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À Hong Kong, le retour symbolique des parapluies face aux matraques

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Des manifestants munis de parapluies face aux forces de l'ordre, le 12 juin à Hong Kong. | © DALE DE LA REY / AFP)

Politique

Cinq ans après la « révolte des parapluies », les opposants au gouvernement pro-Pékin ont ressorti cet objet symbolique du placard pour se protéger des forces de l’ordre.

Le retour d’un objet symbolique. Ce lundi 1er juillet, jour d’anniversaire de la rétrocession de Hong Kong à la Chine, des manifestants hostiles au gouvernement pro-chinois ont investi le Parlement et y ont déployé un drapeau de l’époque coloniale britannique. Vitres brisées, portraits officiels vandalisés, des graffitis sur les murs… Le gouvernement de Hong Kong a dénoncé des « actes de violence », « inacceptables pour la société », justifiant l’envoi de la police qui ferait « usage de la force appropriée », selon le South China Morning Post. Face aux gaz poivrés des forces de l’ordre et aux matraques, certains protestataires se sont protégés avec leurs parapluies. Une parade à la symbolique très forte à Hong Kong.

En 2014, des manifestants étaient descendus dans la rue, déterminés à obtenir de Pékin davantage de libertés politiques. À l’époque, ils utilisaient les parapluies pour se protéger des tirs de la police. Ce large mouvement pro-démocratie, baptisé « révolte des parapluies », avait secoué le territoire indépendant, mais n’avait toutefois pas arraché la moindre concession au gouvernement chinois.

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Dans l’hémicycle du parlement de Hong Kong, ce lundi 1er juillet. © Philip FONG / AFP
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Des manifestants entrent dans l’hémicycle du parlement de Hong Kong. © Anthony WALLACE / AFP

Cinq ans plus tard, Hong Kong est le théâtre de manifestations d’une ampleur historique. Elles ont commencé à Hong Kong après l’annonce d’un projet de modification de la loi sur les extraditions, faisant peser une menace sur les libertés individuelles des citoyens du territoire. Si la cheffe du gouvernement Carrie Lam a annoncé la suspension du texte mi-juin, elle n’a pas endigué la colère : deux millions de personnes ont ont défendu leur autonomie vis-à-vis de la Chine le 16 juin.

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Pas convaincu par la suspension du projet, le mouvement de contestation s’est désormais élargi à une dénonciation généralisée de l’action d’un gouvernement auquel la majorité des Hongkongais ne font plus confiance.

Rétrocédé en 1997, Hong Kong bénéficie d’un système juridique distinct de celui de la Chine, en théorie jusqu’en 2047.

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Le 16 juin, de nombreux Hong-kongais n’avaient pas oublié leur parapluie pour venir manifester. © DALE DE LA REY / AFP
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Des manifestants tentent de se protéger avec leur parapluie, le 12 juin dernier. © ISAAC LAWRENCE / AFP
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