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Médias et adversaires politiques massacrés par Trump dans une vidéo polémique

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Extrait de la vidéo diffusée lors de la conférence pro-Trump. | © Capture d'écran Twitter.

Politique

Une vidéo montrant Donald Trump abattant médias et opposants politiques a été diffusée lors d’un événement organisé par un groupe pro-Trump.

 

Une vidéo qui ne risque pas d’apaiser les relations entre Donald Trump et les « médias fake news ». Le New York Times a révélé la teneur d’un clip de 2 minutes 20 diffusé la semaine dernière lors d’une conférence organisée par American Priority, un groupe pro-Trump. On y voit le visage du président américain apposé sur le corps de Colin Firth, dans un extrait du film Kingsman. Dans le long-métrage, le personnage tue les membres d’un groupe haineux rassemblés dans une église. Dans la version trafiquée, c’est le milliardaire qui tue certains opposants politiques et logos de médias : Barack Obama, Bernie Sanders, CNN, le Washington Post, Politico, NBC, mais aussi Mitt Romney, Adam Schiff, Bill et Hillary Clinton et le mouvement Black Lives Matter. Même John McCain, l’ancien sénateur de l’Arizona décédé à l’été 2018, est représenté dans le massacre commis au sein de cette « Église des fake news ».

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La conférence d’American Priority a eu lieu au Trump National Doral, une propriété de la Trump Organization située à Miami. Son aîné Donald Trump Jr y a assisté, avec sa compagne Kimberly Guilfoyle, comme l’ancienne porte-parole de la Maison-Blanche Sarah Huckabee Sanders – tous nient avoir vu cette vidéo, rejetée par l’organisation de l’événement. « American Priority rejette toute violence politique et vise à promouvoir un dialogue sain à propos de la préservation de la liberté de parole. Cette question fait l’objet d’une enquête », a déclaré Alex Phillips, l’organisateur, au New York Times. Tous ces proches de Donald Trump ont nié avoir vu cette vidéo lors de l’événement.

« Tous les Américains devraient condamner cette représentation de violence dirigée directement vers les journalistes et les opposants politiques »

L’Association des correspondants à la Maison-Blanche a fait part de son « horreur » après la révélation du quotidien : « Tous les Américains devraient condamner cette représentation de violence dirigée directement vers les journalistes et les opposants politiques du président. Nous avons déjà dit au président que son discours pouvait inciter à la violence. Nous l’appelons, et toute personne associée à cette conférence, à dénoncer cette vidéo et à affirmer que la violence n’a aucune place dans notre société. »

« Ce n’est malheureusement pas la première fois que des partisans du président font la promotion de la violence contre les médias dans une vidéo qu’ils trouvent divertissante », a déploré dans un communiqué CNN, chaîne très régulièrement visée par Donald Trump et qui se souvient encore bien des bombes artisanales envoyées à ses locaux de New York il y a un an. Cesar Sayoc, fervent partisan du président et qui vivait dans un van recouvert de photos et de slogans à sa gloire, a été condamné cet été à 20 ans de prison pour avoir envoyé ces colis piégés au média, mais aussi à des démocrates opposés à l’administration Trump.

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Avant la diffusion de cette vidéo lors d’un événement en sa faveur, Donald Trump avait partagé, en juillet 2017, sur Twitter, une vidéo le montrant en train de « frapper » CNN : il s’agissait là aussi d’un montage d’une vidéo réalisée lors d’une soirée de catch dont il était l’invité, le visage de l’homme pris à partie avait été recouvert d’un logo de CNN. Les images avaient été largement partagées par les partisans du président, avec plus de 315 000 retweets à ce jour.

« Le président n’a pas encore vu la vidéo. Il la verra rapidement, mais sur la base de tout ce qu’il a entendu, il condamne fermement cette vidéo », a simplement tweeté la porte-parole de l’exécutif américain en réponse à la polémique.

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