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America is not dead : Humiliée et insultée par Trump, Ilhan Omar a été ovationnée à son retour dans le Minnesota

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Ilhan Omar, cible favorite des ultra-conservateurs et conspirationnistes américains. | © SAUL LOEB / AFP.

Politique

Sous les applaudissements, la jeune représentante du Congrès a tenu à répondre à la série de tweets extrêmement violente du président américain.

Plus un jour ou presque ne passe sans qu’Ilhan Omar, élue représentante à la chambre du Congrès américain, ne soit victime d’attaques abjectes venant de l’Amérique pro-Trump. Incitée à retourner dans son pays d’origine, la Somalie, par l’hôte de la Maison-Blanche dans un de ses meetings, la femme politique de 37 ans essuie les insultes les unes après les autres. « Ce sont des gens qui détestent notre pays. Elles détestent notre pays. Elles le détestent, je pense, ardemment », assurait le milliardaire il y a quelques jours, en faisant référence à quatre élues démocrates d’origine étrangère, à savoir Alexandria Ocasio-Cortez, Rashida Tlaib, Ayanna Pressley et donc Ilhan Omar.

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« Je suis convaincue que c’est un fasciste »

Mais il en faudra plus visiblement pour décourager la militante, qui ne se laisse pas abattre par les slogans des partisans de Trump, qui criaient « Renvoyez-la » encore ce mercredi en plein meeting. De retour dans son fief du Minnesota ce jeudi, elle a été accueillie par de nombreux partisans qui l’attendaient à l’aéroport pour la soutenir face au torrent d’insultes et l’acclamer. « Je suis convaincue que c’est un fasciste« , a-t-elle affirmé, répondant directement aux attaques de Donald Trump. Elle s’est adressée à la foule en se qualifiant elle-même de « cauchemar » pour le président américain et a promis de « continuer à se battre ».

« Send her back ! « 

Face à ce nouveau tollé, le septuagénaire qui brigue un nouveau mandat a tenté dans la foulée de prendre ses distances avec la séquence qui a suscité l’’indignation outre-Atlantique.« Cela ne m’a pas plu. Je ne suis pas d’accord avec cela », a-t-il assuré en réaction aux chants de ses miltants, même si à aucun moment il n’a essayé de les interrompre. Ce nouveau slogan, « Renvoyez-la », fait étrangement écho aux célèbres « Enfermez-la ! » scandés en 2016 contre Hillary Clinton.

Le jeu dangereux du président avec les théories conspirationnistes

Mais le double jeu orchestré par Donald Trump ne trompera personne. Alors que les théories conspirationnistes à l’encontre d’Ilhan Omar pullulent sur Twitter, le président s’en empare et sème le doute même si celles-ci n’ont aucun fondement. L’une d’entre elles, qui propage l’idée selon laquelle Ilhan Omar aurait épousé son propre frère, a été évoquée par le chef d’État face caméra dans une séquence hallucinante.


Réfugiée somalienne, Ilhan Omar avait dû faire face à cette rumeur dès 2016, alors qu’elle se présentait dans le Minnesota. Des blogs conservateurs avaient ainsi prétendu que la future élue avait épousé son frère afin de lui permettre d’obtenir la citoyenneté américaine, ce que l’intéressée avait déjà qualifié d’« absurde et offensant », rappelle le New York Times.

Souffler sur les braises des tensions raciales

Pour rappel, sous Obama, Trump a participé à une autre campagne complotiste, celle des « birthers », qui remettaient en cause la légitimité du président, au prétexte qu’il serait prétendument né en dehors des États-Unis. Ce qui, là encore, était parfaitement faux : Obama est né à Hawaï d’un père kenyan. Et c’est propulsé par ce mensonge que Trump s’est lancé dans la course à la Maison-Blanche.

Le milliardaire républicain, qui visera en novembre 2020 un second mandat de quatre ans, s’est aussi réjoui lors de son meeting mercredi soir de l’échec au Congrès, un peu plus tôt dans la journée, d’une motion appelant au lancement d’une procédure de destitution contre lui. Cette motion a été rejetée à la Chambre des représentants contrôlée par les démocrates, illustrant la division qui règne au sein de l’opposition sur cette question.

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Le locataire de la Maison-Blanche a salué l’échec de cette résolution, « le projet le plus ridicule qui soit ». La Chambre des représentants a également adopté mardi soir une motion condamnant les propos racistes du président américain à l’encontre des quatre élues démocrates. Le petit jeu de Donald Trump, qui s’avère être de souffler sur les braises des tensions raciales dans son pays, cherchant la division et galvanisant son éléctorat majoritairement blanc à défaut de se positionner en président rassembleur, semble bien calculé. Même si on ose espérer que le retour de flammes n’est pas bien loin.

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