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Foire du Livre politique : Quand la Cité ardente se fait militante

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Jérôme Jamin, professeur de Science politique à l'ULiège, fondateur et administrateur de la Foire du livre politique. | © Victoria Smith

Politique

C’est un des événements forts en Belgique francophone depuis sa création en 2008. La Foire du livre politique (FLP), est un ovni qui roule. Un objet rare devenu incontournable. Elle se décline chaque année avec l’intervention de grands auteurs politiques, académiques, citoyens engagés, écrivains, pédagogues, éditeurs, journalistes, chercheurs, élus, étudiants, passionnés.

La prochaine édition, la 12e du nom, aura lieu les 15 et 16 novembre à la Cité Miroir de Liège, place Xavier Neujean. Le Prix du Livre politique, très attendu, y récompensera le meilleur ouvrage.

 

Jérôme Jamin, professeur de science politique à l’Université de Liège, est le créateur et administrateur délégué de la Foire. Il en rappelle les grands axes et nous en livre quelques secrets. Sous des allures de philosophe flamboyant, l’homme, brillant, est mesuré et, avant tout, un grand discret. L’événement, qu’il mène depuis douze ans est devenu un must unique en son genre. Licencié en philosophie et docteur en science politique, il dirige le centre d’études Démocratie. Il est également codirecteur de la Maison des Sciences de l’homme de l’ULiège. Ses domaines de recherche portent sur la dynamique démocratique et la diversité culturelle, le populisme, le nationalisme et l’extrême-droite en Europe et aux États-Unis.

Au début, la Foire du livre politique était considérée comme un ovni. Onze ans plus tard, elle a acquis une réputation solide.

En 2008, la FLP est une première. Elle entend valoriser la production politique sur papier en Belgique francophone. Ses enjeux sont politiques naturellement, pédagogiques et culturels. « À ma connaissance, une telle foire n’existait pas », indique Jérôme Jamin. « Il y avait certaines initiatives comme la foire du livre associatif, ou des événements citoyens liés au bénévolat par exemple. Mais sous cette forme, c’était, et cela reste un objet assez rare. Au début la Foire était considérée comme un ovni. Beaucoup se sont alors posé la question de l’intérêt de son existence. La Foire a en partie fait s’effacer ce qui existait déjà – par exemple des petits salons militants, salon de la révolution, etc. – tous clairement marqués à gauche ou à l’extrême gauche. Quand j’ai créé la manifestation, certains exposants qui nous ont suivis ont alors abandonné ces salons qui ont progressivement disparu. Aujourd’hui, onze ans plus tard, la Foire est ancrée dans les esprits, les exposants n’interrogent plus son utilité. C’est devenu un outil annuel, récurrent. »

« Au début, beaucoup se sont posé la question de l’intérêt de l’existence de la FLP », commente Jérôme Jamin. « Aujourd’hui c’est un outil annuel incontournable. » © Victoria Smith
Les origines de la Foire trouvent leur source dans une initiative de prime jeunesse. Jérôme Jamin imagine alors les contours d’un projet éditorial avec un camarade de faculté Laurent Nihoul avec qui il fait ses études de philosophie vers la fin des années 90. « On a voulu créer un petit journal. À l’époque, Internet était balbutiant. On est parti sur un format hebdo décalé qui porte un regard décalé et critique, sans être hostile, sur le monde politique. Ensuite, l’objet a été mis au frigo. J’ai poursuivi mes études et mon copain a trouvé du travail. On se retrouvera en 2008 pour créer la Foire. »

« Une offre d’ouvrages politiques nettement sous-estimée »

Au fil de sa formation académique, le professeur de Science Po prend conscience de certaines lacunes dans la connaissance d’ouvrages portant sur ces matières. « Je me suis rendu compte que je connaissais des dizaines de producteurs de contenu politique. » Une appellation à prendre au sens le plus générique du terme. Jérôme Jamin définit ainsi les productions retenues pour figurer à la FLP : « Tout écrit qui cherche d’une manière ou d’une autre à influencer la vie politique en général. Cela couvre énormément de catégories et j’ai réalisé que les gens ignoraient à quel point ces livres, en Belgique francophone, sont nombreux. Ils ignoraient qu’il existe en réalité une bonne centaine d’acteurs qui produisent ce type de contenu : partis politiques bien sûr, syndicats, journalistes proposant des biographies, des livres d’entretiens ou d’investigation, etc. Je me suis dit qu’il y a une offre énorme et foisonnante qui était sous-valorisée, non perçue à sa juste valeur ou sa mesure par les enseignants et les journalistes. »

