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En plein scandale ukrainien, Trump lève les sanctions contre la Turquie

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« Cette issue a été créée par nous et personne d’autre » se vante Donald Trump, le 23 octobre 2019. | © SAUL LOEB / AFP

Politique

Alors que de nouvelles révélations mettent à mal la version de la Maison-Blanche dans le scandale ukrainien, Donald Trump a annoncé mercredi la levée des sanctions contre la Turquie, décidée après l’offensive lancée contre les Kurdes.

 

Donald Trump est sur tous les fronts. En difficulté face aux révélations dans l’affaire des pressions imposées à l’Ukraine, le président des États-Unis a tenté de reprendre l’initiative mercredi en annonçant « une percée importante dans le but d’assurer un meilleur avenir à la Syrie », où se déroule depuis le 9 octobre une offensive turque. Depuis la Maison-Blanche, il a vanté « un cessez-le-feu (…) qui tient au delà de toutes les attentes » et annoncé que la Turquie allait « rendre le cessez-le-feu permanent ». Toutes les sanctions imposées à Ankara « vont être levées », a annoncé le président, « à moins que quelque chose arrive qui ne nous plaît ». « Cette issue a été créée par nous et personne d’autre », s’est vanté Donald Trump. L’opération turque contre les Kurdes n’avait été lancée qu’après avoir reçu une forme d’approbation de la part du dirigeant américain, qui n’a cessé depuis de relativiser la relation nouée avec les forces kurdes, qui ont combattu avec succès le groupe État islamique avec l’appui de Washington.

Acculé par les critiques provenant de certains de ses plus proches alliés, comme le sénateur Lindsey Graham, Donald Trump avait signé des sanctions contre la Turquie le 15 octobre. En les retirant à peine huit jours plus tard, le milliardaire risque de s’attirer les foudres des élus républicains qui se sont déjà montrés très agacés par la passivité de la Maison-Blanche face au président turc Recep Tayyip Erdogan.

De nouvelles révélations embarrassantes

Cette décision fracassante – une de plus – intervient alors que Donald Trump est submergé par les révélations embarrassantes sur ses agissements dans l’affaire ukrainienne. Ce scandale, qui vaut au président d’être visé par une procédure d’« impeachment » menée par la Chambre des représentants contrôlée par les démocrates, porte sur les exigences que le président américain a formulées durant l’été auprès du nouveau président ukrainien, Volodymyr Zelensky.

Mardi, un diplomate a livré devant la Chambre des représentants un témoignage accablant pour Donald Trump. Dans une déposition de 15 pages reprise par la presse américaine, Bill Taylor a décrit comment le président Trump a exigé l’ouverture par Kiev d’enquêtes contre ses rivaux démocrates en échange de près de 400 millions de dollars d’aide militaire destinés et d’une visite de Zelensky à la Maison-Blanche.

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Donald Trump a réagi mercredi en reprenant à son compte des propos affirmant qu’aucun des témoignages livrés jusqu’à présent, y compris celui de Bill Taylor, ne démontrait que « les Ukrainiens étaient au courant que l’aide militaire était retenue ». Preuve, selon lui, qu’il n’y a pas eu de demande de contrepartie au versement de ces fonds. Un argument battu en brèche par le New York Times, qui affirme que des responsables ukrainiens étaient bel et bien au courant que les millions promis par Washington n’étaient pas retenus en raison de problèmes bureaucratiques, mais bien en raison d’une décision de la Maison-Blanche.

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