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Ukraine, Russie et dissimulations : Révélations délicates pour Trump

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Une enquête a été ouverte en vue de la destitution du président américain. | © AFP

Politique

La presse américaine a publié vendredi de nouvelles révélations sur Donald Trump. Elles pourraient être dommageables pour le président américain.

Le scandale ukrainien a déjà causé une démission au sein de l’administration Trump. Kurt Volker, l’émissaire du département d’État pour l’Ukraine, a quitté ses fonctions vendredi, quelques jours après l’ouverture d’une enquête en vue de la destitution du président américain, accusé d’avoir demandé l’aide d’un pays étranger à son bénéfice personnel.

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L’ancien ambassadeur américain aux Nations unies, qui avait pour mission de surveiller les négociations entre le gouvernement ukrainien et les séparatistes russes dans l’Est du pays, est la première tête à tomber depuis un signalement cet été, consécutif à un appel du 25 juillet entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky, le nouveau président ukrainien. Le lanceur d’alerte, un employé de la CIA, doit bientôt témoigner, après Joseph Maguire, directeur du renseignement national par intérim. Le départ précipité de Kurt Volker, une nouvelle susceptible de faire la Une de la presse, a été vite balayée par d’autres révélations plus fracassantes encore pour la Maison-Blanche.

Les confidences de Trump au ministre russe des Affaires étrangères

En mai 2017, Donald Trump recevait dans le Bureau ovale Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, et Sergueï Kislyak, alors ambassadeur russe aux États-Unis. Cette rencontre, dont les seules images disponibles furent celles diffusées par le Kremlin, avait causé une première polémique : le président américain s’y était vanté d’avoir appris que les renseignements israéliens avaient implanté un espion très haut placé parmi le groupe terroriste État islamique. Une information très sensible, partagée par les services israéliens mais qui n’avait pas vocation à être répétée tant elle était délicate. Mais c’est un autre aspect de la conversation que le Washington Post a révélé vendredi : Donald Trump a assuré à ses deux hôtes russes qu’il ne s’inquiétait pas de l’ingérence de Moscou dans l’élection de 2016 -pourtant dénoncée par tous les services américains-, ajoutant même que les États-Unis agissaient de façon similaire dans d’autres pays.

C’est lors de cette rencontre que Trump s’était gargarisé d’avoir limogé « le cinglé » James Comey, le directeur du FBI qui venait de refuser de lui prêter allégeance alors qu’une enquête sur les liens entre sa campagne et la Russie était en cours. Quelques semaines plus tard, la CIA avait exfiltré de Russie un de ses espions, très bien placé, par crainte que son existence et sa mission ne soient « mal gérées » par l’administration Trump.

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Les propos révélés par le Post résonnent particulièrement, deux ans et demi plus tard, alors que Donald Trump est accusé d’avoir demandé au président ukrainien Volodymyr Zelensky d’ouvrir une enquête dans son pays à l’encontre de Hunter Biden, le fils d’un de ses principaux rivaux politiques. Une demande d’ingérence dans la campagne qui a provoqué la colère des démocrates, qui ont ouvert une enquête parlementaire, première étape de la procédure de destitution du président américain.

Des mémos cachés

Il est par ailleurs apparu vendredi que d’autres conversations téléphoniques pourraient bientôt intéresser les enquêteurs. Après la fuite, dans la presse, de certains appels tendus avec des dirigeants étrangers, la Maison-Blanche a en effet mis en place un système permettant de restreindre l’accès aux conversations entre Donald Trump et ses homologues. La conversation du 25 juillet avec Volodymyr Zelensky a suivi ce processus spécial de dissimulation, a confirmé la Maison-Blanche vendredi. L’accessibilité au mémo de la rencontre de Donald Trump avec Sergueï Lavrov et Sergueï Kislyak a été quant à elle limitée à « un tout petit nombre de personnes », plus restreint encore que d’ordinaire, selon le Post.

D’après CNN, le système à accès restreint a également été utilisé pour des retranscriptions d’appels passés entre Donald Trump et Vladimir Poutine, mais aussi certains membres de la famille royale saoudienne. Parmi lesquels le roi Salmane, le prince Khaled ben Salmane, son fils qui était alors ambassadeur saoudien aux États-Unis, mais aussi Mohammed ben Salmane, l’influent prince héritier. Accusé d’avoir ordonné l’assassinat de l’éditorialiste critique Jamal Khashoggi, « MBS » avait été défendu par Donald Trump et son administration -il est un interlocuteur privilégié de Jared Kushner, le gendre du président américain, chargé de trouver une solution au conflit israélo-palestinien.

Rudy Giuliani change ses plans

Énième révélation embarrassante, ce vendredi : l’avocat personnel de Donald Trump, Rudy Giuliani, devait assister à une conférence organisée en Arménie, où devait également se rendre Vladimir Poutine. L’ancien maire de New York, déjà au cœur du scandale ukrainien, a rapidement annoncé qu’il annulait sa venue à l’événement. Le moment était sans doute mal choisi.

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