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Des imams pour espionner les opposants d’Erdogan en Belgique

Une affaire que la Belgique pourrait qualifier d'ingérence de la part du gouvernement turc. | © AFP PHOTO / TURKISH PRESIDENTIAL PRESS SERVICE / YASIN BULBUL

Politique

Imams, mosquées et conseillers aux affaires religieuses des ambassades turcs ont servi à surveiller les partisans de Fethullah Güllen à travers l’Europe. L’un de ces « espions » basé à Bruxelles a rédigé le rapport le plus complet de tous, rapporte Le Soir.

La Turquie s’appuie sur ses « conseillers religieux » pour surveiller les opposants au président Recep Tayyip Erdogan dans 38 pays, dont la Belgique, rapporte ce samedi Le Soir. Le quotidien s’est procuré le rapport, de huit pages, rédigé à l’en-tête de l’ambassade turque de Bruxelles et de son conseiller aux affaires religieuses. Le rapport en question, transmis au quotidien par le réseau de journalistes European Investigative Collaborations (EIC), désigne le mouvement du prédicateur Fethullah Gülen, tenu responsable par Ankara du putsch raté de l’été dernier en Turquie, d’ »organisation terroriste » et épingle la coupole associative Fedactio et les quelque 60 associations qu’elle regroupe.

Le rapport nomme exhaustivement les associations, évalue leur force, leurs éventuels revers et épingle quelques personnes physiques. Le rapport acte les désinscriptions massives d’étudiants dans les écoles gülenistes de Flandre.

©Peter Kneffel/dpa – Un électeur turc vote à Munich en portant une cravate illustrée par le visage d’Attaturk et un badge où l’on peut lire « non ».

Aussi, le conseiller s’inquiète aussi de l’existence d’une « chaire Gülen pour les études interculturelles » établie au sein de la faculté de sciences sociales de l’université de Leuven (KUL). En Belgique, des agissements comme celui du conseiller religieux de l’ambassade turque sont assimilables à de l’ingérence, observe Le Soir.

L’existence de tels rapports avait déjà été dévoilée en décembre 2016 par un quotidien turc, qui avait révélé que le Directorat des affaires religieuses collectait des informations sur les activités gülenistes. Les pays visés étaient alors déjà la Belgique, mais aussi l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Italie, ou encore le Danemark.

Avec Belga

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