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En Belgique francophone forte poussée Ecolo et PTB, PS en tête malgré une nette baisse

Au total, 75% des bureaux dépouillés. | © BELGA PHOTO LAURIE DIEFFEMBACQ

Politique

Le PS reste le premier parti en Wallonie; percée d’Ecolo et du PTB. Les sondages annonçaient une vague verte en Wallonie. Elle aura finalement été plus limitée que prévu…


Malgré un recul sensible, le PS reste le premier parti au sud du pays, une tête devant le MR, lui aussi en repli par rapport au scrutin de 2014. Ecolo, en 3e position, et le PTB, qui dispute la place de 4e parti wallon au cdH, font quant à eux figurent de vainqueurs.

Les sondages annonçaient une vague verte en Wallonie. Elle aura finalement été plus limitée que prévu mais il n’empêche qu’Ecolo gagne du terrain. Lors de la prochaine législature, les écologistes compteront 12 sièges au parlement wallon, contre 4 lors de la législature passée.

Le PS, lui, en disposera de 23 (-7), le MR de 20 (-5), le PTB de 10 (contre 2 pour le PTB Go lors de la législature passée) et le cdH de 10 (-3). Défi, le Parti populaire ainsi que les listes Destexhe ne décrochent pour leur part aucun strapontin.

Sans être un génie des mathématiques, on comprend vite que la coalition MR-cdH au pouvoir au sud du pays depuis l’été 2017 n’est plus possible, les 2 partis – qui avaient déjà perdu leur très courte majorité avant les élections en raison du ralliement de la députée libérale Patricia Potigny aux listes Destexhe – ne disposant plus que de 29 sièges sur 75.

Enfin, le scrutin de ce dimanche a réservé son lot de surprises et de désillusions pour ceux qui ont perdu leur siège namurois. C’est notamment le cas du ministre wallon de l’Environnement, le cdH Carlo Di Antonio ou encore des députés MR Fabian Culot, Gilles Mouyard et Olivier Destrebecq.

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A Bruxelles, PS est aussi premier

Au terme d’une opération de dépouillement à suspense jusqu’au bout, le PS est sorti en tête des élections pour le parlement bruxellois. Les votes émis dans l’ensemble des 727 bureaux de la capitale l’ont placé en tête, à hauteur de 22,7%, devant Ecolo (19,1%), en forte progression par rapport à 2014, et le MR (16,9%). DéFI (13,8%) sort quatrième du scrutin, devant le PTB (13,5%), qui a connu la deuxième progression la plus forte dans la Région-capitale et le cdH (7,6%).

Le PS occupera 17 sièges (-4) des 72 sièges francophones du parlement régional, devant Ecolo (15; +7), le MR (13; -5); DéFI (10; -2); le PTB , 10 (+6) et le cdH (6; -3). Dier Animal, aile francophone, décroche le dernier des 72 sièges dévolus aux francophones via le groupement de voix avec le PTB et Plan B.

Côté néerlandophone, Groen est sorti en tête avec 20,6% des voix, devant la N-VA (18%), l’Open Vld (15,8%) et one.brussels-sp.a (15%). Suivent le Vlaams Belang (8,3%), le CD&V (7,5%) et Agora (5,2%). Les 17 sièges dévolus d’office aux néerlandophones se répartissent entre Groen (4 sièges; +1); Open Vld (3 sièges; -2), one.brussels-sp.a (3; =); N-VA (3; =); CD&V (1; -1); Vlaams Belang (1; =); Agora (1; +1), le PVDA (1; +1), via le groupement avec Dier Animal (nl).

Di Rupo prendra l’initiative

BELGA PHOTO DAVID STOCKMAN

Le président du PS Elio Di Rupo prendra l’initiative d’inviter dès mercredi au parlement de Wallonie les différentes formations politiques qui y seront représentées, a-t-il annoncé dimanche alors que le parti socialiste s’est maintenu comme première formation politique à Namur en dépit d’un score historiquement bas.

Le PS prendra également la main en Fédération Wallonie-Bruxelles après qu’il a confirmé son statut de première formation politique francophone du pays. Après mercredi, les consultations se poursuivront après le congé de l’ascension. Au niveau national, le PS attendra une initiative du roi Philippe. Elio Di Rupo a également indiqué qu’à ce stade du dépouillement, le PS se maintenait également en tête à Bruxelles. Le président du PS a souligné qu’une certaine prudence s’imposait dans l’analyse des résultats alors que les résultats ne sont pas encore complets en Wallonie et à Bruxelles.

Applaudi par les siens, M. Di Rupo a salué un « réel succès pour le parti socialiste ». Selon lui, les citoyens ont manifesté un « large désir de changement » à travers un « signal clair ».
Le président du PS a également évoqué l’ampleur de la victoire du Vlaams Belang « qui doit inquiéter tous les démocrates et qui blesse nos valeurs les plus fondamentales ».

Le PTB approche les 20% dans la circonscription de Liège

BELGA PHOTO JOHN THYS

Alors qu’un peu moins de 30% des bureaux de la circonscription de Liège ont été dépouillés, le PTB s’y annonce comme le grand gagnant du scrutin régional dimanche. Le parti d’extrême gauche fait un bond de 8,34 points de pourcentage et totalise 19,29% des voix. Il serait le deuxième parti de la circonscription, derrière le PS.

Le parti socialiste perd 3,28 pp mais reste premier, fort de 28,99% des suffrages. Il devance nettement le PTB, qui obtient 19,29% des voix. En troisième position se trouve le MR, avec 16,72% et une lourde chute de 5,88 pp. Le parti libéral semble payer sa participation aux gouvernements fédéral et wallon. Son partenaire à la Région, le cdH, perd lui aussi 4,08 pp et avec 7,34% des voix, le parti de la ministre sortante Alda Greoli n’est que cinquième de la circonscription. Les humanistes sont devancés par Ecolo, qui totalise 13,12% (+5,10 pp). Soixante-trois bureaux ont été dépouillés sur 212. La circonscription de Liège envoie 13 députés sur 75 au Parlement de Wallonie.

Bug informatique à Bruxelles et en Wallonie…

Plusieurs chefs de file politiques francophones se sont inquiétés dimanche soir des retards observés dans la publication des résultats électoraux en Région wallonne et bruxelloise alors que les tendances sont connues en Flandre. Des bugs informatiques à répétition affectent la transmission des résultats au SPF Intérieur, en Région wallonne, qui vote sur papier avec un système de scan. Des problèmes sont également constatés au niveau de la transmission des résultats à Bruxelles où le vote est pourtant électronique comme dans la plupart des cantons flamands.

« Il va falloir faire le point entre démocrates sur ces bugs à répétition et se poser la question de la fiabilité du transfert de données. Ce n’est pas possible dans un Etat démocratique », a lâché le chef de file socialiste bruxellois à la Chambre, Ahmed Laaouej, sur la RTBF. Son homologue au MR, Didier Reynders, ne comprend pas non plus pourquoi il faut attendre si longtemps les résultats en Wallonie et à Bruxelles.
Ces retards avaient déjà été observés en 2014.

 

Avec Belga.

 

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