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Boris Johnson perd sa majorité absolue : Quelle influence sur le Brexit ?

Johnson

Boris Johnson au parlement ce mardi 3 septembre. | © AFP

Politique

Sans pression, Phillip Lee a quitté les rangs du parti conservateur pendant un discours de Boris Johnson pour aller s’asseoir sur le banc de l’opposition.

 

 

Coup de théâtre ce mardi au parlement britannique : le parti conservateur du Premier ministre Boris Johnson a perdu sa majorité absolue en pleine séance du parlement après la défection du député Phillip Lee. Alors que le Premier ministre tentait pour la xème fois d’imposer son Brexit coûte que coûte face aux députés dans une ambiance électrique, Phillip Lee a quitté les rangs du parti conservateur et traversé la salle pour s’asseoir avec les Lib Dem sur les bancs de l’opposition. Il s’est ainsi positionné clairement contre un Brexit qui pourrait se faire sans accord avec l’Union européenne proposé par son Premier ministre en rejoignant un parti ouvertement europhile. Par la même occasion, il a emporté avec lui la majorité absolue du parti conservateur qui ne devançait l’opposition que d’une seule voix.

Ce retournement de situation intervient alors que le Premier ministre britannique souhaite un Brexit coûte que coûte le 31 octobre même s’il ne trouve pas de deal avec l’Union européenne. Alors que de son côté, l’opposition et même certains conservateurs rebelles souhaitent faire passer une loi empêchant le gouvernement d’accepter une sortie sans accord.

« Nous avons promis au peuple que nous mettrions en œuvre le Brexit. Nous avons promis de respecter le résultat du référendum et nous devons le faire maintenant. Ca suffit ! », s’est énervé Boris Johnson devant une assemblée dissipée et tendue. « Tout le monde dans ce gouvernement veut un accord, mais c’est vraiment cette Chambre des Communes qui a rejeté trois fois l’accord de sortie (conclu entre Theresa May et Bruxelles, NdlR) et il ne peut tout simplement pas être ressuscité », a-t-il prévenu.

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En gonflant les rangs de l’opposition, le député Phillipe Lee laisse entrevoir un espoir pour faire passer une loi qui contraindrait le Premier ministre à demander un nouveau report du Brexit au 31 janvier 2020 si aucun accord n’est trouvé. Chose que Boris Johnson refuse catégoriquement, trois ans après la décision des Britanniques de se séparer de l’Union européenne en juin 2016« Le gouvernement conservateur poursuit de manière agressive un Brexit dommageables. Il met en danger des vies (…) et menace de manière injustifiée l’intégrité du Royaume-Uni », explique Phillip Lee dans un communiqué. Sans aller jusqu’à changer de côté, plusieurs conservateurs sont prêts à soutenir l’opposition. 

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Composition du parlement britannique. ©AFP

Tout pourrait se jouer ce mardi soir. Si l’opposition remporte un premier vote, cela leur permettra de présenter ce mercredi un texte de loi contraignant pour le Premier ministre. Alors que si les partisans d’un Brexit dur l’emportent au Parlement, Boris Johnson présentera une motion pour organiser des élections législatives anticipées en date du 14 octobre. Pour passer, elle devra remporter deux tiers des voix ce mercredi.

Mais l’opposition semble plutôt confiante. Jeremy Corbyn, le chef du Labour, la principale formation de l’opposition, se dit prêt à des législatives « pour que les gens décident de leur avenir ». Tandis que l’ancien ministre des Finances, Philip Hammond, l’un des conservateurs farouchement opposés à un divorce brutal avec l’UE, a estimé mardi sur la BBC qu’il y aurait suffisamment de soutiens au parlement pour bloquer une sortie sans accord.

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