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Royaume-Uni : Boris Johnson le roi de la punchline

Johnson

On peut dire que le nouveau premier ministre britannique n'a pas sa langue dans sa poche. | © AFP

Politique

Que cela concerne les étrangers, les femmes ou encore la politique, le nouveau Premier ministre britannique a toujours quelque chose à dire. Mais son franc-parler et son manque de tact divisent.

 

Ce mardi 23 juillet, Boris Johnson, ancien maire de Londres et ex-secrétaire d’État des Affaires étrangères et du Commonwealth a été officiellement désigné chef du parti Conservateur, au Royaume-Uni, avec 92 153 voix  contre 46 656 pour son unique adversaire Jeremy Hunt, ministre des Affaires étrangères. Il prend ainsi la succession de Teresa May qui avait présenté sa démission en juin dernier suite à l’impasse dans laquelle le pays se trouvait concernant le Brexit. Bojo, comme on le surnomme outre-manche, est ainsi assuré de devenir Premier ministre puisque le poste incombe au leader du parti majoritaire du parlement. Tantôt qualifié de « bouffon », tantôt dépeint comme le « Trump européen », Boris Johnson et ses déclarations « choc » sont loin de faire l’unanimité.

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Pourtant, il annonçait lui-même que ses chances de devenir Premier ministre « étaient à peu près aussi bonnes que celles de trouver Elvis sur Mars ou d’être réincarné en tant qu’olive ». C’est désormais chose faite et, sans surprise, cet eurosceptique pur jus promet d’ailleurs que le Brexit se fera « deal or no deal ».

Entre bourdes diplomatiques et racisme décomplexé

On aime comparer le nouveau Premier ministre britannique à Donald Trump, pas seulement pour sa coupe de cheveux mais pour son franc-parler parfois déplacé et ses informations erronées qu’il partage allègrement. Lors de ses déplacements officiels ou lors de ses discours, il n’hésite pas à partager ses idées, sans filtre et en étant peu scrupuleux de son manque d’exactitude. En 2016, par exemple, lorsqu’au cours d’une convention du Parti conservateur à Birmingham, il avait confondu le continent africain avec un pays ou encore cette fois, en déplacement en Inde, où il avait prôné l’exportation du whisky alors qu’il se trouvait dans un temple Sikh qui proscrit la consommation d’alcool à ses partisans. 

Sans parler de sa visite dans l’un des sites bouddhistes les plus sacrés du Myanmar, ancienne colonie britannique où il avait entrepris de réciter des vers du poème Mandalay, écrit par Rudyard Kipling et datant de l’époque coloniale.

L’ancien journaliste, lorsqu’il tenait une colonne dans le Daily Telegraph n’a pas hésité non plus à parler de « négrillons » ou de « sourires de pastèques ». « Quel soulagement cela doit être pour Blair de quitter l’Angleterre. Il a été dit que la Reine a appris à aimer le Commonwealth en partie parce qu’elle y recevait une dose régulière de foules en liesse de négrillons agitant des drapeaux », avait-il alors écrit.

En 2015, lors d’une visite officielle à Tokyo, c’est lui aussi qui s’était un peu trop pris au jeu lors d’une partie de rugby avec des écoliers et qui n’a pas hésité à les plaquer.

Des attaques ad hominem

Et puisque l’homme n’hésite pas à dire ce qu’il pense sans se soucier de la véracité de ses propos ou de la légitimité de les prononcer, il s’en prend aussi allègrement aux autres dirigeants européens ou non. Il n’hésite pas à insulter Recep Erdogan à travers des vers qui lui vaudront de remporter le premier prix du « concours de poèmes insultants » : « Il était une fois un jeune gars d’Ankara, qui était un fantastique branleur. Jusqu’à ce qu’il sème son avoine sauvage. Avec l’aide d’une chèvre mais il ne s’arrêta pas pour la remercier ». Dans un autre registre, il a aussi traité Hillary Clinton d’infirmière sadique d’un hôpital psychiatrique dans le Daily Telegraph ou encore assuré que l’ancien président américain Barack Obama détestait l’empire britannique à cause de ses origines kényanes.

Un franc-parler qui n’a pas l’air de refroidir ses partisans qui lui ont une nouvelle fois marqué son soutien en l’élisant à la tête du parti Conservateur.

BoJo is our leader 🤦🏻‍♂️ pic.twitter.com/78g9uuwTEI

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