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« Nous sommes devenus les méchants » : Devant les députés français, Greta Thunberg répond aux attaques

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Greta Thunberg, le 23 juillet à l'Assemblée nationale française. | © Lionel BONAVENTURE / AFP

Politique

Alors que sa venue était boycottée par des élus de droite et d’extrême droite, Greta Thunberg a participé mardi à une réunion parlementaire sur le réchauffement climatique à l’Assemblée nationale française. L’occasion pour elle de réaffirmer son engagement écologique et de répondre à ses détracteurs.

 

Plusieurs députés français de droite et d’extrême droite ont exprimé ces derniers jours leur opposition à la venue de Greta Thunberg à l’Assemblée nationale française, l’un évoquant une « prophétesse en culottes courtes », un autre un « gourou apocalyptique ». Des propos qui détournent une nouvelle fois l’attention du véritable enjeu de cette réunion. L’Assemblée nationale votera cet après-midi sur la ratification du Ceta, le très controversé traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada. Ce mardi, des élus de tous bords étaient malgré tout présents pour écouter la jeune militante écologiste,  qui vient de recevoir le Prix de la Liberté à Caen pour son engagement.

Face aux députés français, la Suédoise a répondu par l’ironie aux attaques mettant en cause sa légitimité à incarner le combat contre le réchauffement climatique. « Certains ont choisi de ne pas venir ici aujourd’hui, certains ont choisi de ne pas nous écouter », a-t-elle lancé lors du débat à l’Assemblée nationale, organisé par un collectif transpartisan pour le climat. « C’est très bien. Vous n’êtes pas obligés de nous écouter, nous ne sommes que des enfants après tout », a ironisé l’adolescente de 16 ans, avant de poursuivre : « Mais vous devez écouter la science. C’est tout ce que nous demandons : unissez-vous derrière la science », a-t-elle poursuivi, renvoyant à la lecture du dernier rapport alarmant du groupe d’experts de l’ONU sur le climat (Giec).

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« C’est presque comme si vous ne saviez pas que (ces chiffres) existent, comme si vous n’aviez pas lu le dernier rapport du Giec dont dépend l’avenir de notre civilisation », a lancé la jeune militante. « Ou peut-être simplement que vous n’êtes pas assez matures pour dire les choses telles qu’elles sont. Même cette charge, vous nous la laissez à nous, les enfants ».

Le plus gros danger, ce n’est pas d’être inactif. C’est quand les politiques font semblant d’agir.

Lors de ce débat sur le climat à l’Assemblée, Greta Thunberg a pris pour cible les entreprises et la classe politique : « Le plus gros danger, ce n’est pas d’être inactif. Le plus gros danger, c’est quand les politiques, les entreprises, font semblant d’agir ». Dans une interview sur Konbini, elle est revenue sur sa rencontre avec Emmanuel Macron en février dernier. « Il n’a rien promis de spécifique. Il a juste dit que nous devions continuer à agir mais c’est ce que tout le monde dit. J’espère qu’il est sincère en disant ça, mais le temps passe et rien ne change. Bien sûr, on ne peut pas le blâmer uniquement lui, c’est le système entier qui ne fonctionne pas. »

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Greta Thunberg, le 23 juillet 2019. © Lionel BONAVENTURE / AFP

Devant les députés français, elle est également revenue sur les attaques qui l’ont visée ces derniers jours. « Nous sommes devenus les méchants qui devons dire aux gens des choses pas faciles, parce que personne ne veut le faire ou n’ose. Et (pour cela), nous recevons un déferlement de haine et de menaces. Des députés et journalistes se moquent de nous et mentent à notre sujet », a répondu l’icône écologiste, devenue célèbre pour organiser depuis presque un an des grèves de l’école hebdomadaires pour le climat.

La climatologue Valérie Masson-Delmotte, soulignant avoir échangé avec de nombreux jeunes réellement préoccupés par la question climatique, a elle dénoncé des polémiques « extrêmement futiles ». « On parle de la messagère mais pas du problème et ce qui m’intéresse, c’est de parler du changement climatique qui affecte tout le monde, les écosystèmes et les gens, et parler des solutions et faire en sorte que ces solutions soient déployées », a-t-elle déclaré à quelques journalistes.

Avec Belga

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