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Un caricaturiste canadien dit avoir été viré pour ce dessin de Donald Trump

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Donald Trump, le 30 juin 2019. | © Jacquelyn Martin / POOL / AFP

Politique

Après 17 années passées au sein du groupe de presse Brunswick News Inc., le caricaturiste canadien Michael de Adder déclare avoir été licencié après un dessin controversé sur Donald Trump.

Caricaturiste est-il un métier en voie de disparition ? Plus de deux semaines après la décision du New York Times d’abandonner les dessins politiques dans son édition internationale face aux polémiques, un caricaturiste canadien vient de perdre son travail pour un dessin qui ne serait pas passé. Entre ces deux événements, un dénominateur commun : Donald Trump. Promenant Benyamin Netanyahou dans le premier, le président américain se retrouve à nouveau au cœur de ce nouveau dessin controversé.

Quelques jours après l’image insoutenable d’un père salvadorien et de sa fille de deux ans noyés tentant de rejoindre les États-Unis, Michael de Adder a pointé du doigt la politique migratoire du président américain, en publiant son dessin politique.

« Ça ne vous dérange pas si je joue ? », demande l’amateur de golf descendu de sa voiturette, s’adressant aux deux cadavres sur son chemin. Le Canadien dénonçait ainsi l’indifférence du président américain à l’égard des migrants. Mais ce ne fut pas au goût de tout le monde.

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Michael de Adder est persuadé que son dessin, diffusé mercredi sur son compte Twitter et vite devenu viral, lui a coûté son boulot. L’homme originaire du New-Brunswick déclare avoir perdu son contrat avec Brunswick News Inc., le principal groupe de presse de cette province de l’est du Canada après dix ans de bons et loyaux services.

Selon lui, les pressions étaient récurrentes : « J’en étais rendu au point que je n’osais plus proposer aucune caricature de Trump », indique-t-il sur Twitter. « Mais dans les deux dernières semaines, j’ai dessiné Trump trois fois. Deux dessins sont devenus viraux et le troisième a eu l’effet d’une supernova, et, un jour plus tard, j’étais viré. Et ce n’est pas tout, les dessins qui étaient programmés n’ont pas été publiés. Tirez-en vos propres conclusions. »

Le groupe de presse dément

Dans un communiqué relayé par Huffington Post, Brunswick News Inc. dément toute corrélation. « Il est tout à fait faux de suggérer que Brunswick News Inc. a annulé son contrat de freelance avec [de Adder] en raison d’une caricature illustrant Donald Trump », écrit le groupe de presse, motivant sa décision par la volonté de remplacer Michael de Adder par un autre dessinateur. « La décision de ramener le caricaturiste préféré des lecteurs, Greg Perry, a été prise bien avant ce dessin et les négociations ont duré pendant plusieurs semaines. »

Pas bon pour le business ?

Michael de Adder a reçu le soutien de nombreux internautes, et pas n’importe lesquels. Mark Hamill alias Luke Skywalker l’a remercié pour « tenir tête au pouvoir ». Pour le président de l’Association des Caricaturistes canadiens Wes Tyrell, « ce n’est un hasard » si le caricaturiste a été viré après que son dessin sur Donald Trump est devenu viral sur les réseaux sociaux. Il rappelle même les liens entre le groupe de presse Brunswick News et son propriétaire, la compagnie pétrolière canadienne Irving Oil. « Une compagnie pétrolière n’a rien à faire à posséder de journal », relève-t-il, alors que le chef du gouvernement du Nouveau Brunswick, Blaine Higgs, est un ancien cadre dirigeant d’Irving Oil.

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