« Votre foire finira par être une foire socialiste, comme tout ce qui se fait à Liège… »

Avec Laurent Nihoul, il crée une asbl en 2008. La Foire du livre politique est née. Le succès s’installe rapidement. « Nous avons commencé nos activités à la Halle aux viandes, puis à la caserne Fonck, ensuite nous avons élu domicile au cinéma Sauvenière de l’asbl Les Grignoux, avant de nous implanter à la Cité Miroir. »

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La première édition réunit déjà un millier de visiteurs, un chiffre qui restera constant. « C’est peu si on le compare aux grandes foires du livre généralistes bien sûr, comme Bruxelles, Paris ou Berlin. Mais c’est énorme si l’on pense aux thèmes, des questions difficiles qui peuvent inquiéter ou énerver. Ces thèmes attirent plutôt une catégorie curieuse de la population, sensibilisée à certaines problématiques. (…) Au début le public se montrait méfiant, certains nous accusaient d’être à la solde du pouvoir, de droite ou de gauche, de faire partie du monde corrompu de la politique. Un ancien recteur membre du MR m’avait même dit « Monsieur Jamin, votre foire finira par être une foire socialiste, comme tout ce qui se fait à Liège… »

« Faire venir un intellectuel parisien, c’est laisser entendre que nous ne sommes pas capables de faire notre propre Foire nous-mêmes », estime Jérôme Jamin, fondateur et administrateur de la FLP de Liège. © Victoria Smith
L’équipe parviendra au fil des ans, avec sa vocation d’ouverture, à gagner la confiance d’une audience à la fois brûlante et équilibrée. « Nous tenons beaucoup à la diversité des intervenants. Nous avons par exemple une radio qui nous suit fidèlement, en assurant une présence physique permanente lors de la Foire, c’est RCF, la radio chrétienne francophone. Étant le garant du pluralisme de la Foire, il était intéressant pour moi d’avoir un média chrétien. C’est une tendance qui s’ajoute aux autres déjà présentes. Le Centre Jean Gol, Etopia et l’écologie politique, les syndicats de gauche et d’extrême gauche nous suivent depuis les débuts, de même que les Presses universitaires et autres centres d’études. C’est cette variété des acteurs qui fait notre force. »

Des pointures belges, pas de stars hexagonales

La FLP ne cherche pas à racoler à tout prix. Et n’a nulle intention de convoquer les vedettes françaises « L’idée », martèle son créateur, «est de montrer précisément que notre production en Belgique francophone est énorme, nul besoin de mettre en lumière des stars à la française qui bénéficieraient déjà des spots d’une émission comme celle de Ruquier. J’ai toujours refusé de recevoir de grands noms français ou étrangers car l’objet social de la Foire est de valoriser cette offre politique riche et foisonnante. Faire venir un intellectuel parisien, c’est laisser entendre que nous ne sommes pas capables de faire notre propre Foire nous-mêmes ! Le but ici est de montrer que sur une petite surface – la Fédération Wallonie-Bruxelles, qui correspond à quelques départements français – notre taux de production dépasse largement la production politique sur une même zone géographique chez nos voisins du Sud. »

