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« Vous m’excluez moi et les gens qui me ressemblent » : Le message vibrant de Megan Rapinoe à Donald Trump

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Megan Rapinoe a adressé un message personnel et particulièrement politique à son président. | © Lionel BONAVENTURE / AFP

Politique

La co-capitaine de l’équipe américaine de football a confirmé qu’elle et ses coéquipières ne mettraient pas les pieds à la Maison Blanche.

Certains l’admirent pour ses dribbles sur le terrain, d’autres pour ses tacles envers la politique du président Trump. Depuis qu’elle a posé le genou en terre pour boycotter l’hymne américain, Megan Rapinoe campe sur ses positions : elle n’ira pas à la « put*in de Maison Blanche » – pour reprendre ses mots prononcés fin juin au micro du magazine Eight by EightEncore fallait-il gagner, avait aussitôt rétorqué celui qu’elle qualifie de « mesquin », « raciste », « misogyne » et « homophobe ».

Désormais championnes du monde, les Américaines risquent fort de décliner l’invitation de Donald Trump. « Je ne pense pas du tout que cela fasse sens pour nous », a-t-elle récemment confirmé dans une interview accordée à CNN à propos de cette potentielle rencontre qu’elle voit comme « une opportunité pour l’administration Trump d’exhiber » l’équipe. « Je ne peux pas imaginer qu’une de mes coéquipières veuille être mise dans cette position. »

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« Vous m’excluez moi et les gens qui me ressemblent »

Interrogée par le journaliste américain Anderson Cooper, la trentenaire sacrée meilleure joueuse et buteuse du Mondial a adressé un message personnel et particulièrement politique à son président. « Il y a de grandes chances pour que le président visionne cette interview, quel serait votre message pour lui ? » Après quelques courtes secondes de réflexion, la joueuse qui revendique son homosexualité fixe la caméra et lâche d’un ton grave : « Je pense que votre message exclut les gens. Vous m’excluez moi, vous excluez des personnes qui sont comme moi, vous excluez les gens de couleur, même des Américains qui vous supportent. »

L’Amérique actuelle est peut-être géniale pour certains mais elle ne l’est pas pour assez d’Américains dans ce monde.

En faisant référence au slogan phare du républicain, « Make America Great Again » ou rendre sa grandeur à l’Amérique, la co-capitaine de l’équipe américaine de football remet les pendules à l’heure. « Je pense qu’en disant cela, vous vous référez à une époque qui n’était pas ‘grande’ pour tout le monde », explique-t-elle. « Elle a sûrement été bonne pour quelques-uns, peut-être que l’Amérique actuelle est géniale pour certains mais elle ne l’est pas pour assez d’Américains dans ce monde. » La voix presque tremblante, l’attaquante a conclu son message en rappelant à son destinataire « l’énorme responsabilité » qu’il détient en tant que « chef du pays, de prendre soin de tout un chacun ». « Vous devriez faire mieux pour tout le monde. »

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Clin d’œil

Présente ce mercredi à New York et aux côtés de ses coéquipières pour une parade dans les rues de Manhattan, l’Américaine âgée de 30 ans a délivré un discours empreint d’humour, non sans un énième clin d’œil à Donald Trump. « Nous avons les cheveux roses et les cheveux violets. Nous avons des tatouages ​​et des dreadlocks », a-t-elle lâché en évoquant la diversité réjouissante de l’équipe qu’elle co-dirige avec la joueuse Alex Morgan. « Nous avons des femmes blanches et des femmes noires, et tout ce qui se trouve entre les deux. Des femmes hétéro et des femmes homosexuelles ! »

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