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Trump acculé : le G7 n’aura pas lieu dans son luxueux club floridien

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Donald Trump. | © Nicholas Kamm / AFP

Politique

Face aux critiques et aux accusations de conflit d’intérêts, Donald Trump n’organisera pas le prochain G7 dans un club de la Trump Organization de Miami.

Un rétropédalage face aux critiques. Dimanche, Donald Trump a annoncé qu’un nouveau lieu devra être trouvé pour l’organisation du sommet du G7, prévu pour juin prochain. Le président américain a cédé face aux nombreuses critiques qui lui reprochaient le choix d’un club appartenant à la Trump Organization, qu’il ne dirige plus mais dont il reçoit toujours les bénéfices. « Je pensais faire quelque chose de très bien pour notre Pays en utilisant le Trump National Doral, à Miami, pour recevoir les Dirigeants du G-7. C’est grand, majestueux, sur des centaines d’hectares, près de l’AEROPORT INTERNATIONAL DE MIAMI, et de nombreuses salles de bal et de réunions, et chaque délégation aurait eu son bâtiment de 50 à 70 pièces. Aurait été mieux que les autres alternatives. J’ai annoncé que j’étais prêt à le faire sans tirer AUCUN PROFIT ou, si c’était possible légalement, à ZERO FRAIS pour les USA. Mais, comme d’habitude, les Médias Hostiles et leurs Partenaires Démocrates sont devenus FOUS ! », a-t-il écrit dans deux tweets.

« Donc, à cause de l’Hostilité Irrationnelle et Démente à la fois des Médias et des Démocrates, nous n’envisagerons plus d’utiliser le Trump National Doral, Miami, comme Lieu de Rencontre du G-7 en 2020. Nous commencerons à chercher un nouveau lieu, y compris la possibilité de Camp David, immédiatement. Merci ! », a-t-il poursuivi, alors que la décision annoncée jeudi allait au-delà d’une simple considération. Camp David avait accueilli le dernier sommet organisé aux Etats-Unis, en 2012.

Dans un quatrième tweet, il a poursuivi sa diatribe : « Intéressant de voir que, lorsque j’ai annoncé que le Trump National Doral de Miami serait utilisé pour recevoir le G-7, puis annulé à cause des Démocrates Bons à Rien/Colère des Fake News, très peu de Médias ont mentionné le fait que AUCUN PROFIT ne serait tiré, ou que cela aurait été GRATUIT, si c’était permis par la loi ! »

« Nous sommes tous surpris par le niveau de résistance »

Son « chief of staff » par intérim Mick Mulvaney a justifié d’une façon étonnante la position du président américain dimanche soir, à l’antenne de Fox News : « Au final, il estime toujours être dans le business de l’hôtellerie… Nous sommes tous surpris par le niveau de résistance. » « La marque de Donald Trump est probablement assez forte comme ça et n’a pas besoin d’aide », avait-il déclaré dès jeudi, voulant défendre la décision de la Maison-Blanche. « C’est le nom le plus reconnaissable en anglais et probablement à travers le monde maintenant. »

Donald Trump, qui a multiplié les séjours dans les clubs de la Trump Organization, connaît bien le Trump National Doral pour y avoir tenu des meetings lors de sa campagne présidentielle en 2015 et 2016, et un dîner de lever de fonds pour sa campagne de réélection au printemps dernier. Mais la propriété, un temps l’une des plus lucratives de l’entreprise familiale, connaît des difficultés financières depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump : les recettes ont chuté de 69% en deux ans. L’organisation d’un événement comme le G7 aurait pu apporter au Trump National Doral une visibilité médiatique d’une valeur inestimable.

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Dès l’annonce du choix de l’administration Trump, de nombreuses voix s’étaient élevées pour le dénoncer. « Etant données les conséquences potentielles que le président encourt pour les abus de sa présidence en faveur de son propre gain, nous pensions qu’il éviterait un cas de corruption flagrante au moins temporairement. Au lieu de ça, il a mis les bouchées doubles. Le président utilise maintenant officiellement le pouvoir de sa fonction pour aider à remettre à flot son entreprise de golf en déclin. Il semble qu’il n’y ait pas de limite pour la corruption du président Trump », avait déclaré le directeur exécutif de l’organisation Citizens for Responsability and Ethics in Washington (CREW), Noah Bookbinder, fustigeant un choix « incroyable » prouvant que « le gouvernement américain est utilisé comme un outil de relations publiques et de marketing pour la Trump Organization ».

En août dernier, le président américain avait confirmé les premières rumeurs de presse sur le sujet, après le G7 organisé à Biarritz. Sur Twitter, il avait reproché à certains détracteurs d’avoir rappelé la plainte déposée en 2016 par un ancien client de l’hôtel, qui a assuré avoir été piqué sur tout le corps par des punaises de lit, dans sa chambre. Une plainte qui n’a pas abouti sur un procès, la Trump Organization ayant passé un accord avec le plaignant, Eric Linder, peu après l’arrivée à la Maison-Blanche du milliardaire, en janvier 2017 -et depuis, l’homme n’a pas le droit d’évoquer l’affaire dans les médias. « Pas de punaises de lit à Doral. Les Démocrates de Gauche Radicale, en entendant que le Doral National MIAMI parfaitement situé (pour le prochain G-7) était évoqué pour le prochain G-7, ont fait courir cette rumeur fausse et vilaine. Pas sympa ! », s’était-il plaint sur Twitter.

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