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Engluée dans le Brexit et après des mois d’échecs, Theresa May présente sa démission

L'ancien ministre des Affaires étrangères Boris Johnson, champion des Brexiters, fait partie des favoris pour la remplacer. | © Photo by Tolga AKMEN / AFP

Politique

Cette démission du poste de Première ministre britannique sera effective à partir du 7 juin prochain. Elle n’est jamais parvenue à faire adopter son plan de retrait de l’Union européenne.

 

Theresa May a annoncé ce vendredi sa démission. La voix étranglée par l’émotion, Mme May a précisé qu’elle démissionnerait de ses fonctions de cheffe du Parti conservateur — et donc de cheffe du gouvernement– le 7 juin, dans une allocution prononcée devant le 10, Downing Street. Elle a exprimé, au bord des larmes, « Je quitterai prochainement cette fonction qui a été l’honneur de ma vie avec un profond regret de ne pas avoir été capable de mettre en oeuvre le Brexit » .

Sa voix s’est cassée au moment de terminer sa brève déclaration en proclamant son « amour » pour son pays, la dirigeante masquant l’émotion qui la submergeait en faisant volte-face pour se diriger vers ses bureaux. Le mandat de Theresa May, aux airs de chemin de croix tant elle a rencontré d’adversité, de critiques voire de complots au sein de son propre parti, restera comme l’un des plus courts de l’histoire des Premiers ministres britanniques depuis la Deuxième Guerre mondiale.

Réactions en chaîne

Les réactions à la démission de Theresa May ne se sont pas fait attendre. Nicola Sturgeon, Première ministre indépendandiste d’Ecosse, a déclaré sur Twitter que le départ de Theresa May « n’allait pas résoudre le chaos du Brexit créé par les Tories (conservateurs) ». Elle l’a toutefois remerciée pour ses services. « Merci pour votre service ferme envers notre pays et le Parti conservateur. Il est temps désormais d’aller aux urgences: se réunir et organiser le Brexit », a lancé sur Twitter, Boris Johnson, partisan du Brexit dur et candidat potentiel à la succession de Theresa May.

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Dominic Raab, un candidat à la succession de May, l’a qualifiée de « patriote » et de « conservatrice loyale ». La secrétaire d’État au Travail et aux Retraites, Amber Ruud, a estimé « qu’elle avait fait tout son possible pour trouver une solution au Brexit ». Avant d’entrer en fonction, son successeur devra être élu à la tête du Parti conservateur, puis être nommé officiellement à la tête du gouvernement par la reine Elizabeth II. L’ancien ministre des Affaires étrangères Boris Johnson, champion des Brexiters, fait partie des favoris pour la remplacer.

Theresa May s’apprête à quitter 10 Downing Street. ©hoto by ISABEL INFANTES / AFP

Trois rejets et une démission

Theresa May avait pris la tête de l’exécutif en juillet 2016, peu après que les Britanniques eurent voté à 52% en faveur du Brexit lors du référendum du 23 juin 2016, succédant à David Cameron. Mais cette fille de pasteur de 62 ans, ancienne ministre de l’Intérieur, n’est pas parvenue à rallier derrière sa vision de la sortie de l’UE une classe politique profondément divisée sur la question, à l’image de la société britannique. L’accord de divorce qu’elle a âprement négocié avec Bruxelles a été rejeté à trois reprises par les députés, ce qui a contraint l’exécutif à repousser au 31 octobre au plus tard le Brexit, alors qu’il était initialement prévu le 29 mars, et à organiser les élections européennes en catastrophe.

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Le scrutin, qui s’est tenu jeudi au Royaume-Uni, s’annonce calamiteux pour les tories, qui termineraient à une humiliante cinquième place (7%), 30 points derrière le Parti du Brexit du sulfureux europhobe Nigel Farage, selon un sondage YouGov.

 

Avec Belga

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