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Cessez-le-feu et crimes de guerre en Syrie : « Ils avaient besoin de se bagarrer comme des gamins »

Syrie

Des combats peuvent encore avoir lieu en dehors de la zone de sécurité. | © AFP

Politique

Et le président américain, n’a pas manqué de s’en féliciter, une remarque « obscènes et ignares ».

 

Ce jeudi soir, le vice-président américain Mike Pence a annoncé après un entretien avec le président turc Recep Tayyip Erdoğan que la Turquie et la Syrie observeraient une pause de cinq jours dans leurs affrontements. Un cessez-le-feu de 120 heures prévu pour permettre aux forces kurdes de se retirer d’une zone de sécurité sur laquelle Syriens et Turcs ne sont pas tout à fait d’accord. Les États-Unis assurent qu’Ankara mettra fin à son offensive si les forces kurdes se retirent de ce secteur durant le délai. D’après la CNN, la période de retrait devrait se terminer au bout de cinq jours par une entrevue entre le président russe Vladimir Poutine qui soutient le gouvernement syrien et le président turc.

Pendant ce temps-là, le président américain Donald Trump n’a pas manqué de se féliciter de sa stratégie de laisser Kurdes et Turcs de se lancer dans cette bataille féroce parce qu’ils étaient « comme deux gamins » qui avaient besoin de se bagarrer. « Ce n’était pas conventionnel, ce que j’ai fait. J’ai dit : ils ont besoin de se battre un peu. Comme deux gamins, on les laisse se bagarrer un peu, et puis on les sépare », a lancé le président américain lors d’un meeting à Dallas, au Texas.

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Brett McGurk, ancien envoyé spécial de la présidence américaine auprès de la coalition anti-EI (groupe Etat islamique), a jugé les remarques du président « obscènes et ignares ». « 200 000 personnes innocentes déplacées, des centaines de morts, des informations crédibles parlant de crimes de guerre, des prisonniers de l’EI qui s’échappent et les États-Unis qui évacuent et bombardent leurs propres positions ou les cèdent aux Russes. Deux gamins qui se bagarrent ? « , a-t-il lancé sur Twitter.

Donald Trump a facilité l’offensive turque en retirant les troupes américaines du nord-est de la Syrie. La bataille, qui a duré une semaine, a fait plus de 500 morts, principalement des Kurdes, dont des dizaines de civils, et 300 000 déplacés, selon l’Observatoire syrien des Droits de l’Homme.

Déjà coupables de crimes de guerre

Les forces militaires turques et la coalition de groupes armés syriens soutenus par la Turquie se sont rendus coupables de crimes de guerre, tuant sommairement, blessant des civils et commettant des attaques, dans le cadre de l’offensive turque contre les Kurdes en cours depuis le 8 octobre dans le nord de la Syrie, affirme vendredi Amnesty International dans un communiqué. L’organisation a recueilli entre le 12 et le 16 octobre les témoignages de 17 personnes, dont du personnel médical et de secours, des civils déplacés, des journalistes, des travailleurs humanitaires locaux et internationaux, ainsi qu’une analyse et une vérification de séquences vidéo et enfin, des rapports médicaux et d’autres documents.

Les informations recueillies « fournissent des preuves accablantes », selon Amnesty, « d’attaques aveugles dans des zones résidentielles, notamment contre une maison, une boulangerie et une école, perpétrées par la Turquie et des groupes armés syriens alliés ». Il « révèle également l’assassinat de sang froid d’une femme politique syro-kurde, Hevrin Khalaf, par des membres d’Ahrar Al-Sharqiya, membre de l’armée nationale syrienne, une coalition de groupes armés syriens équipés et soutenus par la Turquie ».

Avec Belga

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