Paris Match Belgique

Les Israéliens ont le sort de Netanyahu entre leurs mains

Les 6,4 millions d'électeurs israéliens ont commencé à voter ce mardi matin. | © Photo by Jack GUEZ / AFP

Politique

Bibi ou Benny ? Les Israéliens votent mardi lors de législatives qui opposent à nouveau le Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu, au pouvoir depuis une décennie, à l’ancien chef de l’armée Benny Gantz, cinq mois après un premier duel sans issue.

Les 6,4 millions d’électeurs israéliens ont commencé à voter dans les 10 700 bureaux de vote pour ce match retour qui s’annonce âprement disputé. En avril dernier, le Likoud (droite) de Benjamin Netanyahu et la formation centriste Kahol Lavan, Bleu-blanc, les couleurs du drapeau israélien, de Benny Gantz avaient chacun obtenu 35 sièges sur les 120 de la Knesset, le Parlement. Le président israélien Reuven Rivlin avait mandaté Benjamin Netanyahu pour former un gouvernement de coalition. Incapable d’y parvenir, Netanyahu avait dissous le Parlement et provoqué un nouveau scrutin.

En cinq mois, rien n’a bougé

Au cours des cinq derniers mois, les plaques tectoniques de la politique israélienne n’ont pas bougé outre mesure et les sondages pronostiquent un nouveau duel coriace.

Ce nouveau scrutin est crucial pour Netanyahu car il intervient un mois avant sa comparution devant la justice pour des affaires de « corruption », « d’abus de confiance » et de « malversations ». Le Premier ministre est notamment soupçonné d’avoir tenté de s’assurer une couverture favorable de la part du site d’informations Walla, en contrepartie de faveurs gouvernementales qui pourraient avoir rapporté des centaines de millions de dollars à Bezeq, principal groupe de télécommunications israélien dont le PDG était propriétaire de Walla.

Pour l’heure, Netanyahu n’est ni inculpé ni donc condamné, mais une victoire électorale pourrait permettre à ses alliés de lui allouer une immunité.

Face à « Bibi », l’ancien général Benny Gantz, libéral sur les enjeux de société comme le mariage civil mais « faucon » sur les questions sécuritaires, joue la carte de la « probité », et pourrait miser sur une alliance de partis laïcs –de gauche et arabe– face au bloc de droite de Netanyahu et de ses alliés de partis juifs ultra-orthodoxes.

Forte mobilisation ou désintérêt ?

« Le facteur décisif sera le taux de participation », estime Gayil Talshir, professeure de sciences politiques à l’Université hébraïque de Jérusalem. Lors du dernier scrutin, la participation avait avoisiné les 68%. Craignant de voir ses électeurs bouder les urnes, M. Netanyahu a affirmé lundi qu’ils avaient le choix entre « un gouvernement faible », mené par « la gauche et les Arabes » et un « gouvernement fort de droite », mené par lui.

Outre le score du Likoud et du parti Bleu-blanc, les résultats des alliés potentiels de chacun seront déterminants, car la question n’est pas tant de savoir qui aura le plus de sièges entre Netanyahu et Gantz mais lequel des deux sera en mesure d’atteindre, par des alliances, le nombre magique de 61 députés, seuil de la majorité au Parlement.

Une promesse de campagne qui fâche le monde arabe

Netanyahu sortira-t-il vainqueur de ces nouvelles élections en Israël ? Réponse dans quelques heures….©Photo by Heidi Levine / POOL / AFP.

Au lendemain de la promesse faite par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d’annexer partiellement la Cisjordanie occupée en cas de réélection. En pleine campagne électorale, M. Netanyahu a promis, s’il était réélu, d’annexer à l’Etat d’Israël « la vallée du Jourdain et la partie nord de la mer Morte ». La vallée du Jourdain représente environ 30% de la Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967.

Réalisée, cette promesse « entraînera toute la région dans la violence », a déclaré le chef de la diplomatie jordanienne, Aymane Safadi. Gardienne des lieux saints musulmans à Jérusalem-Est – secteur palestinien de la ville occupé et annexé depuis 1967 par Israël -, la Jordanie est le seul pays arabe avec l’Egypte à avoir conclu un traité de paix avec l’Etat hébreu, en 1994.

Les premiers résultats officiels devraient tomber au fur à mesure de la nuit de mardi à mercredi.

Avec Belga

CIM Internet