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Dix choses à savoir sur Pete Buttigieg

Pete Buttigieg

Pete Buttigieg, le 24 juillet 2019 à Détroit. | © JEFF KOWALSKY / AFP

Politique

Pete Buttigieg, maire de South Bend dans l’Indiana, est candidat à l’investiture démocrate. Découvrez dix choses à savoir sur le benjamin de la primaire démocrate.

 

Un parcours sans faute
Délégué de classe en terminale, major de promotion avant de partir pour Oxford grâce à la prestigieuse bourse Rhodes après avoir obtenu un diplôme en histoire et littérature d’Harvard, où il a été président de l’Institut étudiant politique tout en étant engagé au sein du parti démocrate : Pete Buttigieg a mené un parcours sans faute. Une fois diplômé, il a commencé une carrière dans le conseil en management, qu’il a abandonnée pour briguer le poste de trésorier de l’Indiana (l’État dont est originaire le vice-président Mike Pence), une campagne qui s’est soldée sur un échec en 2010. Il a été élu maire de South Bend, sa ville natale, en novembre 2011, prenant ses fonctions à l’âge de 29 ans. Il a été réélu quatre ans plus tard avec plus de 80% des suffrages et a officialisé sa candidature à l’investiture démocrate en avril 2019, trois mois après la création d’un comité exploratoire.

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Il a servi dans l’armée
Pete Buttigieg s’est engagé dans la réserve de la Navy après ses études et a été déployé pendant sept mois en Afghanistan en 2014 en tant qu’analyste, un rôle qu’il a gardé pendant six ans – et ce alors qu’il était déjà maire de South Bend. Il raconte avoir été inspiré par les nombreux jeunes conscrits qu’il a rencontrés lorsqu’il militait pour la campagne de Barack Obama en 2008. Un engagement militaire, bien que particulier, que Pete Buttigieg met en avant : « Cela me permet de montrer la différence entre les choix du président actuel et les miens. Nous avons répondu différemment aux appels à servir notre pays », a-t-il déclaré. Un tacle pour Donald Trump, réformé de l’armée en raison d’éperon osseux aux talons.

Pete Buttigieg de retour à South Bend après son déploiement de sept mois en Afghanistan, en septembre 2014.
Pete Buttigieg de retour à South Bend après son déploiement de sept mois en Afghanistan, en septembre 2014. © Greg Swiercz/AP/SIPA

Il a publiquement fait son coming-out en 2015
Pete Buttigieg a annoncé qu’il était homosexuel dans une lettre ouverte parue en juin 2015, cinq mois avant d’être réélu maire de South Bend. « Pour une élève locale qui lutte avec sa sexualité, cela pourrait être utile de voir un maire ouvertement homosexuel envoyer le message que sa communauté aura toujours une place pour elle. Et pour un résident conservateur d’une génération différente, qui n’est pas à l’aise avec les changements sociaux car il a l’impression de ne connaître aucun homosexuel, peut-être qu’un visage familier peut être un rappel que nous sommes tous au sein de cette communauté », a-t-il écrit dans le South Bend Tribune. Il a admis que cela lui avait pris « des années de lutte et de développement pour reconnaître que c’est simplement un fait de la vie, comme d’avoir des cheveux bruns, une partie de moi-même ».

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Une campagne destinée aux « millenials »
Lui-même âgé de 37 ans, Pete Buttigieg milite pour une « justice intergénérationnelle » et a multiplié les propositions à destination des jeunes adultes, comme le lancement d’une forme de service national pour permettre l’engagement d’Américains d’ici à 2026, dans des domaines comme la lutte contre le changement climatique, la santé publique ou l’aide aux personnes âgées. Cet engagement pourrait valoir une aide financière d’un an sur les crédits étudiants. Il s’est également prononcé en faveur du Green New Deal prôné par Alexandria Ocasio-Cortez, un projet ambitieux qui vise un véritable changement profond afin de lutter contre le changement climatique.

