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Trump persiste et signe : « C’est la maladie mentale qui appuie sur la gâchette, pas les armes »

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Donald Trump lors de son allocution à la nation ce lundi matin. | © SAUL LOEB / AFP.

Politique

En réponse aux deux fusillades mortelles survenues ce week-end, le président américain s’est attaqué pour la première fois publiquement au suprémacisme blanc. Sans pour autant appeler à une interdiction des armes à feu et préférant s’en prendre aux jeux vidéos, aux maladies mentales et … aux médias, évidemment.

Au lendemain d’un triste weekend meurtrier, sa prise de parole était attendue par tout un pays. Ce lundi 5 août, Donald Trump s’est exprimé sur les deux fusillades qui ont endeuillé les États-Unis, l’une qui a fait 21 morts à El Paso au Texas et l’autre neuf à Dayton dans l’Ohio.

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Devant une nation gangrénée par la terreur des armes à feu et la question raciale, pour laquelle les événement de ce week-end font inévitablement écho aux violences survenues à Charlottesville en août 2017, où il avait expliqué qu’il y avait « de la violence dans les deux camps », le président des États-Unis a pour la première fois condamné fermement les suprémacistes blancs. « Notre nation doit s’unir pour condamner d’une seule voix la racisme, le sectarisme, et le suprémacisme blanc », a-t-il déclaré.


Idéologie qui a motivé de nombreux attentats d’extrême droite ces dernières années, que ce soit à Christchurch en Nouvelle-Zélande, lors de l’attaque d’une mosquée à Pittsburgh en octobre dernier ou lors de la tuerie d’Utoya perpétrée par Anders Breivik, le suprémacisme blanc voit le cosmopolitisme comme une « menace pour la race blanche ». Pour cette théorie et ceux qui y adhèrent, l’immigration et la mixité ethnique mettraient en danger les civilisations et les pays occidentaux.

Ces idéologies sinistres doivent être vaincues. La haine n’a pas sa place en Amérique. Elle fausse l’esprit, détruit le cœur et dévore l’âme.

Une première

Le président américain a ajouté lors de son discours avoir demandé au FBI de lister toutes les ressources dont il pourrait avoir besoin pour enquêter sur les crimes de haine et combattre le « terrorisme intérieur ». C’est la première fois que Donald Trump parle en ces termes de la violence des suprémacistes blancs, après des années de silence voire de complaisance.

Formulant une nouvelle critique contre « l’idéalisation » de la violence sur les réseaux sociaux, qui aurait selon lui poussé les deux meurtrier à agir de la sorte, il a également appelé à leur condamnation à mort et à leur exécution « rapide ». « Nous devons admettre qu’Internet a offert un espace favorable aux esprits radicalisés et perdus, et que cela leur a permis de mener leurs actions démentes. Nous devons jeter la pleine lumière sur ces endroits obscurs d’Internet et empêcher les meurtriers de masse de frapper avant qu’ils ne passent à l’action. »


Il a par ailleurs annoncé un nouveau texte particulièrement strict avec les auteurs de crimes racistes. « J’ordonne également au ministère de la Justice de proposer une loi garantissant que ceux qui commettent des crimes motivés par la haine et des tueries de masse soient passibles de la peine de mort et que cette peine capitale soit appliquée rapidement, avec détermination et sans des années de délai inutile.« 

Le président des États-Unis n’a pour autant pas changé d’avis sur un autre sujet délicat pour sa majorité conservatrice : les armes à feu. « C’est la maladie mentale qui appuie sur la gâchette, pas les armes« , a-t-il affirmé au cours de son allocution. 

Restreindre l’accès aux armes

Cette affirmation est régulièrement contestée par la communauté scientifique, qui doutent du lien entre les jeux vidéos et la santé mentale, et la propension à commettre des tueries de masse. D’après les épidémiologistes américains, une large majorité de personnes atteintes de troubles psychiques seraient ainsi non-violentes. 

Pourtant, ce 5 août, Donald Trump a annoncé un texte qui restreindra spécifiquement l’accès aux armes à feu aux personnes souffrant de troubles mentaux. Un peu plus tôt dans la journée, sur Twitter cette fois, il avait proposé d’encadrer davantage la vente d’armes dans le pays. « Les républicains et les démocrates doivent se rassembler et obtenir des vérifications d’antécédents solides, peut-être en couplant cette loi à une réforme migratoire désespérément nécessaire« , a-t-il écrit. 

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Le milliardaire républicain, soutenu par le principal lobby des armes à feu, la très puissante NRA, n’a pour le moment pas annoncé s’il se rendrait sur les lieux des drames. Il a également accusé les médias de « grandement contribuer à la colère et la rage qui se sont développées » outre-Atlantique en diffusant des « fake news ».

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