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En Irlande, Mike Pence dort dans un club Trump… et doit voler jusqu’à Dublin

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Mike Pence et Donald Trump, le 19 juillet 2019 à la Maison Blanche. | © Brendan Smialowski / AFP

Politique

Le vice-président américain Mike Pence est actuellement en visite en Irlande. Il dort dans une propriété Trump… et doit prendre l’avion chaque jour pour ses rencontres.

Un choix étonnant. La chaîne irlandaise RTÉ a révélé que le vice-président américain Mike Pence, actuellement en visite dans le pays accompagné de son épouse, de sa mère et de sa soeur, dort à Doonbeg dans l’ouest, au Trump International Golf. Une propriété qui se situe à près de 300 kilomètres de Dublin, qu’il effectuera en avion pour se rendre dans la capitale et participer aux rendez-vous fixés, notamment avec le président Michael D. Higgins et le Taoiseach (Premier ministre) Leo Varadkar.

« Je ne pense pas que c’était une demande, comme un ordre… Je pense que c’était une suggestion », a déclaré le chef de cabinet du vice-président, Marc Short, confirmant que Donald Trump avait lui-même soufflé l’idée de dormir à Doonbeg. « Quand nous avons parlé du voyage, nous avons dit qu’il irait à Doonbeg parce que c’est de là que la famille Pence est originaire. Il a dû dire : ‘Vous devriez rester chez moi’ », a-t-il continué, cité par NBC News, précisant que le séjour serait facturé à la vice-présidence – sauf les frais pour la famille de Mike Pence. « Ce n’était pas un : ‘Vous devez’. Ce n’était pas un : ‘Il faut que vous le fassiez’. C’est un lieu qui pourrait arranger l’équipe. Gardez en tête que le Secret Service a déjà protégé les lieux pour lui, aussi, donc ils en connaissent en quelque sorte les réalités, ils connaissent les arrangements autour. »

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Donald Trump a en effet récemment séjourné à Doonberg : en juin dernier, après avoir assisté aux célébrations du 75ème anniversaire du Débarquement à Portsmouth, dans le sud de l’Angleterre, le président s’était dirigé vers l’ouest de l’Irlande. C’est de là qu’il s’était envolé pour se rendre en France le lendemain – et ce alors qu’il venait de passer deux nuits à Winfield House, la résidence londonienne de l’ambassadeur américain. Un détour qui a permis au président de jouer au golf et qui a coûté 3,6 millions de dollars supplémentaires, selon le Huffington Post.

« J’espère que vous ne tomberez pas sur des punaises de lit »

Le sénateur démocrate de Californie Ted Lieu a fait partie des élus critiquant ce choix : « Hey @VP @mike_pence : Vous avez prêté serment envers la Constitution, pas @realDonaldTrump. Faire passer de l’argent du contribuable au @POTUS en restant dans un hôtel Trump est teeeeeellement corrompu », a-t-il écrit sur Twitter. « Aussi, j’espère que vous ne tomberez pas sur des punaises de lit », a-t-il ajouté, évoquant une plainte déposée par un client d’un hôtel Trump à Doral, que le président américain envisage pour accueillir le G7 l’an prochain.

Depuis qu’il a été élu, Donald Trump a multiplié les déplacements, que ce soit pour les vacances ou les week-ends, dans certaines propriétés de la Trump Organization. Mar-a-Lago, la « Maison-Blanche d’hiver » située en Floride, a souvent ses faveurs : il y a même reçu des chefs d’Etats, dont le Premier ministre japonais Shinzo Abe et le président chinois Xi Jinping. Mais question déontologie, certains grincent des dents : la sécurisation des lieux coûte cher aux contribuables, comme le logement, sur place, des membres du Secret Service, au bénéfice de l’hôtel.

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D’après le Washington Post, les propriétés de son groupe auraient empoché au moins 1,6 million de dollars grâce à ces déplacements présidentiels, « grâce aux personnels fédéraux et des équipes du parti républicain qui paient pour aller où Trump va ». Une somme qui ne couvrait que les six premiers mois de la présidence du milliardaire, précise le quotidien. ProPublica avait également révélé que la direction de Mar-a-Lago avait présenté au gouvernement une facture de bar de 1 000 dollars : des conseillers (dont Steve Bannon) s’étaient servis au bar, dont ils avaient fait sortir le serveur pour discuter en toute confidentialité. La Maison-Blanche avait honoré la facture que le département d’État avait refusé de couvrir.

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