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Menaces, digressions et critiques : le réveillon de Donald Trump

Donald et Melania Trump

Donald et Melania Trump parlent à la presse, le 31 décembre. | © JIM WATSON / AFP

Politique

Donald Trump a fêté la nouvelle année dans sa propriété de Mar-a-Lago en Floride, en menaçant l’Iran et en critiquant la France.

Explosion des tensions en Irak, menaces nucléaires en Corée du Nord : l’année 2020 commence sous le signe du chaos géopolitique pour le président des États-Unis. Depuis sa luxueuse propriété de Mar-a-Lago, en Floride, Donald Trump n’a pourtant pas réellement modifié son programme. Aucun événement public n’était prévu, ce 1er janvier. Pour le réveillon, il a pris le temps de tweeter – abondamment – et a répondu à quelques questions de journalistes avant de s’éclipser au bras de son épouse Melania.

Alors que la Corée du Nord vient d’annoncer la fin d’un moratoire sur les essais nucléaires présenté jusqu’à présent par la Maison-Blanche comme une grande victoire, Donald Trump continue de souligner ses bons rapports avec le dictateur nord-coréen. « J’ai une très bonne relation avec Kim Jong-un. Je sais qu’il envoie certains messages comme cadeau de Noël. J’espère que son cadeau de Noël sera un vase. C’est ce que je voudrais, un vase. (…) Écoutez. Il m’aime bien. Je l’aime bien. On s’entend bien. (…) Je crois que c’est un homme de parole », a-t-il déclaré.

En Irak, mercredi matin, les forces américaines déployées pour protéger l’ambassade des États-Unis ont tiré des grenades lacrymogènes. Des Irakiens en colère avaient pris d’assaut le bâtiment mardi, suite à des bombardements meurtriers par des avions américains contre des forces pro-Iran. Sur Twitter, mardi soir, Donald Trump avait choisi la menace explicite contre Téhéran : « L’Iran sera tenu responsable des vies perdues ou des dommages survenus sur nos installations. Ils vont payer un prix très fort ! Ce n’est pas un avertissement, c’est une menace. Bonne année ! » Face aux caméras, en Floride, il a rejeté tout parallèle entre cette situation et l’attaque contre l’ambassade américaine de Benghazi, en 2012, qui avait notamment coûté la vie à un ambassadeur américain.

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« Et l’Allemagne et la France, toute l’Europe, ils ne font pas grand chose »

Interrogé ensuite sur l’« impeachment » dont il fait l’objet, le président a préféré botter en touche, critiquant les alliés des États-Unis qui, selon lui, participent insuffisamment au financement de l’Otan et notamment concernant la crise ukrainienne. « Pourquoi est-ce que les États-Unis donnent tout le temps de l’argent aux pays étrangers ? Et l’Allemagne et la France, toute l’Europe, ils ne font pas grand chose. En fait ils ne font rien. (…) Où est la chancelière Merkel ? Où est le président français Macron ? », a-t-il lancé. L’Union européenne et plusieurs institutions ont en réalité mobilisé un important soutien financier, sous forme de subventions et de prêts, à hauteur de 15 milliards d’euros depuis 2014.

Sur Twitter, Donald Trump a adressé une autre pique à Emmanuel Macron. Retweetant une personnalité d’extrême droite qui diffusait une vidéo de voitures brûlant rue Tesson, à Paris, il a ironisé : « Comment ça va l’accord de Paris ? Ne demandez pas ! » Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la maire de Paris, lui a répondu : « Cher Donald Trump, seulement six voitures ont brûlé hier soir au 4 rue Tesson, un joli quartier du Xe arrondissement de Paris, probablement en raison d’un feu accidentel et l’accord de Paris attend toujours votre soutien pour restaurer la grandeur de la planète. »

En Floride, le président a conclu sa conférence de presse improvisée en adressant ses vœux aux médias, en vue de la présidentielle de l’automne prochain : « Si vous êtes honnêtes, je vais remporter largement l’élection. Si vous n’êtes pas honnêtes, je vais gagner de peu. Alors je préfèrerai que vous soyez honnêtes ».

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