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Présidentielle française : l’abstention en tête des sondages

Le taux d’abstention est en augmentation depuis le début de la Vème République. | © JOEL SAGET / AFP

Politique

Les abstentionnistes pourraient bien devenir le premier parti de France.

À neuf jours du premier tour de l’élection présidentielle, le désintérêt pour le vote atteint des sommets : 31% des électeurs comptent s’abstenir selon notre sondage quotidien. Si ces estimations sont avérées le 23 avril, les abstentionnistes seraient de très loin le premier parti de France. Un tel désengagement des électeurs est-il un phénomène récent ? Pour le savoir, nous avons recensé les taux d’abstention par élection depuis le début de la Ve République : présidentielles, mais aussi régionales, départementales, municipales et législatives. Dans un souci de lisibilité, la moyenne des taux d’abstention au premier et au second tour a été calculée pour obtenir un taux d’abstention annuel.

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Un taux d’abstention croissant depuis 1958

Premier constat : le taux d’abstention est bien en augmentation depuis le début de la Vème République. Entre 1958 et 1980, celui-ci reste bas, toutes élections confondues. Mais à partir de la présidence de François Mitterrand, la participation diminue : 18,9% d’abstention au premier tour, 14,1% au second pour sa première élection en 1981, 18,6% au premier tour, 15,9% au second pour sa réélection en 1988. L’élection de 1995, lors de laquelle Jacques Chirac l’emporte sur Lionel Jospin, voit le taux d’abstention dépasser la barre des 20% : 21,6% au premier tour, 20,3% au second face à Jean-Marie Le Pen. En 2002, l’abstention au premier tour culmine à 28,4%. Les électeurs se mobilisent davantage en 2007 : cette année-là, le taux d’abstention redescend à 16%, avant de remonter en 2012 à 20%.

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Les élections présidentielles, derniers bastions de la participation électorale

Malgré une abstention croissante, les scrutins présidentiels restent ceux qui mobilisent le plus les électeurs. Les taux d’abstention les plus élevés reviennent aux référendums, le record étant atteint en 2000 avec 69,8% d’abstention au référendum sur le quinquennat.

En règle générale, une corrélation se dessine entre participation électorale et proximité territoriale : plus le territoire concerné est grand, moins le taux de participation est élevé. Ainsi, depuis 1958, les élections municipales ont connu un taux d’abstention situé entre 20% et 38%, les élections régionales entre 25% et 52% et les européennes entre 39% et 59%. Les seules exceptions notables à cette règle étaient les élections présidentielles – jusqu’à cette année.

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