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Iran : Donald Trump appelle à la désescalade et charge Barack Obama

Donald trump sur l'iran

"Tant que je serai président des États-Unis, l'Iran ne pourra pas avoir l'arme nucléaire". | © AFP

Politique

Donald Trump a pris la parole mercredi à la Maison-Blanche, quelques heures après les ripostes de l’Iran contre des bases militaires de la coalition internationale en Irak.

 

Dès la première phrase, Donald Trump s’est montré déterminé : « Tant que je serai président des États-Unis, l’Iran ne pourra pas avoir l’arme nucléaire ». Le milliardaire a pris la parole, mercredi à la Maison-Blanche, quelques heures après les frappes iraniennes contre des bases de la coalition internationale en Irak, en représailles après la mort de Qassem Soleimani, émissaire iranien dans le pays et atout majeur des Gardiens de la révolution dans la région. «Tous nos soldats sont sains et saufs », a-t-il assuré, niant le lourd bilan avancé par l’Iran peu après les frappes. « Aucune vie américaine ou irakienne n’a été perdue grâce aux précautions prises », a-t-il complété, évoquant notamment les évacuations préventives et les systèmes de détection de missiles.

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Prônant sa politique de « peace through strength » (« la paix grâce à la force »), Donald Trump a appelé à la désescalade : « Les États-Unis sont prêts à faire la paix avec tous ceux qui la souhaitent, a-t-il assuré. L’Iran semble se retirer, ce qui est bon pour toutes les parties concernées et une très bonne chose pour le monde ». Mais il a poursuivi ses critiques à l’encontre de Téhéran, contre lequel il compte prendre de nouvelles sanctions économiques pour l’instant non précisées : « Le monde civilisé doit envoyer un message clair et uni au régime iranien : votre campagne de terreur, de meurtre, de chaos ne sera plus tolérée ».

« Soleimani aurait dû être éliminé il y a bien longtemps »

Donald Trump a assumé sa décision d’ordonner l’assassinat de Qassem Soleimani, « responsable de certaines des pires atrocités » au Moyen-Orient, « nourrissant des guerres civiles à travers la région ». « Les mains de Soleimani étaient recouvertes de sang américain et iranien. Il aurait dû être éliminé il y a bien longtemps. En supprimant Soleimani, nous avons envoyé un message puissant aux terroristes : si vous tenez à la vie, ne menacez pas la vie des nôtres ».

Il a rappelé la mort d’Abou Bakr al-Baghdadi et assuré, encore une fois à tort, que « 100% du califat de l’EI » était défait, appelant à une coopération avec l’Iran, où Qasseim Soleimani était considéré comme responsable de la non-propagation de l’EI dans l’état perse : « L’EI est un ennemi naturel de l’Iran. La destruction de l’EI est bonne pour l’Iran, et nous devrions travailler ensemble là-dessus et sur d’autres priorités communes ». Après les frappes de mercredi, le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammed Javad Zarif avait d’emblée assuré que le pays ne cherchait « pas l’escalade ou la guerre ». Il a estimé que les frappes de la nuit étaient « proportionnées » et que les représailles étaient « terminées ».

Le tacle à Obama

Le président américain a rejeté la responsabilité des frappes de mercredi à son prédécesseur Barack Obama, évoquant l’accord de Vienne signé en 2015 et qu’il n’a cessé de dénoncer jusqu’à en retirer, en mai 2018, la signature américaine. « L’hostilité de l’Iran a encore plus augmenté après la signature du stupide accord sur le nucléaire, lorsqu’ils ont reçu 150 milliards de dollars, dont 1,8 milliard en espèces. Au lieu de dire merci aux États-Unis, ils ont scandé « mort à l’Amérique ». En fait, ils ont scandé « mort à l’Amérique » le jour où l’accord a été signé », a-t-il raconté, rejetant la faute sur l’Iran pour avoir « créé l’enfer au Yémen, en Syrie, au Liban, en Afghanistan et en Irak. Les missiles tirés hier envers nous et nos alliés ont été financés grâce aux fonds mis à leur disposition par l’administration précédente. Le régime a également grandement aggravé le contrôle sur son propre pays, tuant récemment 1500 personnes dans les nombreuses manifestations qui ont eu lieu à travers l’Iran ».

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Il s’est ensuite adressé au Royaume-Uni, à l’Allemagne, la France, la Russie et la Chine, les appelant à « reconnaître la réalité » et à ne pas tenter de sauver l’accord de Vienne. Son but, comme il l’a toujours brandi, est de négocier un nouvel accord avec un Iran affaibli, après avoir imposé de très contraignantes sanctions économiques et frappé un énorme coup en assassinant Qassem Soleimani.

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