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Dix choses à savoir sur Bernie Sanders

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Bernie Sanders, le 25 juillet 2019. | © FREDERIC J. BROWN / AFP

Politique

Bernie Sanders, sénateur du Vermont, est candidat à l’investiture démocrate. Découvrez dix choses à savoir sur le doyen de la primaire démocrate.

 

Il a été arrêté en 1963
Bernie Sanders a toujours été engagé politiquement : en 1963, quelques jours avant son 22ème anniversaire, il a été interpellé à Chicago lors d’une manifestation contre les « Willis Wagons », des véhicules garés devant les écoles pour enfants noirs, où ils devaient étudier quand les établissements comptaient déjà trop d’élèves. Un an avant la fin de la ségrégation raciale aux États-Unis, l’étudiant de l’Université de Chicago dirigeait à l’époque le groupe Congress of Racial Equality, il avait été interpellé, jugé et déclaré coupable de refus d’obtempérer et condamné à verser une amende de 25 dollars. Il avait également refusé de combattre durant la guerre du Vietnam, se déclarant « objecteur de conscience ».

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Bernie Sanders en 1981.
Bernie Sanders en 1981. © Donna Light/AP/SIPA

Un doyen du Sénat
S’il est candidat à l’investiture démocrate pour l’élection présidentielle de 2020, Bernie Sanders siège pourtant au Sénat en tant qu’indépendant depuis son élection en 2006, revendiquant être socialiste – un terme synonyme d’extrême gauche pour certains aux États-Unis. Il est l’élu indépendant avec la plus longue carrière à la Chambre des représentants, où il a été élu pendant 16 ans avant de devenir sénateur, où il siège notamment dans les commissions pour les vétérans, sur l’environnement, sur la santé et l’éducation. Sa toute première élection date de 1981, lorsqu’il a été élu maire de Burlington, dans le Vermont, où il a emménagé en 1964 après ses études et où sa famille vit toujours. Sa carrière d’édile a démarré grâce à une très courte victoire : il n’avait que 10 votes d’avance sur son rival.

Bernie Sanders en 1990, après son élection à la Chambre des représentants.
Bernie Sanders en 1990, après son élection à la Chambre des représentants. © Rob Swanson/AP/SIPA

Candidat sans l’être
En 2016, Bernie Sanders a perdu la primaire démocrate face à Hillary Clinton, qui a fini par perdre l’élection générale face à Donald Trump dont elle était favorite – il s’était largement imposé dans la primaire du Vermont, son État. Mais certains des supporters du septuagénaire, accusant le parti démocrate d’avoir favorisé la candidature de l’ancienne secrétaire d’État, ont refusé de voter pour elle dans le Vermont : plus de 18 000 électeurs ont écrit son nom sur les bulletins, ce qui représentait 5,68% des suffrages. « Je pense que dans le Vermont, ça va, car Hillary va l’emporter. Mais dans les États où c’est serré, je veux qu’elle gagne. Donc si vous voulez ajouter mon nom, ça va, mais je ne vais pas gagner, souvenez-vous en », avait-il averti quelques semaines avant le vote, après avoir entendu parler de l’initiative de ses partisans.

Bernie Sanders lors d'un meeting d'Hillary Clinton, en novembre 2016.
Bernie Sanders lors d’un meeting d’Hillary Clinton, en novembre 2016. © Brian Snyder / Reuters

Le candidat le plus âgé de la primaire démocrate
Certains démocrates craignent que Joe Biden, favori des sondages, ne soit trop âgé pour représenter l’électorat le plus jeune et dynamique du parti. Mais il n’est pas le doyen de la primaire : Bernie Sanders, né en 1941, aura 78 ans dans quelques semaines. S’il est élu président, il aura 79 ans au moment de l’investiture, en janvier 2021 et serait le plus âgé président américain en exercice, devant… Donald Trump, qui avait 70 ans au moment de prêter serment. Il en aura 74 en janvier 2021, s’il est réélu. Bernie Sanders serait également le premier président américain de confession juive s’il s’imposait lors de l’élection de novembre 2020.

Déterminé… pendant des heures
En décembre 2010, Bernie Sanders s’est livré à une sorte de « filibuster », une forme d’obstruction parlementaire permise grâce à un discours de huit heures et 37 minutes, exprimant son opposition à un programme de baisse des impôts, négociée avec les républicains par les démocrates sous la présidence de Barack Obama. Le tout sans la moindre pause. « Je ne suis pas là pour battre des records ou pour me donner en spectacle. Je suis simplement ici aujourd’hui, pour autant de temps qu’il le faudra, pour expliquer au peuple américain que nous devons faire bien mieux que ce que cet accord prévoit », avait-il notamment déclaré. Sur Twitter, son discours avait fait fureur et les internautes avaient lancé le hashtag #FiliBernie, même si sa longue prise de parole ne respectait pas strictement les règles du « filibuster ».

