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Des enfants séparés de leurs parents après une vaste opération anti-sans papiers aux États-Unis

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Des agents d'ICE (Immigration and Customs Enforcement) et de HSI (Homeland Security Immigration) qui traquent les migrants sans papiers. | © AFP PHOTO / US Immigration and Customs Enforcement

Politique

Quelque 680 personnes ont été arrêtées mercredi dans le Mississippi lors d’une vaste rafle de travailleurs sans-papiers. Certains parents ont été séparés de leurs enfants, suscitant de vives critiques aux États-Unis.

L’exécutif américain a salué jeudi la baisse des interpellations de migrants arrivant illégalement depuis le Mexique, au lendemain d’une vaste opération anti-clandestins de la police migratoire qui a séparé des familles et suscité de vives critiques. Le nombre de personnes arrêtées aux États-Unis après avoir illégalement franchi la frontière avec le Mexique a baissé de 21% en juillet par rapport à juin, après avoir déjà reculé de 28% le mois précédent, a annoncé le ministère américain de la Sécurité intérieure. Un recul que le ministère attribue « en grande partie » à l’accord signé en juin entre les États-Unis et le Mexique pour lutter contre l’immigration illégale, ainsi qu’à « la collaboration internationale » avec le Guatemala, le Salvador et le Honduras, d’où viennent la plupart des migrants, « pour démanteler et entraver les organisations étrangères de passeurs ».

Dénonçant une « invasion », le président Trump s’est récemment engagé à accélérer le processus d’expulsion de « millions » de migrants arrivés aux Etats-Unis illégalement. Il les accuse de peser sur le marché américain de l’emploi, même si le taux de chômage est au plus bas et que ces clandestins occupent fréquemment des postes à forte pénibilité, notamment dans le secteur agricole.

« Nous avons été en mesure de mettre fin aux longues attentes aux postes-frontière et de réduire le nombre d’enfants détenus à la frontière », note le ministère dans un communiqué, affirmant néanmoins devoir toujours faire face à « une crise humanitaire et sécuritaire ».

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Mais au même moment, la police migratoire américaine traquant les migrants sans papiers a arrêté mercredi quelque 680 employés du secteur agroalimentaire dans l’Etat du Mississippi, une vaste opération qui suscitait jeudi des critiques. Parmi eux figurent 122 Mexicains, dont 34 ont été libérés peu de temps plus tard et convoqués à une audience ultérieure, selon les autorités mexicaines. La rafle visant notamment des usines du secteur avicole a été présentée par les autorités comme la plus importante ciblant en un jour un Etat depuis au moins une décennie.

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Le 31 juillet dernier, à Détroit, des manifestants pro-immigration demandent la fin des expulsions. Sur une affiche, on pouvait lire « Aucun être humain est illégal sur une terre volée. Expulsez ICE ». © JEFF KOWALSKY / AFP

Des familles séparées

D’autres voix se sont inquiétées des conséquences de ces interpellations ayant séparé des familles. Selon les médias locaux, des enfants n’ont appris l’arrestation de leurs parents qu’à leur retour de l’école. En larmes, ils ont imploré les autorités de les relâcher : « j’ai besoin de mon père et de ma mère, mon père n’a rien fait, ce n’est pas un criminel », a déclaré Magdalena Gomez Gregorio, 11 ans, à la chaîne WJTV. « Ma principale préoccupation est : qu’advient-il des enfants ? », s’est interrogé sur CNN William Truly, le maire de Canton, une des villes théâtre de cette opération. Les autorités avaient assuré avoir pris en compte les situations familiales particulières afin qu’aucun enfant ne se retrouve abandonné. Des amis et des voisins ont pris en charge les enfants et les ont emmenés dans un gymnase, où ils ont passé la nuit. Selon WJTV, tous étaient rentrés chez eux ou avaient pu être confiés à des membres de leur famille jeudi.

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Au final certains adultes, menottés lors de leur interpellation, ont été placés en détention en vue de leur expulsion, d’autres ont été relâchés, d’autres convoqués à une audience judiciaire ultérieure et placés sous contrôle électronique. Cette répartition n’a pas été rendue publique.

Une rafle organisée le même jour que la visite de Trump auprès des victimes d’El Paso

L’absence d’explications sur les raisons ayant conduit à investir ces sites industriels précisément mercredi – date choisie par Donald Trump pour rendre hommage aux victimes de deux récentes fusillades ayant endeuillé la population hispanique – a également soulevé des interrogations. « Le jour même où le président est censé réconforter une population dans la peine et rendre hommage à la diversité américaine à El Paso, son administration alimente au contraire la crainte par des rafles migratoires massives dans le Mississippi », a dénoncé le démocrate Joe Biden, en tête de la course pour devenir le rival de Donald Trump à la présidentielle 2020.

Avec Belga

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