiches de lecture » mais seules deux recensions ont été publiées. Elle aurait aussi eu un rôle de conseil auprès de M. de Lacharrière, des entretiens oraux. Son contrat de 281 jours par an « lui laissait une totale liberté » pour organiser son travail, a expliqué à l’AFP l’avocat de François Fillon, Antonin Levy. Selon lui, elle avait mentionné en 2012 un travail mensuel de 14 heures à la Revue des deux mondes dans une fiche de renseignement saisie fin janvier à l’Assemblée. Selon plusieurs médias, les enquêteurs se demanderaient si le nombre d’heures effectuées à la Revue des deux mondes aurait été minimisé pour respecter la règlementation sur le cumul d’emplois, alors que Penelope Fillon était salariée à la même époque à l’Assemblée. « Tous les documents » sur son activité sont « strictement authentiques« , a déclaré auprès de l’AFP son avocat Pierre Cornut-Gentille.

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