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Le PS liégeois voit rouge après l’élection de Jean-Pierre Hupkens

La succession de Willy Demeyer ne plaît pas à tous les militants | © Belga

Politique

Au-delà des personnalités individuelles, pénalisées financièrement et mises au ban, collectivement, c’est probablement la Fédération liégeoise du PS qui aura payé le plus cher les retombées de Publifin. Et l’élection de Jean-Pierre Hupkens à sa tête ne semble avoir rien fait pour apaiser les tensions.

 

Il s’était présenté avec la discrétion et l’affabilité qui le caractérisent depuis les débuts de son engagement en politique il y a dix ans. La candidature de Jean-Pierre Hupkens à la succession de Willy Demeyer ? « Un service à effectuer pour le Parti socialiste ». Sa conception du rôle de chef de la Fédération liégeoise du PS ? « Un facilitateur pour les débats et les discussions en interne ». Candide, charmant, et bénéficiant d’un casier entièrement blanc, c’était le candidat désigné pour succéder à Willy Demeyer. Sans surprise, il a été élu ce samedi avec 50.09% des voix. Mais la célébration aura été de courte durée : Jean-Pierre Hupkens n’a pas encore eu le temps de prendre ses nouvelles fonctions que, déjà, des voix s’élèvent pour critiquer son élection.

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« Une énorme occasion gâchée »

Ainsi, pour Jean-Marc Wilmotte, conseiller communal PS de la région de St-Nicolas, « l’élection du nouveau président de la fédération est une énorme occasion gâchée. Alors que certains cadres du parti pavoisent avec indécence, l’heure est plus grave que jamais. En cautionnant l’immobilisme, à coup de consignes de vote appuyées et répétées, les sections de Liège et Seraing ont clairement démontré qu’elles n’avaient nullement l’intention d’opérer le changement radical pourtant demandé par l’opinion publique ».

« Presque honte d’être socialiste »

Une déception que partagent les militants qui s’étaient engagés pour Thibaud Smolders. Cet avocat Awansois de 30 ans seulement avait créé la surprise en présentant sa candidature. Trop jeune ? Aux âmes bien nées, la valeur n’attend pas le nombre des années, et Thibaud véhiculait un message passionné. Las des magouilles, il affirmait en effet à L’Avenir vouloir « effacer cette image négative du PS. On a presque honte d’être socialiste alors que ce sont les plus belles des valeurs. On est jeunes et on se fait maltraiter juste parce qu’on est socialistes… On a un rôle à jouer en tant que jeunes. Sinon, si on ne saisit pas l’occasion, il faut arrêter d’avoir des convictions ».

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« Déçu mais pas étonné »

Une occasion ratée de peu : samedi, Thibaud aura remporté 45.24% des voix, perdant de justesse la course à la présidence. Sur ces réseaux, ceux qui l’ont soutenu n’ont pas caché leur dégoût. « Déçu du résultat, mais pas étonné : non seulement vu l’âge des affiliés, mais aussi la peur du changement, la peur des jeunes,… Quel gâchis » commente ainsi l’un d’eux. Thibaud Smolders, lui, est resté fair-play et a parlé de « victoire du PS liégeois », tenant également à féliciter Jean-Pierre Hupkens.

« Simulacre d’élection »

Sur la page officielle de la Fédération liégeoise du PS, les militants semblent divisés entre ceux qui auraient voulu un souffle de jeunesse (« encore un vieux, déçue... ») et ceux qui au contraire, se reconnaissent dans les valeurs défendues par Jean-Pierre Hupkens (« peut-être un ancien, mais surtout, un homme vraiment de gauche ! »). Jean-Marc Wilmotte, lui, tire la sonnette d’alarme : « le PS liégeois vit un psychodrame dont il ne sortira certainement pas. Il ne fait pas bon y être jeune : lucides, les jeunes choisiront plutôt de militer chez Ecolo ou au PTB que dans un parti ringard empêtré dans les affaires et les combines. Finalement, le grand vainqueur de ce simulacre d’élection est le PTB (…) j’ai honte ». Debout, les damnés de la terre !

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