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Après le Brexit, Brelections anticipées au Royaume-Uni

Theresa May a fait un pari risqué | © Belga

Politique

Comme l’année passée, le mois de juin s’annonce bouillant au Royaume-Uni, pourtant connu à cette époque de l’année pour son temps maussade et gris. Après le Brexit, voté le 23 juin dernier, les Britanniques sont appelés à se rendre aux urnes pour des élections anticipées le 8 juin. Explications et enjeux.

Trois semaines seulement après le déclenchement du Brexit, Theresa May a créé la surprise ce mardi en annonçant la tenue d’élections générales anticipées le 8 juin prochain. Objectif officiel : garantir la stabilité durant les deux années à venir, mises à profit pour négocier les Brexit avec les Européens. Raison officieuse ? L’opportunité est trop belle pour la cheffe du gouvernement conservateur de tirer profit de la faiblesse actuelle des travaillistes dans les sondages afin de conforter son mandat et sa majorité par le biais d’un vote populaire. Une décision que Donald Tusk aurait qualifiée de « bonne », selon L’Echo.

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La livre en péril

Reste que tout le monde n’est pas de cet avis, les marchés en premier. Ainsi, dès que la rumeur d’élections anticipées a commencé à circuler dans la presse britannique, la livre sterling a vu ses gains face au dollar s’effacer. « Les marchés pourraient s’inquiéter du fait qu’une élection qui renforcerait le mandat de Theresa May pousserait vers un Brexit plus dur, mais il faut se rappeler qu’elle avait voté pour rester dans l’Union européenne », a pour sa part noté Jonathan Loynes, de Capital Economics, repris par L’Echo. « La Première ministre s’est montrée plutôt conciliante sur certains sujets, comme l’immigration, lors des premières négociations avec l’Union européenne », a-t-il précisé. « Ces élections ajoutent une nouvelle couche d’incertitude, et la volatilité risque de grimper dans les prochaines semaines. Les élections sont toujours imprévisibles », a en revanche jugé Neil Wilson, analyste chez ETX Capital.

Jeu dangereux

Une volatilité à laquelle Theresa May n’est pas immune. Montée au pouvoir sans être élue dans la volée du Brexit, elle dispose actuellement de 21 points d’avance dans les sondages. Un écart qu’elle a choisi d’exploiter en organisant des élections anticipées. Si l’initiative doit encore obtenir la majorité des deux tiers au parlement, l’opposition travailliste a laissé sous-entendre qu’elle ne s’opposerait pas à l’initiative. Rien ne dit toutefois que la rébellion ne viendra pas du camp de la Première Ministre, qui divise l’opinion au sein des travaillistes. May Day, May Day !

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