Paris Match Belgique

La réaction de Theo Francken face à la progression du Vlaams Belang passe mal [VIDÉO]

francken

Le cordon sanitaire ne tient plus qu’à un fil. | © BELGA PHOTO NICOLAS MAETERLINCK

Politique

Une vidéo de Theo Francken se réjouissant des résultats du Vlaams Belang, avant d’être rappelé à l’ordre par Jan Jambon, fait le tour des réseaux sociaux.

 

La scène se déroule au quartier général de la N-VA, le soir des élections dimanche 26 mai. Sous les caméras de la VTM, les candidats du parti nationaliste découvrent leurs résultats dans le canton de Glabbeek. Si Bart De Wever tire plutôt la tête face à la maigre progression de son parti, Theo Francken semble se réjouir, mais pas pour les bonnes raisons.

En voyant la N-VA en tête et en progression de 4,9%, l’ex-secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration, enthousiaste et serrant son poing, lance un joli « yes ! » À ses côtés, son président Bart De Wever lui fait remarquer que le parti d’extrême-droite progresse plus que la N-VA. « Mais tu vois, le Vlaams Belang gagne davantage », tempère-t-il face à leur progression de 8,4%. « Ensemble une majorité », lui répond alors Theo Francken avec un large sourire, avant de le répéter une deuxième fois. Selon le montage douteux de la VTM, l’ex-ministre de l’Intérieur Jan Jambon semble lui demander de se taire. Si cette réaction est réellement intervenue immédiatement après la déclaration de Theo Francken, son collègue a peut-être voulu, par ce « Pssst » lui rappeler la présence de caméras.

Diffusée mardi soir dans l’émission « Jambers in de politiek » sur VTM (vers 30:22), cette séquence en dit long sur les relations entre le Vlaams Belang et l’ancien secrétaire d’Etat, ainsi que sur le cordon sanitaire qui ne tient plus qu’à un fil. Sur les réseaux sociaux, certains internautes ont rappelé les relations du très médiatique Theo Francken avec les jeunes de Schild & Vrienden dont son fondateur Dries Van Langenhove, tête de liste du parti d’extrême-droite à la Chambre pour le Brabant flamand.

Lire aussi > Le Vlaams Belang au Palais royal : « Le Roi faisait face à deux mauvaises options, il n’y avait pas d’alternative »

En novembre 2018, l’une des figures de proue de la N-VA avait déjà avoué que le Vlaams Belang inspirait parfois sa politique migratoire. Un mois plus tôt, le reportage de la VRT sur le phénomène raciste Schild & Vrienden avait secoué le paysage politique belge, mettant le parti nationaliste et Theo Francken dans une position inconfortable.

« C’est au Roi de jouer »

Pour rappel, à eux deux, le Vlaams Belang et la N-VA compteront désormais 43 sièges au fédéral. Après les élections du dimanche 26 mai, Theo Francken s’était dit satisfait des résultats, mais ses sentiments étaient « contrastés ». « Nous avons gagné et perdu ce dimanche mais nous restons le plus grand parti en Flandre. Ce qui signifie que nous n’accepterons pas qu’un gouvernement fédéral se forme sans avoir la majorité en Flandre également. C’est maintenant au Roi de jouer, mais le Roi doit écouter les Flamands », avait-il déclaré selon Sudpresse.

Mercredi matin, le roi Philippe a reçu le président du Vlaams Belang Tom Van Grieken en audience. Ce qui a choqué de nombreux Belges. Une décision « lourde de conséquences », selon l’analyse de constitutionnalistes. Mais, d’après eux, choisir l’option inverse aurait également eu une signification politique importante.

CIM Internet