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L’extrême-droite grande gagnante en Flandre, la N-VA prête à briser le cordon sanitaire

Le parti d'extrême droite atteint les 18,2% des voix et devient le deuxième plus gros parti, derrière la N-VA. | © BELGA PHOTO JONAS ROOSENS

Politique

Après le dépouillement de 85% des votes, les partis du gouvernement flamand sortant N-VA, Open Vld et CD&V perdaient ensemble 20 sièges lors du scrutin régional de dimanche.

Le Vlaams Belang passe de 6 à 23 sièges. La N-VA doit se priver de 10 sièges au parlement flamand et en conserve 33. Le Vlaams Belang, deuxième parti de Flandre, obtient 23 sièges. Suivent le CD&V avec 20 sièges, l’Open Vld (16), Groen (15) et le sp.a (13). Le PVDA (PTB) fait son entrée au parlement flamand pour la première fois avec trois élus.

L’actuelle coalition N-VA, CD&V et Open Vld garde sa majorité avec 69 sièges sur 124. N-VA et Vlaams Belang n’obtiennent pas de majorité à deux. Si la N-VA voulait créer une coalition avec le sp.a et l’Open Vld, comme cela avait été pressenti ces dernières semaines, le gouvernement disposerait de 62 sièges sur 124.

Le président du Belang veut tout faire pour briser le cordon

Le président du Vlaams Belang, Tom Van Grieken, veut tout faire pour briser le cordon sanitaire, a-t-il fait savoir lundi matin sur Radio 1. « Nous avons reçu un mandat de l’électeur. Je m’en voudrais de ne pas essayer aujourd’hui de tout faire pour y parvenir. » Le parti de Tom Van Grieken s’attendait à progresser mais pas d’une telle manière. « Cela dépasse nos plus grandes attentes. Avec 13 ou 14%, j’aurais été un président heureux », a-t-il indiqué à l’émission De Ochtend au lendemain d’un scrutin qui a vu le parti d’extrême droite remporté 18,5% des voix en Flandre.

« Quand tu vois ce score, tu ne peux pas te retrancher derrière le cordon. Je dois tout mettre en œuvre, dans la limite de mes possibilités, pour le briser. » Tom Van Grieken se dit prêt à mettre de l’eau dans son vin dans l’optique des négociations gouvernementales, mais pas sur les « points cruciaux ». Il tend à nouveau la main à la N-VA, mais accepte de discuter avec tout le monde en principe.

Bart De Wever et la N-VA restent maître du jeu

BELGA PHOTO DIRK WAEM

Le président de la N-VA, Bart De Wever, a averti dimanche soir les autres partis qui seront impliqués dans les négociations fédérales: il n’y aura pas de gouvernement sans majorité du côté flamand. « Au fédéral, nous attendons l’initiative du Roi mais nous disons clairement une chose: on ne peut pas faire un gouvernement sans majorité en Flandre. Nous n’allons jamais permettre cela », a dit M. De Wever devant les militants de son parti. Le président du premier parti flamand a parlé sans détour: la N-VA a perdu les élections et il y a un grand gagnant en Flandre, c’est le Vlaams Belang, que M. De Wever a félicité.

« L’électeur flamand a parlé et, en démocratie, l’électeur a toujours raison », a-t-il ajouté, tout en soulignant que le jeu était particulièrement compliqué. « La Flandre a voté au centre-droit et à droite. Et national-flamand, plus que jamais. La Belgique francophone choisit au contraire d’aller beaucoup plus à gauche. Jamais, ces réalités n’ont été aussi éloignées les unes des autres ». A l’échelon flamand, où il appartient à la N-VA de former un gouvernement, celle-ci « prendra l’initiative d’inviter tous les partis flamands, car la Flandre a besoin d’un gouvernement fort », a expliqué M. De Wever. A cette heure, la N-VA n’exclut donc pas de discuter avec le Vlaams Belang.

 

Avec Belga.

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