Un an sur deux la FLP organise un happening culturel ou événement éphémère lié à une thématique politique. Il y a 2 ans elle fêtait les vingt ans du film La Haine, de Kassovitz, avec la maison des jeunes de Saint-Nicolas. L’an dernier, 300 étudiants se sont pressés à la Cité Miroir de Liège. © Victoria Smith
Bien sûr, la manifestation pourrait s’élargir encore, déployer ses ailes, s’ouvrir à un public plus ample, moins spécialisé. Mais ce serait, souligne Jérôme Jamin, au détriment d’une certaine identité, d’un profil, non pas intimiste mais crédible, sérieux, pointu. La substance de la manifestation réside évidemment dans la variété des couleurs, des orientations, dans leurs oppositions et leur mise en commun. « Nous avons une réputation de pluralisme et d’ouverture donc on pourrait facilement s’ouvrir encore, à condition de vulgariser les titres de certains débats ou de mettre en lumière certaines thématiques touchant des publics scolaires et universitaires entre autres. Mais nous avons déjà une belle fréquentation de ces publics. L’an dernier nous avons reçu pas moins de 300 étudiants le vendredi. Il y a deux ans on a ouvert la Foire en fêtant les vingt ans du film La Haine, de Mathieu Kassovitz, en partenariat avec la maison des jeunes de Saint-Nicolas. Un an sur deux on prévoit un happening culturel ou événement éphémère lié à une thématique politique. On pourrait décider d’y investir plus d’énergie encore, de lever davantage de moyens mais là on touche aux limites du temps disponible, notamment mon temps. J’ai bien sûr un autre métier à côté … »
Jérôme Jamin avec Bruno Colmant qui reçoit en 2017 le Prix du Livre politique pour son ouvrage « L’euro : une utopie trahie ? » © Victoria Smith
Le noyau dur de la Foire est composé d’une petite asbl renforcée par quelques indépendants et bénévoles. Elle bénéficie aussi du soutien ponctuel des grosses institutions. « Nous recevons des appuis financiers non négligeables, notamment du Service général des Lettres et du Livre de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Cela permet de payer la régie, la salle, les stands, les travailleurs intérimaires, une coordinatrice indépendante, les frais postaux… À côté nous percevons une série de subsides moins importants de différents ministères et niveaux de pouvoirs – province, ville etc – selon les thèmes de la Foire. Si le domaine de l’économie par exemple est plus présent dans l’agenda, nous allons demander un subside au ministère ad hoc. S’il s’agit de l’écologie, nous ferons une demande au ministre wallon compétent. Cela permet de faire tourner l’événement en restant vaille que vaille à l’équilibre. Nous bénéficions aussi de certains soutiens simplement institutionnels. Les différents niveaux de pouvoir nous appuient d’une manière ou d’une autre. les ministères concernés vont relayer nos infos, certain sites web officiels vont communiquer. C’est une Foire qui s’est bâti une réputation solide dans la ville de Liège. »

« L’effondrement du passé économique et industriel liégeois a stimulé les consciences »

Liège, parlons-en. Le militantisme – du moins l’intérêt pour la chose politique – serait une spécificité de la Cité ardente ? Est-ce lié à un passé industriel ou encore à cette farouche autonomie qui remonte aux temps de la Principauté ? « Beaucoup de Liégeois aiment se considérer comme différents des autres. Toutes les capitales ont une foire du livre, point. Ici, le fait d’avoir une Foire du livre politique est perçu comme une curiosité supplémentaire pour les habitants. Ce côté militant, engagé, me paraît aussi assez propre aux Liégeois. Historiquement parlant, nous avons bénéficié rapidement d’un accueil chaleureux. Le passé industriel liégeois joue en effet un rôle, sans doute, dans cet intérêt. L’effondrement de ce passé économique a stimulé les consciences. Il a laissé un tissu associatif très important avec une conscience politique essentiellement marquée à gauche, des centres touchant la mémoire ouvrière mais qui, accompagnée du tissu culturel et ce qui se passe dans les cercles étudiants, fournit un vrai public non négligeable pour ce qui est de l’engagement en général. »

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Cité ardente, principautaire et autonome

«Vous évoquez l’indépendance du Liégeois. En effet pour beaucoup la ville constitue un îlot spécial, très autonome, avec son université complète, ses hôpitaux, son monde associatif, son opéra, son orchestre philharmonique… Si on ajoute à cela la gare des Guillemins, le musée de La Boverie, la Meuse etc, Liège apparaît comme une ville complète qui, tout en restant à taille humaine, connaît tous les avantages d’une grande ville. Le fait d’avoir toutes ces institutions sans devoir quitter la ville procure une véritable fierté. Et un sentiment réel d’autonomie lié à cet esprit un peu principautaire. »

