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Quand Boris Johnson était un correspondant fantasque à Bruxelles

Boris Johnson a été nommé à la tête des Tories. Il a remporté 66% des voix des quelque 159.000 membres du parti qui se sont exprimés. | © Photo by Tolga AKMEN / AFP

Politique

Dans un article paru ce lundi 22 juillet dans le quotidien français Libération, son bien connu correspondant Jean Quatremer nous dresse le portrait de celui qui sera le nouveau premier ministre britannique.

C’est un peu un ‘tackle’ sec, pour utiliser un mot anglais, d’un correspondant français encore en activité chez nous à un ancien correspondant anglais basé à Bruxelles lui aussi à l’époque. C’était dans les années 90, Boris Johnson travaillait depuis la capitale belge pour informer les lecteurs du Daily Telegraph sur les matières européennes.

Après avoir été licencié par le quotidien Times en 1988 pour avoir diffusé une fausse citation, il débarque au Daily en 1989. Il y restera jusqu’en 1994. Comme le souligne l’AFP dans l’une de ses dépêches, à coup d’exagérations et parfois d’entourloupes, Boris Johnson bouscule la couverture des institutions européennes et devient « le journaliste favori » de l’ancienne Première ministre britannique Margaret Thatcher.

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Bouffon… comme surnom

Dans son papier, Quatremer n’hésite pas à qualifier Bojo de… bouffon. C’est apparemment encore comme cela que l’on surnomme ici (lisez Bruxelles) l’ancien journaliste du Daily. « Tous ceux qui l’ont connu à cette époque en gardent un souvenir ému, car c’est lui qui a inventé un genre journalistique, les ‘Euromyths’ que l’on appellerait aujourd’hui ‘Fake news' », écrit le Français dans Libé.

Durant 5 ans, Boris Johnson était basé à Bruxelles. © Niklas HALLE’N / AFP.

On y apprend également qu’avec toute l’approbation de son rédacteur en chef de l’époque, Boris Johnson commence à taper sur le clou et à dresser de l’Union européenne la pire image qui soit… Le plus généralement sans aucune sources probantes. Tout y passe : monstre bureaucratique, absurdité de certaines lois, eurodéputés défiscalisés au standard de vie exubérant… Boris Johnson en salle de presse, c’était l’assurance d’un bon moment avec des côtés surréalistes. En Belgique en plus, vous pensez…

Un constat partagé par La Libre Belgique, qui y voit même une forme de marque de fabrique: voyez les sombres menaces que l’Union européenne fait peser sur l’autonomie britannique.

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Pour Jean Quatremer, cela ne fait pas l’ombre d’un doute, l’utilisation récurrente d’« Euromyths » à non seulement bouger l’ossature même de la presse britannique et à mené petit à petit au Brexit. Et de conclure son portrait par une mise en garde. « Tout compte fait, mieux vaut un ‘bouffon’ pragmatique qu’un idéologue fanatique. Mais attention : il peut trouver amusant de conduire son pays dans le précipice, bien loin du sens de l’Etat d’un Churchill dont il a été un bon biographe ». 

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