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Avec le Brexit, les États-Unis en profitent pour se rapprocher du Royaume-Uni

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Theresa May et Donald Trump, le 4 juin 2019. | © MANDEL NGAN / AFP

Politique

Lors de son voyage de trois jours à Londres, Donald Trump a parlé d’un accord de libre-échange entre les États-Unis et le Royaume-Uni qui sera « extraordinaire » après le Brexit.

 

Le Brexit n’a pas encore eu lieu que le président américain essaye déjà d’obtenir des liens privilégiés avec le Royaume-Uni. Interrogé lors d’une conférence de presse avec la Première ministre britannique, Theresa May, sur les craintes de voir le service de santé public britannique, le NHS, ouvert à des sociétés américaines, le président des États-Unis a répondu: « Quand vous négociez sur le commerce, tout est sur la table. Donc aussi le NHS et tout le reste, et beaucoup plus encore ».

Donald Trump, qui effectue une visite d’État de trois jours au Royaume-Uni, s’est dit prêt à conclure un « accord commercial extraordinaire » avec Londres pour l’après-Brexit alors que les Britanniques comptent beaucoup sur leur partenaire américain pour réussir leur sortie du club européen. Theresa May – qui démissionnera le 7 juin après avoir échoué à mettre en oeuvre le Brexit – a, de son côté, souligné qu’à l’issue des discussions qu’elle a eues mardi avec M. Trump, les deux pays étaient « très attachés » à la conclusion « d’un accord de libre-échange ambitieux lorsque le Royaume-Uni quittera l’UE ».

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Une aubaine pour les États-Unis

Cette « bonne nouvelle » n’est pas sans ravir le pays situé outre-Atlantique. Avoir des liens privilégiés avec le Royaume-Uni leur permet d’affaiblir l’Union européenne, une aubaine pour le président américain qui n’a jamais caché son euroscepticisme. Malgré leur apparente entente, Theresa May a tout de même ajouté que « l’objectif des accords commerciaux est bien sûr que chaque partie négocie et arrive à un accord sur ce qui devrait ou ne devrait pas y figurer », insinuant que le Royaume-Uni ne compte pas se soumettre pour autant au géant américain.

Évoquant sa visite au Royaume-Uni, le président américain a semblé très satisfait de son déroulement, se félicitant d’avoir senti « un grand amour » et vu « des drapeaux américains ». « Et puis j’ai entendu dire qu’il y avait eu des manifestations. J’ai dit : Où sont les manifestations ? Je ne vois aucune manifestation. J’ai vu une manifestation aujourd’hui quand je suis venu, très petite », a-t-il ajouté, qualifiant comme à son habitude de « fake news » les informations faisant état de protestations plus importantes.

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M. Trump en a profité pour tacler le travailliste Jeremy Corbyn, chef du Labour, principal parti d’opposition britannique et chantre de la gauche radicale. Celui-ci a participé mardi à la manifestation anti-Trump qui a rassemblé des milliers de personnes, à Londres, soit bien moins qu’en juillet 2018, lorsque M. Trump avait effectué une visite de travail au Royaume-Uni. « Il voulait me rencontrer et je lui ai dit non », a déclaré le milliardaire américain, le qualifiant de « force négative ».

Sur le dossier Huawei, Donald Trump s’est dit « absolument sûr » de la possibilité d’aboutir à un accord avec le Royaume-Uni sur le groupe chinois de télécoms, alors que Washington menace ses alliés occidentaux de limiter les échanges de renseignement s’ils impliquent Huawei dans leur réseau 5G. Le gouvernement britannique doit rendre publique prochainement sa décision quant à la présence de Huawei dans le développement du réseau 5G au Royaume-Uni.

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