« Liège constitue un îlot très autonome, avec son université complète, ses hôpitaux, son monde associatif, son opéra, son orchestre philharmonique… Si on ajoute à cela les Guillemins, le musée de La Boverie, la Meuse etc, Liège apparaît comme une ville complète, de fait. » © Laurie Dieffembacq / Belga

« En politique, les enjeux dépassent souvent le cadre national. Ça engendre de la déception »

Le professeur d’université voit-il chez les jeunes un intérêt croissant ou stagnant pour la politique au sens générique ? « L’intérêt pour la politique est vivace mais les jeunes se posent beaucoup de questions. Ils éprouvent une méfiance par rapport aux partis qui ont perdu beaucoup de leur légitimité. Ils ont donc tendance à préférer s’inscrire en politique via les réseaux sociaux, la participation à des manifs ou l’organisation d’évènements sur le terrain. Ceci dit il en reste d’autres qui ont bien compris le « jeu » politique et entendent faire carrière, de façon un peu plus cynique, ou du moins pragmatique. Ils se voient députés dans dix ans et ministres quelques années plus tard. »

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Que dire des générations plus matures ? « Beaucoup de gens comprennent aujourd’hui que les problèmes majeurs se jouent au niveau européen donc on relève une forme de résignation et de déception par rapport à ça. La voix politique est particulièrement malmenée en Belgique car c’est un petit pays, de surcroît divisé. Entre le nord et le sud du pays, rien que sur les questions d’environnement et de climat, les visions peuvent être diamétralement différentes. On constate que les prises de position nationales ont finalement très peu de poids. »

L’événement qui a le plus influencé le contenu de la Foire jusqu’ici était la crise financière de 2008 car elle posait la question de la force du politique face au financier. Il y a aussi l’environnement – écologie et climat bien sûr – et les migrations.

« Pas de censure, un équilibre »

Les thèmes dominants peuvent s’imposer d’eux-mêmes en fonction de la conjoncture générale. « L’événement qui a le plus influencé le contenu de la Foire jusqu’ici était la crise financière de 2008 car elle posait la question de la force du politique face au financier. Il y a aussi l’environnement – écologie et climat – bien sûr, et les migrations. Lors de la dernière édition, en novembre 2018, nous avons développé ce thème. Il était accompagné d’une grande expo World Press Photo. »

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Les débats proposés par les différentes auteurs font-ils parfois l’objet de censure de la part des organisateurs ? « Non, nous veillons simplement à ce qu’il y ait un équilibre. Parfois nous sommes amenés à refuser un thème, notamment lorsqu’un sujet de présentation et débat est mal ficelé ou quand on n’a pas confiance en la capacité de l’opérateur qui mène le débat de mobiliser un minimum de public. Chaque intervenant doit pouvoir mobiliser au moins une vingtaine de fidèles. Sinon en termes de contenu, nous n’avons jamais eu de proposition qui posait problème. Nous avons eu bien au contraire des débats menés dans des optiques parfois diamétralement opposées qui se suivaient dans la plus grande sérénité et même convivialité. Un exemple : il y a deux ans, Corentin de Salle et Georges-Louis Bouchez abordaient un thème cher aux libéraux. Ils avaient attiré beaucoup de monde. Pendant ce temps, Jean-Claude Marcourt et d’autres socialistes étaient debout, attendant paisiblement la fin du débat pour présenter un thème de leur cru. »

Une « foire aux idées » ouverte aux ouvrages belges francophones

La Foire du livre politique est avant tout, souligne son fondateur, une « foire aux idées ». « Tout est possible lors de l’événement où se côtoient des gens de bords politiques très différents qui doivent se succéder, voire débattre entre eux. On n’intervient pas au niveau de la composition du panel mais on vérifie qu’il s’agit d’une structure sérieuse et que les règles de base pour un bon débat soient respectées, il faut que l’animateur ou le modérateur puisse mobiliser un bon réseau et bien sûr que les sujets soient intéressants. »

Puisqu’il s’agit de francophonie belge, il est peu probable d’y voir débarquer un Theo Francken, avec l’impact médiatico-sécuritaire que l’on sait. « C’est le même problème que pour les ouvrages français. Historiquement, la Foire valorise l’offre politique sur papier en Belgique francophone. Maintenant, Francken pourrait débarquer en spectateur. Mais si on décidait de relayer à la demande de son éditeur en français un de ses ouvrages, ça créerait un précédent. Ce n’est pas notre objectif premier. »

