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Élections européennes : La vague eurosceptique contenue, poussée verte

Si le taux de participation à ces élections reste inférieur à celui des scrutins nationaux, il atteint cependant, avec 50,5%, son niveau le plus élevé depuis 20 ans, selon le Parlement européen. | © Photo by JOHN THYS / AFP.

Politique

Les grands partis dominant traditionnellement le Parlement européen ont subi des pertes importantes lors du scrutin dimanche mais la poussée populiste de droite a été limitée, écologistes et centristes libéraux enregistrant de leur côté une nette progression.


Selon des projections publiées dans la nuit de dimanche à lundi du Parlement européen, le Parti populaire européen (PPE, droite pro-européenne) reste, avec 179 sièges, contre 216 actuellement, la première force de l’hémicycle. Forts de cette victoire, les dirigeants du PPE ont immédiatement réclamé la présidence de la Commission pour leur chef de file (ou « Spitzenkandidat » selon le terme allemand souvent usité) l’Allemand Manfred Weber, un conservateur dont le profil divise.

Les sociaux-démocrates (S&D), deuxième parti du Parlement à l’issue du scrutin, avec 150 sièges (contre 185), ont balayé d’un revers de main cette demande, laissant augurer de longues tractations dans la course désormais ouverte aux postes clés des institutions européennes. Si le PPE et les sociaux-démocrates (S&D) restent les deux principales formations de l’hémicycle européen, ils perdent leur capacité à réunir à eux seuls une majorité pour faire passer des textes législatifs. La fin d’une époque.

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Alliance d’eurosceptiques

De son côté, Marine Le Pen espère, avec la Ligue de Matteo Salvini arrivée sans surprise en tête en Italie avec 32,4% des voix, fédérer une large alliance de partis nationalistes, eurosceptiques et populistes. Difficile cependant d’envisager aujourd’hui un rapprochement avec le groupe populiste EFDD – où siège le Mouvement Cinq Etoiles italien et que devrait rallier le nouveau parti europhobe de Nigel Farage, grand vainqueur des élections au Royaume-Uni avec 31,6% des voix – tant leurs divergences sont parfois profondes. Et même en additionnant les gains de ces groupes avec les 58 sièges du groupe ECR (tories britanniques et Polonais au pouvoir du PiS, vainqueurs des européennes), l’extrême droite, les eurosceptiques et les europhobes, restent, avec 172 sièges, loin de la majorité au Parlement européen (376). Les partis d’extrême gauche passent pour leur part de 52 à 38 sièges.

Elections anticipées en Grèce

« La vague de partis nationalistes et eurosceptiques est très contenue, si on met de côté le RN et la Ligue », estime Eric Maurice, analyste à la Fondation Robert Schuman. En Hongrie, le dirigeant populiste hongrois Viktor Orban a largement remporté l’élection européenne dans son pays. En Autriche, le parti conservateur du chancelier autrichien Sebastian Kurz est arrivé largement en tête, devant les sociaux-démocrates et le parti d’extrême droite FPÖ, touché par l »Ibizagate’, selon des estimations. En Espagne, le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez est le seul socialiste à sortir grand vainqueur du scrutin dans un grand pays. En Grèce, le parti Syriza (gauche radicale) a été devancé de plus de 8 points par le principal parti d’opposition de droite, la Nouvelle Démocratie. Conséquence: le premier ministre Alexis Tsipras a annoncé qu’il convoquerait des élections anticipées.

« Vague verte »

©Photo by EMMANUEL DUNAND / AFP

Les élections européennes ont également été marquées par les bons résultats des écologistes, qui espèrent devenir un interlocuteur indispensable dans ce paysage politique plus fragmenté que jamais. Ils finissent, en France, à une inattendue troisième place avec 13,4% des voix. Ce résultat fait écho au score enregistré en Allemagne par les Verts, deuxièmes du scrutin, selon les sondages, juste derrière le camp centre-droit d’Angela Merkel, qui enregistre un plus bas historique avec 28,6%.

« Une grande victoire ! », s’est réjouie la tête de liste des écologistes au Parlement européen, l’Allemande Ska Keller. « Je suis sur un petit nuage », a renchéri l’eurodéputé belge Philippe Lamberts.

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Participation en hausse

©Photo by INA FASSBENDER / AFP

Si le taux de participation à ces élections reste inférieur à celui des scrutins nationaux, il atteint cependant, avec 50,5%, son niveau le plus élevé depuis 20 ans, selon le Parlement européen. Cette mobilisation marque un coup d’arrêt à l’érosion continue qui caractérise les européennes depuis 1979. Quelque 427 millions d’Européens étaient en âge de participer au scrutin, afin d’élire pour 5 ans les 751 membres du Parlement européen, une assemblée qui n’a eu de cesse d’accroître ses pouvoirs. Les chefs d’Etat et de gouvernement se retrouvent dès mardi pour un sommet afin d’échanger sur les prochaines nominations.

Avec Belga

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