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Donald Trump a sollicité l’aide de l’Australie pour discréditer l’enquête Mueller

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Donald Trump. | © Brendan Smialowski / AFP

Politique

Selon le New York Times, Donald Trump a demandé au Premier ministre australien d’aider son ministre de la Justice, espérant rassembler des éléments pour discréditer l’enquête du procureur spécial Robert Mueller.

Après l’Ukraine, Donald Trump a cherché de l’aide en Australie. Le New York Times a révélé lundi que le président américain a demandé au Premier ministre australien Scott Morrison de fournir des informations à William Barr, son ministre de la Justice. Le but de cette requête : discréditer l’enquête menée par le procureur spécial Robert Mueller en remontant à la source de l’affaire. C’est en effet un représentant australien au Royaume-Uni, Alexander Downer, qui avait prévenu dès l’été 2016 le FBI, racontant qu’un conseiller de la campagne, George Papadopoulos, s’était vanté que des Russes lui avaient proposé des informations compromettantes à propos d’Hillary Clinton. Ce signalement avait créé la suspicion parmi l’agence fédérale, qui avait ouvert une enquête – et le procureur spécial avait été nommé après le limogeage du directeur du FBI James Comey par Donald Trump.

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Le département de la Justice a confirmé que William Barr avait bien contacté « d’autres pays » à ce sujet, dont des représentants italiens, rencontrés la semaine dernière lors d’un déplacement, et les autorités australiennes ont déclaré être « toujours prêtes à aider et à coopérer avec les efforts permettant d’éclairer les sujets sous le coup d’une enquête ». La Maison-Blanche a aussi confirmé cette demande de Donald Trump, renvoyant la faute sur… les démocrates : « Les démocrates ne veulent clairement plus que la vérité éclate car ils craignent que cela ne leur nuise politiquement, mais cet appel est lié à une enquête publiquement annoncée par le ministère de la Justice il y a des mois pour découvrir exactement ce qui s’est passé », a déclaré le porte-parole Hogan Gidley.

« J’espère qu’il regardera vers l’Ukraine »

Au printemps dernier, Donald Trump avait confié à William Barr la mission de se renseigner sur la naissance de l’enquête du FBI, notamment sur les informations venues de l’étranger, comme l’informateur australien. « J’espère qu’il va tout étudier car il y a eu un canular qui a été commis contre notre pays », avait assuré le président, espérant que son ministre « regardera vers le Royaume-Uni, vers l’Australie et j’espère qu’il regardera vers l’Ukraine ».

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Si la demande de collaboration d’un pays étranger avec une enquête américaine n’est en soi pas illégale, elle survient à un moment délicat pour le président américain, déjà accusé d’avoir utilisé les moyens présidentiels dans un but politique personnel. Il est accusé d’avoir demandé au président ukrainien Volodymyr Zelensky d’ouvrir une enquête dans son pays à l’encontre de Hunter Biden, le fils d’un de ses principaux rivaux politiques, tout en bloquant des fonds attribués à l’Ukraine. Comme la conversation avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, la retranscription de l’appel avec le Premier ministre australien n’a été accessible qu’à un groupe restreint de personnes au sein de l’administration. Et comme la conversation avec le président ukrainien, cela peut être qualifié d’utilisation des moyens présidentiels dans un but personnel en faveur de Donald Trump.

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