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« Et tout le monde déteste Manuel Valls ! »

Sa dernière mésaventure en date : une gifle reçue lors d'une visite en Bretagne. | © BELGA

Politique

Sale temps pour s’appeler Manuel Valls, en ce moment en France. Depuis le début de sa campagne, l’ex-Premier ministre a rencontré sur le terrain plusieurs Français hostiles à son bilan, dont certains ont même utilisé la violence à son encontre. Retour sur les mésaventures du candidat à la primaire de gauche.

Dès son premier meeting, le 7 décembre à Audincourt, dans le Doubs, il a avait été admonesté par une militante très remontée, qui reprochait notamment au candidat Valls de n’avoir pas discuté avec Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon. L’échange avait été filmé, notamment par un journaliste du «Figaro».

Dix jours plus tard, Manuel Valls avait de nouveau été interpellé devant les caméras, cette fois par une femme lui reprochant sa proposition étonnante sur la suppression du 49-3. « Vous avez fait le 49-3 six fois et maintenant, vous oubliez ce que vous avez fait. Je trouve ça inacceptable de votre part ! » Il est vrai que Manuel Valls a utilisé cet article, qui permet au gouvernement de forcer la main des parlementaires, pour imposer deux textes aux députés et aux sénateurs : la loi Macron et la loi Travail. Un peu plus tard, ce même jour, un militant proche de Jean-Luc Mélenchon, selon BFMTV, continuera sur le même thème : « Revenir aux affaires en ayant une part d’amnésie, moi ça me trouble ». Un passant se montrera plus direct encore : « N’importe qui sauf Valls ! »

Agression gluten-free

Le 22 décembre, à Strasbourg, Manuel Valls avait été la cible d’un jet de farine par un homme qui lui avait crié : « 49-3 on n’oublie pas ! » Après l’incident, il avait ironisé : « C’était de la farine sans gluten, donc j’apprécie d’autant plus l’attention ». Le directeur de campagne de Valls, Didier Guillaume, avait néanmoins confié à Match qu’après cet épisode, il allait sans doute être nécessaire de « resserrer le dispositif (de sécurité) mis en place autour de lui ».

Mardi dernier, en visite à Lamballe dans les Côtes d’Armor, Manuel Valls a fait l’objet d’une nouvelle agression. Un jeune homme de 18 ans, proche des régionalistes, a giflé l’ex-Premier ministre en lui lançant : « Ici, c’est la Bretagne ! » Prestement jeté au sol par un policier assurant la sécurité du candidat, il avait été interpellé. Il a été condamné à trois mois de prison avec sursis et 105 heures de travaux d’intérêt général dès mercredi. Vendredi, Manuel Valls a fait savoir qu’il allait rencontrer l’agresseur. « Je veux essayer, jamais d’excuser, mais de comprendre. Comprendre comment un jeune garçon peut basculer ainsi dans une forme de violence, même si je ne veux pas l’exagérer (…) C’est bien qu’il y ait des heures d’intérêt général », a-t-il expliqué.

Lire aussi : Manuel Valls porte plainte contre son gifleur

Vendredi, enfin, pour le dernier jour de la campagne, Manuel Valls a de nouveau été chahuté au début de son discours au Trianon, à Paris. « 49-3, on n’oublie pas », a à nouveau lancé un homme alors que l’ex-maire d’Evry prenait la parole. Plusieurs personnes ont été évacuées pour avoir tenté de perturber le meeting. Des journalistes ont filmé ces scènes. « On veut me faire mettre un genou à terre dans cette campagne, je suis debout ! », a répliqué un peu plus tard Manul Valls, qui affirme que « me mettre un genou à terre, c’est mettre la gauche à terre ! ».

« Et tout le monde déteste Manuel Valls  »

Manuel Valls a ensuite été pris à partie par des Gabonais dénonçant l’attitude de la France vis-à-vis du régime d’Ali Bongo, avant d’être eux aussi escortés hors de la salle. « Moi, je ne dirai jamais à un Gabonais de retourner dans son pays, sa place est ici », a répondu Manuel Valls, dans une allusion à la réponse qu’avait faite Nicolas Sarkozy dans des circonstances semblables il y a quelques mois. A l’extérieur du Trianon, l’ambiance était également électrique, avec selon le témoignage d’un journaliste de Brut, 50 personnes qui scandaient : « Et tout le monde déteste Manuel Valls ! »

Dans le dernier sondage Ifop-Fiducial de Paris Match France et Sud Radio, Manuel Valls était crédité de 41% d’opinions favorables, loin derrière son rival de la primaire de la gauche, Arnaud Montebourg (60%). Chez les sondés se déclarant proches du PS, cette proportion atteignait 78% (pour Montebourg).

Article originellement publié sur parismatch-france par Adrien Gaboulaud

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