Paris Match Belgique

Attaque chimique en Syrie : les États-Unis frappent la base aérienne de Shayrat

La frappe américaine lancée dans la nuit de jeudi à vendredi sur une base proche de Homs a provoqué des "pertes", selon une source militaire syrienne. | © Belga

Politique

Les États-Unis ont frappé dans la nuit de jeudi à vendredi une base aérienne syrienne, en réponse à l’attaque chimique présumée attribuée au régime de Bachar al-Assad.

La frappe a été menée avec « 59 missiles », a précisé un responsable de la Maison Blanche, indiquant que les États-Unis avaient frappé la base aérienne de Shayrat, qui est « associée au programme » syrien d’armes chimiques et « directement liée » aux événements « horribles » de ce mardi 4 avril.

Lire aussi : Attaque chimique en Syrie : l’opposition accuse Bachar al-Assad

Plan de la base aérienne de Shayrat, en Syrie relayé par le département de la Défense des USA, le 6 avril 2017. © Belga

« Détruire » les bases aériennes du régime syrien

Peu avant cette annonce, dans la journée de jeudi, l’ex-candidate démocrate à la présidentielle américaine Hillary Clinton avait laissé entendre, lors d’un sommet sur les femmes organisé à New York, que les États-Unis devraient selon elle « détruire » les bases aériennes du régime syrien. Ancienne chef de la diplomatie américaine, Hillary Clinton a souligné que les forces aériennes syriennes étaient « la cause de la plupart des morts de civils ».

Le camp de son ancien rival Donald Trump semble l’avoir entendue, alors que se clôturait ce jeudi 6 avril une infructueuse réunion du Conseil de sécurité de l’ONU sur l’attaque chimique présumée qui a tué au moins 86 personnes – dont de nombreux enfants – à Khan Cheikhoun dans le nord-ouest de la Syrie. Cette attaque est attribuée par les Occidentaux et la Turquie au régime de Bachar al-Assad, qui dément toute implication dans ce raid et reste soutenu par la Russie, qui bloque toute possibilité de résolution de condamnation ferme de l’attaque de la part du Conseil de sécurité.

Washington a accusé le régime syrien d’avoir utilisé un agent neurotoxique de type sarin dans son attaque contre la ville rebelle, dont les images de victimes agonisantes ont choqué le monde.

Lire aussi : Attaque chimique en Syrie : réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU

Pour ces attaques, le régime Assad a utilisé un agent neurotoxique qui a les caractéristiques du sarin.

La Russie avertie

La Russie a manqué à ses responsabilités en Syrie, a accusé ce jeudi 6 avril le secrétaire d’État américain Rex Tillerson, mais elle a été avertie à l’avance de la frappe américaine sur une base syrienne pour éviter que ses militaires sur place ne soient touchés. « Les Russes ont été prévenus à l’avance » de la frappe d’une soixantaine de missiles sur la base aérienne syrienne, via la ligne de communication spéciale établie entre militaires américains et russes pour éviter les incidents en Syrie, a précisé le porte-parole du Pentagone Jeff Davis.

Lire aussi : Attaque chimique en Syrie : la photo du désespoir qui a fait le tour du monde

La frappe américaine lancée dans la nuit de jeudi à vendredi sur une base proche de Homs a provoqué des « pertes », selon une source militaire syrienne, qui ne précise pas si elles sont humaines ou matérielles. « L’une de nos bases aériennes dans le centre du pays a été visée à l’aube par un missile tiré par les États-Unis, provoquant des pertes », a signalé la source citée par la télévision d’État, qui avait auparavant qualifié l’attaque d’ »agression ».

« Agression américaine visant des cibles militaires syriennes avec plusieurs missiles », avait alerté la chaîne, tandis que l’agence officielle Sana précisait que « cette agression américaine vient après la campagne médiatique de dénigrement menée par des pays (…) après ce qui s’est passé à Khan Cheikhoun ».

Le président américain Donald Trump, qui accueillait jeudi son homologue chinois Xi Jinping à sa résidence de Floride, a quant à lui appelé toutes les « nations civilisées » à œuvrer pour faire cesser le bain de sang en Syrie. La Chine est justement un des soutiens habituels de Bachar al-Assad.

Donald Trump serrant la main au président chinois Xi Jinping, le 6 avril 2017. © AFP PHOTO / JIM WATSON / Belga

Frappe punitive

Au cours d’une brève allocution télévisée, M. Trump a accusé « le dictateur syrien Bachar al-Assad (d’avoir) lancé une horrible attaque avec des armes chimiques contre des civils innocents (…) en utilisant un agent neurotoxique mortel ». M. Trump a affirmé qu’« il est dans l’intérêt vital de la sécurité nationale des États-Unis de prévenir et d’empêcher la prolifération et l’usage d’armes chimiques », soulignant « que des années de tentatives de faire changer Assad ont échoué, et échoué dramatiquement ». Il a souligné jeudi soir que la frappe punitive avait été lancée contre la base aérienne d’où est partie l’attaque sur Khan Cheikhoun.

Nous espérons que tant que les États-Unis seront synonymes de justice, la paix et l’harmonie prévaudront.

(Avec Belga)

CIM Internet