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Plus de 200 élus américains demandent à la Cour Suprême de suspendre le droit à l’avortement

des manifestants anti-choix devant la court suprême

Des manifestants anti-choix devant la Cour Suprême, en janvier 2019. | © SAUL LOEB / AFP

Politique

Dans une lettre adressée à la Cour Suprême, 207 membres du Congrès américain demandent de revenir sur le droit à l’avortement aux États-Unis.

 

Après de multiples lois strictes et contraignantes, la lutte contre l’avortement continue aux États-Unis, et prend une nouvelle tournure. Plus de 200 élus américains – quasi tous républicains – ont adressé jeudi dernier une lettre demandant aux juges de la Cour Suprême de reconsidérer l’arrêt Roe v. Wade de 1973 qui garantit le droit à l’avortement aux États-Unis, provoquant une vague de protestations des démocrates et des groupes de défense des droits reproductifs. Sur les 207 signataires, des sénateurs et des représentants, seulement deux sont démocrates.

Ces élus américains qualifient le droit à l’avortement d' »impraticable », s’appuyant sur une loi de Louisiane qui sera examinée par la Cour suprême des États-Unis en mars prochain. Ce texte, datant de 2014 et suspendu en février 2019, obligerait les docteurs des cliniques d’avortement de l’État à être affiliés à des hôpitaux. Ce qui est pratiquement impossible, les cliniques ayant du mal à obtenir ces partenariats. Cette mesure provoquerait la fermeture de la plupart d’entre elles et compliquerait grandement l’accès à l’avortement pour des millions de femmes.

manifestation pour l'avortement
Le mois dernier, 197 membres du Congrès ont également écrit à la Cour suprême pour soutenir l’arrêt Roe v. Wade. © Andrew CABALLERO-REYNOLDS / AFP

« Quarante-six ans après l’arrêt Roe v. Wade, cette décision demeure incroyablement contestée », peut-on lire dans la lettre envoyée à la Cour Suprême, citée par le Washington Post. « Chaque décision sur l’avortement depuis celle-ci a été source de grandes divisions. » Les signataires estiment également que les difficultés de la Cour dans ce domaine « illustrent l’impossibilité d’appliquer le ‘droit à l’avortement’ établi par Roe v. Wade et la nécessité pour la Cour de reconsidérer la question de savoir si Roe et [Planned Parenthood c.] Casey devraient être réexaminées et, le cas échéant, rejetées. » 

À l’encontre de l’opinion publique

Cette lettre « montre malheureusement que non seulement nos droits sont réellement menacés, mais que nous sommes également arrivés à un point critique où une minorité est prête à nous priver de nos libertés contre l’avis de la majorité », a réagi Stephanie Schriock, activiste pro-choix et présidente de l’organisation politique progressiste Emily’s List. Selon un sondage en juillet dernier, 60 % des Américains sont en faveur du droit à l’avortement, le chiffre le plus élevé depuis plus de 20 ans, souligne Washington Post, bien que le sondage ait interrogé seulement 1008 citoyens.

D’après Samuel Lau de Planned Parenthood, cette lettre « va à l’encontre de la volonté du peuple ». « Aux membres du Congrès qui ont signé ce courrier : Préparez-vous aux conséquences que vous rencontrerez aux urnes en novembre. »

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