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Elio Di Rupo : « Je suis content que les Britanniques quittent l’UE »

L'ancien premier ministre n'a pas mâché ses mots au sujet du Brexit | © Belga

Politique

Le président du PS et ancien premier ministre, Elio Di Rupo, n’a pas mâché ses mots mardi à propos de son expérience des conseils européens. Il a dénoncé une Union européenne emportée selon lui dans une dérive néo-libérale.

« C’est un monde épouvantable », a-t-il ainsi dit devant des étudiants à Louvain-la-Neuve. L’ancien premier ministre s’est montré particulièrement sévère à l’égard des Britanniques emmenés par un gouvernement conservateur. « Je suis content qu’ils partent. J’ai eu comme voisin aux sommets européens David Cameron, c’était épouvantable. Il n’a jamais prononcé le mot Europe, il n’a jamais accepté que l’on avance même d’un millimètre dans la négociation sociale », a-t-il dit. Le socialiste ne se fait au demeurant pas trop d’inquiétude sur le sort de la Grande Bretagne. « Ils ont réussi à dominer le monde avec nous, ils le feront sans nous », a-t-il lâché.

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L’avenir des Européens en question

Quelques jours après le Brexit, en juin dernier, Elio Di Rupo avait déjà réagi au départ des Britanniques dans une allocution à la chambre. Dans celle-ci, il soulignait que « personne ne sait quand le processus du Brexit pourra débuter. Et si l’on en croit le Secrétaire d’Etat américain, personne ne sait si ce processus aura bien lieu ! Ce qui m’importe aujourd’hui, Monsieur le Premier ministre, c’est l’avenir des Européens. Et plus particulièrement, l’avenir des citoyens de notre pays. Je connais trop les difficultés des négociations multilatérales, pour croire que tout peut changer du jour au lendemain. Toutefois, le vote des Britanniques lors du référendum devrait réveiller les consciences. Les citoyens ont besoin d’une Europe en laquelle ils peuvent croire, une Europe qui donne de l’espoir, une Europe qui améliore concrètement leur vie quotidienne ».

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Préoccupé par la position belge

Le président du Parti Socialiste en avait également profité pour interpeller Charles Michel sur la position de la Belgique : « j’aimerais que vous me rassuriez sur un point qui me préoccupe beaucoup. Le premier parti de votre gouvernement  boit le thé, à Londres, avec l’anti-européen Boris Johnson… Pouvez-vous me garantir que cette proximité entre la NVA et Boris Johnson n’influence pas la position que vous défendrez dorénavant à la table du Conseil européen ? ». Vers une échappée belge de l’Union Européenne ? Say it ain’t so, Elio !

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