Sa « lune de miel » en URSS
En 1988, peu après avoir épousé sa femme Jane à Burlington, Bernie Sanders s’est rendu en URSS. Un séjour qu’il a qualifié de « lune de miel très bizarre » à Moscou, Saint-Pétersbourg et Iaroslavl : « Prenons les forces des deux systèmes. Apprenons l’un de l’autre », avait-il déclaré à son retour. David F. Kelley, un républicain qui accompagnait le quadragénaire, avait quitté le banquet organisé pour leur venue, ne supportant pas les critiques des États-Unis faites par Bernie Sanders : « Quand vous critiquez votre pays, vous pouvez dire n’importe quoi sur notre territoire. Mais à ce moment, la Guerre froide n’était pas finie, la course aux armements non plus, j’étais vraiment mal à l’aise », s’est-il souvenu auprès du Washington Post. À l’époque, Bernie Sanders avait justifié ce déplacement : « Je ne vois pas de ligne magique séparant les questions locales, fédérales, nationales et internationales… Comment une question de guerre et de paix ne pourrait pas être une question locale ? » Trois ans plus tôt, il s’était rendu au Nicaragua, saluant la révolution menée par Daniel Ortega.

Bernie Sanders et sa femme Jane, en 1992.
Bernie Sanders et sa femme Jane, en 1992. © Laura Patterson/CQ Roll Call via Getty Images

Il a enregistré un album de folk
En 1987, alors maire de Burlington, Bernie Sanders a participé à l’enregistrement de l’album de folk We shall overcome, sur lequel il parle sur la musique, entouré d’une dizaine de choristes. À l’époque, le disque n’avait pas eu grand succès mais il a été réédité en 2014, au début de la campagne des primaires pour l’élection 2016 pour surfer sur la vague de médiatisation autour du septuagénaire. Ce n’était pas la seule incursion de Bernie Sanders dans le monde de la culture, nommé pour le Grammy Award du meilleur album de parole enregistrée en 2018 : il est apparu en 1988 dans le film Sweethearts Dance avec Don Johnson et Susan Sarandon – devenue une de ses plus célèbres partisans – puis, 11 ans plus tard, a joué un rabbin dans le film My X-Girlfriend’s Wedding Reception. Dans les années 1980, il présentait également une émission « Bernie Speaks With the Community », devenue culte pour ses plus récents partisans.

Bernie Sanders lors de l'enregistrement de «We shall overcome».
Bernie Sanders et sa femme Jane, en 1992. © Laura Patterson/CQ Roll Call via Getty Images

Son frère a été candidat de l’autre côté de l’Atlantique
Bernie n’est pas le seul de la famille Sanders à être engagé en politique : son frère aîné Larry, 84 ans, a été candidat du Parti vert à Witney, dans l’Oxfordshire, en Angleterre, en 2016, briguant le poste laissé vacant au Parlement par l’ancien Premier ministre David Cameron. L’universitaire américain vit dans le pays depuis 1969 et est porte-parole du parti sur les questions de santé. La notoriété de son frère «ouvre les portes  », a-t-il admis à Reuters : « Les gens savent que ce type existe, nous le connaissons, il a une place dans le monde. Les candidats du Parti vert n’ont pas toujours cet avantage. » Mais sa campagne n’avait rien à voir avec celle de son frère : « L’expérience Bernie est de la politique de masse, des meetings avec 25 ou 30 000 personnes, qui connaissent tous son programme car il a eu un an et demi pour en parler. Ici, nous n’avons que quelques semaines et c’est dans la politique de détails, personne par personne. »

Larry, le frère de Bernie Sanders, en octobre 2016.
Larry, le frère de Bernie Sanders, en octobre 2016. © Juris Abramenko / Reuters

Une organisation qu’il a créée piratée et volée
Fin 2016, l’ONG Our Revolution, lancée par Bernie Sanders pour récolter des fonds pour soutenir la tribu amérindienne de Standing Rock qui lutte contre la construction d’un oléoduc, a été victime d’un piratage. Plus de 242 000 dollars ont été détournés des comptes de l’organisation « lors d’un transfert électronique des fonds vers un compte à l’étranger », grâce à un email piégé. « Our Revolution a travaillé avec le FBI, un avocat et un consultant indépendant en cybersécurité pour identifier les voleurs et retrouver l’argent mais, malheureusement, sans succès », avait écrit Our Revolution dans sa déclaration fiscale citée par Politico. Une somme d’argent équivalente a tout de même été donnée à la tribu amérindienne.

Soutenu par… Cardi B
Signe de la jeunesse de certains partisans de Bernie Sanders, le candidat s’est récemment affiché avec la rappeuse à succès Cardi B. Elle est apparue cette semaine dans une vidéo de campagne : « Ensemble, construisons un mouvement de jeunes pour transformer ce pays », a-t-elle écrit sur son compte Instagram en légende d’une image la montrant face au candidat. La publication a été aimée par plus de 3,1 millions d’utilisateurs et suscité plus de 45 000 commentaires.

 

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