Paris Match Belgique

Le nouveau grain de sel américain dans le conflit israélo-palestinien

donald trump

Donald Trump. | © Brendan Smialowski / AFP

Politique

Après Jérusalem et le plateau du Golan, l’administration Trump effectue une nouvelle marque de soutien à Israël et à son Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Après l’ouverture controversée de son ambassade à Jérusalem, l’administration Trump donne un nouveau coup de canif au consensus international sur le conflit israélo-palestinien, en annonçant que les États-Unis ne considéraient plus comme illégales les colonies de l’État hébreu en Cisjordanie occupée. « Après avoir examiné soigneusement tous les arguments de ce débat juridique, [nous concluons que] l’établissement de colonies de civils israéliens en Cisjordanie n’est pas en soi contraire au droit international », a déclaré lundi le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, alors que ces occupations de territoires palestiniens sont au contraire jugées illégales par l’ONU et une grande partie de la communauté internationale.

« La vérité, c’est qu’il n’y aura jamais de solution judiciaire au conflit, et que les débats sur qui a raison et qui a tort au regard du droit international n’apporteront pas la paix », a estimé Mike Pompeo, assurant qu’il ne s’agissait ni d’une ingérence dans la politique israélienne, ni d’un feu vert à la colonisation. Cette annonce intervient alors que les États-Unis n’ont toujours pas dévoilé un plan de règlement du conflit israélo-palestinien qu’ils promettent depuis des mois.

Lire aussi > Donald Trump se voit comme un écologiste, et ce n’est pas une blague

Victoire pour Netanyahu

Selon le New York Times, cette décision est le dernier cadeau en date de la part de l’administration Trump à Benjamin Netanyahu, qui a promis lors des élections d’annexer une partie des colonies de Cisjordanie occupée. Le Premier ministre israélien a salué dans un communiqué l’interprétation de son allié comme « le reflet d’une vérité historique : que les juifs ne sont pas des colonisateurs étrangers en Judée-Samarie », selon le nom biblique utilisé en Israël pour désigner la Cisjordanie occupée. Le quotidien américain pointe également un timing opportun de cette annonce, qui pourrait aider Benjamin Netanyahu dans sa quête compliquée d’un nouveau mandat à la tête du gouvernement israélien.

Lire aussi > L’administration Trump supprime une nouvelle aide aux Palestiniens

Mike Pompeo et Benjamin Netanyahu
Mike Pompeo et Benjamin Netanyahu, le 21 mars 2019. © JIM YOUNG / POOL / AFP

Depuis son arrivée au pouvoir en janvier 2017, Donald Trump a multiplié les marques de soutien à l’État hébreu. Moins d’un an après son investiture, le président américain a reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël, et ordonné le transfert de l’ambassade des États-Unis de Tel-Aviv à cette ville sainte. Une décision historique et unilatérale qui, selon ses nombreux détracteurs, a saboté les timides espoirs de reprise des négociations de paix. En mars dernier, le Républicain a reconnu « formellement » la souveraineté d’Israël sur le Golan syrien, occupée en 1967 puis annexée par l’Etat hébreu, braquant les projecteurs sur un territoire hautement stratégique au cœur du Proche-Orient.

Une décision « irresponsable »

L’Autorité palestinienne a de son côté immédiatement dénoncé la position des États-Unis. Washington n’est « pas qualifié ou autorisé à annuler des dispositions de droit international et n’a pas le droit de légaliser des colonies israéliennes », a déclaré dans un communiqué le porte-parole de la présidence palestinienne, Nabil Abou Roudeina. Le négociateur palestinien Saeb Erekat a dénoncé une décision « irresponsable » et le chef de la diplomatie jordanienne a déclaré que ce changement de ligne de Washington aurait de « dangereuses conséquences« , rapporte France 24. Hanan Ashrawi, un ancien responsable de l’Organisation de libération de la Palestine a quant à lui déclaré : « Cela montre clairement qu’ils ne tiennent aucun compte du droit international, de ce qui est juste et des exigences de la paix. » 

L’Union européenne s’est aussi rapidement démarquée, en rappelant sa position « claire » et « inchangée« , indique l’AFP : « toute activité de colonisation est illégale au regard du droit international et compromet la viabilité de la solution à deux États et les perspectives d’une paix durable ».

CIM Internet