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En politologue averti et en homme d’ouverture, Jérôme Jamin reconnaît par ailleurs qu’il faut « éviter l’entre nous » et en profite pour rappeler un grand principe lié au genre : « Le propre de la politique, c’est de ne pas spécialement partager les mêmes idées mais d’être capable dans le même temps de travailler ensemble… Dommage que les médias passent leur temps à mettre en scène certains conflits. Ils n’admettent pas que deux élus de bords différents puissent s’entendre. C’est pathétique parfois. »

La politique est un métier ingrat, il est compliqué de faire bouger les choses et avec le temps, je considère que toute critique politique n’est légitime que dans le chef de quelqu’un qui s’engage de manière ou d’une autre.

Peut-on avancer aujourd’hui que le Belge francophone a une meilleure connaissance de la politique ? « L’information politique est omniprésente, donc on est mieux informé aujourd’hui que par le passé. Par contre la médiatisation de la politique peut travestir la vie politique et donner une image de factions qui se disputent en permanence en poussant au crime, en relevant les gros mots, les éléments plus sensationnels. Cette médiatisation a tendance à susciter les divergences et ne participe pas à compréhension des vrais enjeux. La politique est un métier ingrat, il est compliqué de faire bouger les choses et avec le temps, je considère que toute critique politique n’est légitime que dans le chef de quelqu’un qui s’engage de manière ou d’une autre. Je n’admets les critiques que de la part de ceux qui essaient de faire quelque chose, c’est trop facile de critiquer sans rien faire. Ça ne veut pas dire qu’il faut une carte de parti. Mais ça peut être simplement quelqu’un qui essaie d’organiser un travail en classe avec ses élèves par exemple. »

Le Prix du livre politique, must unique

La Foire est associée à des cafés politiques menés plusieurs fois par an par Jérôme Jamin dans la brasserie du cinéma Sauvenière et du Théâtre de Liège. Elle décerne par ailleurs chaque année depuis 2011 le Prix du Livre politique, un événement rare dans le domaine. « En France, dit encore Jérôme Jamin, « il existe un Prix du Livre politique organisé par le Sénat mais je ne suis pas sûr que l’institution existe toujours. Notre jury est composé d’une quinzaine de personnes – des journalistes de La Libre, de Vers l’Avenir, du Soir, de la RTBF, de RTC Liège, des personnalités politiques, représentant le CDH, le MR, le PS, Écolo. Défi et PTB sont en négociation. »

Le jury du Prix du Livre politique en plein débat. Parmi ses membres permanents, Marie-Martine Schyns, ancienne ministre de l’Education de la Fédération Wallonie-Bruxelles et Olivier le Bussy, journaliste à La Libre, auteur et fidèle de la Foire. © Victoria Smith

Ils se réunissent plusieurs fois par an pour la présélection de cinq, six ou sept ouvrages. En débattent longuement et puis procèdent à un vote secret pour élire le livre de l’année. La lauréate 2018 était Véronique De Keyser pour Une démocratie approximative – L’Europe face à ses démons, publié aux éditions du Centre d’Action Laïque.

Parmi les titres sélectionnés pour l’édition 2019 : Belgium, une utopie de notre temps de Philippe Van Parijs, Académie Éditions; La crise catalane, une opportunité pour l’Europe de Carles Puigdemont et Olivier Mouton, Ed Racine; La N-VA expliquée aux francophones, de Luc Barbé, éd. Etopia; Frontière, papiers humains de Sibylle Gioe, Presses universitaires de Liège; Science ouverte, le défi de la transparence de Bernard Rentier, Académie royale de Belgique; L’Art de gouverner les déchets hautement radioactifs de Céline Parotte, Presses universitaires de Liège.

Le programme est riche, évidemment, et plus chaud que jamais.

 

Foire du livre politique de Liège : les 15 et 16 novembre à la Cité Miroir, place Xavier Neujean. 4000 Liège – http://lafoiredulivre.net/

La FLP en chiffres : 11 éditions déjà, 150 débats, 50 exposants, 10 500 visiteurs

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