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Tiny Pricks Project, le compte Instagram qui brode les pires citations de Trump

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De nombreuses broderies sont exposées à New York. | © EDUARDO MUNOZ ALVAREZ / AFP

Politique

Afin de se soulager et de protester, ils brodent les fameuses citations de Donald Trump qui, depuis plus de trois ans, rendent folle une partie de l’Amérique.

Entre « Attrape-les par la chatte », « Renvoyez-la » ou encore « Le rein a une place très spéciale dans le coeur », les citations remarquées du président américain ne manquent pas. Souvenez-vous, en janvier 2018. En réponse à des articles qui s’interrogeaient sur sa santé mentale, Donald Trump avait déclaré qu’il était « un génie très stable ». Une énième phrase qui avait eu le don d’irriter de nombreux Américains, dont Diana Weymar. Pour passer ses nerfs, l’artiste âgée aujourd’hui de 50 ans l’a cousue sur un motif floral typique de la broderie classique et publié le résultat sur Instagram.

Le succès a été instantané. Motivée par la vague de soutien qu’elle a reçue, elle a décidé de broder une ou deux de ces citations qui, depuis plus de trois ans, rendent folle une partie de l’Amérique. Mais face au flot ininterrompu des tweets et déclarations du Républicain, Diana Weymar s’est rapidement sentie dépassée, au point d’organiser des ateliers et d’en appeler aux brodeuses et brodeurs du monde entier.

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Avec plus de 1000 publications et 33 000 followers sur Instagram, son projet intitulé « Tiny Pricks Project » a suscité un engouement au-delà de toute espérance. Merci l’effet boule de neige. Les fameuses déclarations apparaissent sur des napperons, des petites culottes, des chaussettes à volants ou encore des bavoirs. Et tout y passe. « Witch Hunt ! », en référence à la chasse aux sorcières dont Donald Trump s’estime victime dans le cadre de l’enquête russe. « She’s not my type » (« Ce n’est pas mon genre de femme »), lorsque le président américain dément les accusations de viol par l’éditorialiste E. Jean Carroll. Ou encore des citations, plus malsaines, à propos de sa progéniture : « Si Ivanka n’était pas ma fille, je sortirais avec elle ».

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The piece that launched thousands of tiny pricks. Gave the mothership a facelift today – more yellow – for an upcoming trip to NYC. The first “draft” made on Jan 8th, 2018 during a drive from Princeton NJ to NYC (no, I was not driving) … a quick piece to process my shock that @realdonaldtrump was not only a genius, not only a stable genius but actually a very stable genius. Who knew? I am not the first to pick up a needle for some creative processing. Among my many favorites #louisebourgeois @rachellehruska @michelle.kingdom @subversivecrossstitch @badasscrossstitch @mairakalman @amymeissnerartist and every Tiny Pricks participant. Let’s face it, I love anyone who picks up a needle. This original textile – a stool cover? – was made by an ancestor on my maternal side (debate about whether it was grandmother or great grandmother) and who knows what subversive thoughts she was processing at the time? Stitch on and please join us if you’re interested! #embroidery #threadsthatbindus #protest #2020by2020 #maternalmaterial #subversivestitching #stitchclubisthenewbookclub #join #vote and lastly @coldplay “Look at the stars Look how they shine for you And everything you do Yeah they were all yellow I came along I wrote a song for you And all the things you do And it was called "Yellow" So then I took my turn Oh what a thing to have done And it was all yellow Your skin Oh yeah, your skin and bones Turn into something beautiful You know, you know I love you so You know I love you so I swam across I jumped across for you Oh what a thing to do 'Cause you were all yellow I drew a line I drew a line for you Oh what a thing to do And it was all yellow Your skin Oh yeah your skin and bones Turn into something beautiful And you know For you…”

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Se soulager et protester

Pour celles et ceux qui ont rejoint le projet, c’est une manière de se soulager, et de protester. « C’est une façon créative de gérer cette folie, ce qui est difficile à trouver en ce moment », explique Diana Weymar à l’AFP. « Pour moi, ce projet revient à piquer votre conscience », poursuit-elle, en référence au travail de l’aiguille. L’utilisation du « pricks » dans le nom du projet a d’ailleurs plusieurs sens. Au-delà de sa traduction en « piqûre », « prick » peut également signifier « dresser l’oreille » (« prick up ») ou encore « con ».

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De nombreuses broderies sont exposées jusqu’en septembre dans une boutique à New York, Lingua Franca. Idéal en pleine campagne présidentielle américaine. Diana Weymar ambitionne d’ailleurs d’avoir réuni 2 020 pièces d’ici l’élection présidentielle de 2020 et rêve que sa collection puisse influer sur le vote de certains. « J’espère qu’elle sera assez importante pour voyager dans les Etats décisifs » pour la victoire d’un candidat.

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