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Pour Bachar al-Assad, l’attaque chimique est une « fabrication » de l’Occident

Le président syrien a démenti toute implication dans l’attaque de Khan Cheikhoun. | © Belga

Politique

Le président syrien a démenti toute implication dans l’attaque de Khan Cheikhoun, argumentant que son régime ne possédait plus d’armes chimiques depuis 2013 et affirmant que ces accusations avaient été fabriquées par l’Occident pour déstabiliser son pouvoir. 

Pour la première fois depuis l’attaque chimique du 4 avril 2017 qui avait bouleversé le monde entier, le président syrien Bachar al-Assad prend la parole. Dans un entretien accordé ce 12 avril 2017 à l’AFP, il revient sur les accusations de la communauté internationale, et se montre très critique à l’égard des États-Unis. En effet, Bachar al-Assad a mis en cause les pays occidentaux pour avoir monté l’attaque chimique présumée à Khan Cheikhoun. Les services de renseignements américains ont quant à eux confirmé l’implication du président syrien dans ce bombardement de la ville rebelle du nord-ouest syrien qui a tué 87 civils, dont 31 enfants.

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« Les États-Unis, complices des terroristes »

« Il s’agit pour nous d’une fabrication à 100 % (…) Notre impression est que l’Occident, principalement les Etats-Unis, est complice des terroristes et qu’il a monté toute cette histoire pour servir de prétexte à l’attaque » américaine du 7 avril – la première en six ans de guerre – contre une base aérienne, a déclaré le président de la Syrie. Ce dernier a estimé que les Etats-Unis n’étaient pas « sérieux » dans la recherche d’une solution politique en Syrie, avant de les accuser d’utiliser le processus politique de Genève pour venir en aide aux rebelles qui perdent du terrain face au régime.

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Dans cette entrevue, Bachar Al-Assad a également soutenu que son régime ne possède plus d’armes chimiques. « Il y a plusieurs années, en 2013, nous avons renoncé à tout notre arsenal (…) Et même si nous possédions de telles armes, nous ne les aurions jamais utilisées », a-t-il dit. Le président syrien a déclaré qu’il n’accepterait « qu’une enquête impartiale » sur Khan Cheikhoun.

Soutien du Kremlin

En attendant cette éventuelle enquête, la Russie continue de bloquer les initiatives de l’ONU. Alors que de nombreux pays – la France, les États-Unis et le Royaume-Uni en tête – affirment avoir  » la certitude de l’utilisation  » d’armes chimiques à Khan Cheikhoun, le Kremlin a de nouveau posé son veto,ce 12 avril 2017, à une résolution onusienne condamnant l’attaque. C’est la 8e fois depuis le début de la guerre que Moscou bloque toute action de l’ONU contre son allié syrien. L’ambassadrice américaine à l’ONU Nikki Haley avait tweeté : « Le jour du Jugement dernier pour Assad ».

Le regain de tension entre les Américains et les Russes a donc été palpable durant la première visite du secrétaire d’Etat Rex Tillerson à Moscou où il a rencontré ce 12 avril le président Vladimir Poutine après le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. « A l’heure actuelle, nous ne nous entendons pas du tout avec la Russie », a reconnu Donald Trump à Washington, mais convaincu que les choses « vont s’arranger » entre les deux nations.

Avec Belga

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