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Fuite au Liban : Pourquoi Carlos Ghosn avait toujours un passeport français sur lui

Carlos Ghosn

Carlos Ghosn. | © Ludovic MARIN / AFP

Politique

Les trois passeports de Carlos Ghosn lui avaient été confisqués par la justice japonaise, mais l’ex-patron de Renault-Nissan en conservait un quatrième, français, sur lui durant sa liberté surveillée.

 

L’affaire Carlos Ghosn n’est pas finie. Après avoir fui le Japon où il était assigné à résidence, l’ex-patron de Renault-Nissan a critiqué ses conditions de détention, trop strictes, et « la présomption de culpabilité » du système judiciaire japonais. Mais les conditions de cette incroyable fuite au Liban restaient encore floues. Jeudi, de nouvelles révélations, affirmées par l’AFP, ont levé le voile sur cet étrange et soudain départ.

Selon des informations de la chaîne publique japonaise NHK, confirmées par l’AFP, Carlos Ghosn avait deux passeports français, dont un sur lui dans un étui fermé par un code secret. L’homme d’affaires, détenteur des nationalités libanaise, française et brésilienne, avait dû donner ses trois passeports à ses avocats, mais pouvait en garder un deuxième français sur lui, grâce à une autorisation exceptionnelle du tribunal. Ses avocats étaient également les seuls à connaître le code secret qui permettait d’ouvrir l’étui.

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Visa temporaire

Inculpé à quatre reprises et sorti de détention provisoire sous caution en avril 2019, Carlos Ghosn pouvait  voyager au Japon, même s’il passait le plus clair de son temps dans sa résidence à Tokyo. Ce document qu’il gardait sur lui faisait office en réalité de visa de court séjour dans l’archipel. Il devait donc l’avoir à portée de main pour ses déplacements internes.

En cas de contrôle, le businessman devait contacter l’avocat détenteur du code pour que celui-ci se déplace (il ne pouvait se contenter de donner le code par téléphone à un policier), a précisé une source proche du dossier à l’AFP, indiquant que de telles dispositions ne concernaient pas que Carlos Ghosn, mais aussi d’autres personnes libérées sous caution.

Entrée légale, sortie illégale

Les autorités libanaises ont affirmé que l’ancien patron n’était pas entré illégalement sur leur territoire. Du côté du Japon, c’est différent. Ils assurent n’avoir aucune trace informatique d’un départ dans les règles de l’art, c’est-à-dire avec une présentation de passeport à la frontière, ce qui lui aurait été refusé du fait de son statut, explique HuffPost. Il est donc soupçonné d’avoir employé un « moyen illégal » de sortie du territoire (sous une autre identité ou en échappant aux contrôles), souligne la chaîne publique de télévision NHK citant des sources proches des enquêteurs.

Ce passeport français sous clé aurait en revanche pu être utilisé à son arrivée en Turquie pour les formalités habituelles, avant de voyager ensuite vers le Liban où, selon les autorités locales, il est donc entré en toute légalité.

Au sujet d’une éventuelle extradition, la France a affirmé une nouvelle fois sa position : Carlos Ghosn ne serait pas envoyé vers le Japon s’il se présentait un jour en France, a répété la secrétaire d’État à l’Économie Agnès Pannier-Runacher sur BFMTV ce jeudi.

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