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Entre optimisme et appréhension, les Français de Belgique réunis pour le premier tour de la présidentielle

82 000 Français étaient inscrits sur les listes en Belgique pour cette élection présidentielle. | © Belga

Politique

À Bruxelles, de nombreux Français s’étaient réunis pour suivre les résultats du premier tour et assister à la victoire d’Emmanuel Macron et Marine Le Pen. 

Drapeaux français, lumière tamisée, la salle de réception de l’hôtel Renaissance est pleine à craquer. Au portillon, des jeunes et des moins jeunes, majoritairement des pro-Emmanuel Macron et François Fillon. 19 heures 45, tous les yeux sont rivés sur l’écran. Les spectateurs sont assis avec un verre de vin, dressés près du bar, ou tout simplement adossés contre un mur, tapotant du pied. La tension monte. « Oui à Macron, et s’il ne passe pas je crois que je vais pleurer ! Mais il est en tête, ça s’annonce bien pour lui » s’exclame Frédéric, le poing serré.

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« C’est du gâteau »

Jusqu’au dernier quart d’heure avant la fin du scrutin, les sondages annonçaient Emmanuel Macron premier de cette course présidentielle, suivi de très près par Marine Le Pen, mais rien n’était encore joué pour François Fillon et Jean-Luc Mélenchon. « Emmanuel Macron est très gentil, très mignon, mais on ne sait pas ce qu’il fait… Le scandale Penelope Fillon a été fabriqué par des gens très brillants. Le pire adversaire pour Emmanuel Macron, ce serait François Fillon car il a de l’expérience. Le reste… c’est du gâteau », scande ce Filloniste. À ses côtés, l’un des ses alliés rétorque : « L’avantage de Macron ? Cela ne changera rien, la politique française restera telle qu’elle est. » 

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Sur place, les Français sont plus que jamais divisés et les idées fusent de partout : « Pour le moment, le deuxième tour s’annonce être un duel entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, mais à voir si Jean-Luc Mélenchon nous réserve une surprise ». 19 heures 59, difficile de se faufiler dans ce bain de foule. Les téléphones sont brandis. Le silence est de mise. Certains lâcheront un dernier « Vive Macron ! » Tout le monde en cœur lance le décompte : 5, 4, 3, 2, 1…

J’ai été vraiment choquée d’apprendre que certains de ma génération ou ceux qui votaient pour la première fois votaient pour Marine Le Pen.

Portraits de Marine Le Pen et d’Emmanuel Macron en plein écran. Le voile est tombé. Certains ne peuvent cacher leur sourire, d’autres leur déception, et même parfois leur crainte : « Maintenant, il va falloir faire barrage à Marine Le Pen, car elle est redoutable. J’espère de tout coeur que les Français seront raisonnables. Mais j’ai été vraiment choquée d’apprendre que certains de ma génération ou ceux qui votaient pour la première fois votaient pour Marine Le Pen », murmure cette Française, secouant la tête d’incompréhension.


Dans la salle, il y a de l’électricité dans l’air parmi ces nombreux Macronistes et Fillonistes, se lançant des regards noirs. « Ce qui m’énerve c’est le flou intégral de Macron et quand on creuse, on voit qu’il tire ses racines du parti socialiste. Emmanuel Macron est un produit de François Hollande », lâche un jeune homme. Tout à coup, le calme revient : Benoît Hamon est le premier candidat à s’exprimer. Malgré sa déception, le membre du parti socialiste manifeste son ralliement au fondateur du mouvement En Marche ! Les Français s’échangent leurs ressentis : rejoindre Emmanuel Macron est la seule solution pour battre l’extrême-droite, mais quelques-uns restent sur leurs gardes : « l’électorat de droite peut prendre peur car Emmanuel Macron est très ouvert sur l’immigration. Et il faut dire que sa réponse face à l’attentat terroriste survenu aux Champs-Éylsées n’étaient pas à la hauteur. Marine Le Pen pourrait en tirer parti ». 

« Il y aura un vrai débat d’idées »

Têtes d’affiches éliminées, l’extrême droite en force, le renouveau du centre, l’ascension de la gauche radicale, le candidat conservateur mêlé aux affaires… Jamais une campagne présidentielle française n’avait connu autant de rebondissements, et ce jusqu’à la dernière ligne droite. Il reste à présent une quinzaine de jours au peuple français pour élire leur nouveau président de la République. Deux semaines décisives pour convaincre les indécis.

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« J’espérais un autre second tour, mais il y aura un vrai débat d’idées au cours de ces deux semaines car Emmanuel Macron et Marine Le Pen sont vraiment à l’opposé. On aura peut-être enfin une vraie campagne avec des programmes et des questions importantes comme l’économie. Cela ne peut que raviver le débat en France et ne faire que du bien », confie un étudiant. Emmanuel Macron versus Marine Le Pen : les Français ont choisi leurs finalistes.

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