Pete Buttigieg et Mike Pence, alors gouverneur de l'Indiana, en mai 2015.
Pete Buttigieg et Mike Pence, alors gouverneur de l’Indiana, en mai 2015. © Robert Franklin/AP/SIPA

Des levées de fonds record
Au deuxième trimestre, la campagne de Pete Buttigieg a réussi à lever 24,8 millions de dollars, le triple de ce qu’il avait réussi à réunir entre janvier et avril. Une somme énorme pour le maire de l’Indiana, cinquième dans les sondages condensés par RealClearPolitics avec 5% d’intention de vote, face à des politiciens bien plus implantés depuis des années sur la scène nationale.

Il a fait une pause dans sa campagne pour se concentrer sur South Bend
Après le meurtre d’un habitant noir de South Bend, Eric Logan, par un policier blanc, Pete Buttigieg s’est rendu dans sa ville fin juin pour assister aux hommages. Cette actualité a permis de rappeler une décision polémique : le maire avait démis de ses fonctions le premier chef noir de la police de South Bend peu après le début de son premier mandat car il était accusé d’avoir demandé à ses officiers d’enregistrer secrètement les injures raciales proférées par des policiers blancs. « Il y a des sujets que l’Amérique n’a pas résolus, qu’aucune ville n’a résolu, mais où nous avons avancé. Parfois, c’est trois pas en avant et deux en arrière. Je ne vais pas me présenter comme la personne qui va dénouer les tensions et inégalités raciales dans ce pays », a-t-il assumé.

Il a rencontré son mari grâce à une application
Pete et Chasten Buttigieg se sont rencontrés en 2015 sur l’application Hinge. Celui qui pourrait être le premier « First Gentleman » est un ancien professeur de théâtre, très présent sur les réseaux sociaux, notamment pour faire la promotion de celui qu’il a épousé en 2018. Pete Buttigieg l’a demandé en mariage dans un aéroport, lieu où Chasten avait vu pour la première fois son profil sur l’application de rencontre.

Chasten et Pete Buttigieg le jour de leur mariage, en juin 2018.
Chasten et Pete Buttigieg le jour de leur mariage, en juin 2018. © Robert Franklin/AP/SIPA

Il est polyglotte
Le trentenaire, fils d’une linguiste, parle huit langues : l’anglais, le français, l’espagnol, le maltais, l’arabe, le dari, l’italien et le norvégien. Il a appris cette dernière langue avec un but : pouvoir lire en version originale les romans d’Erlend Loe, dont toute l’oeuvre n’a pas été traduite en anglais. Il a déjà répondu aux questions de journalistes étrangers dans leur langue natale, comme le montre ces vidéos, dont une enregistrée peu après l’incendie qui a dévasté Notre-Dame de Paris.

 

 

Un patronyme peu évident à prononcer
Dès son arrivée sur la scène médiatique nationale (et internationale), Pete Buttigieg a dû faire preuve de pédagogie… pour la prononciation de son nom. Il le tient de son père, un Maltais naturalisé américain à la fin des années 1970. Son mari Chasten Buttigieg a donné sur Twitter quelques pistes pour le prononcer correctement, comme le candidat sur ses réseaux sociaux : « BOOT-edge-edge ».

Chasten et Pete Buttigieg avec leur chien Buddy, en décembre 2018.
Chasten et Pete Buttigieg avec leur chien Buddy, en décembre 2018. © Joshua Lott for The Washington Post via Getty Images

Son chien a un compte Instagram
Les Buttigieg ont adopté deux chiens dans un refuge et l’un d’eux, Truman, a son propre compte Instagram, sous le nom @firstdogsb, soit « Premier chien de South Bend ». Il compte un peu moins de 4 500 abonnés mais nul doute que la campagne Buttigieg saura mettre à profit Truman pour s’adresser aux électeurs fans de chiens.

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