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Petits candidats français : un petit tour et puis s’en vont

Malgré une exposition médiatique plus forte, Philippe Poutou a enregistré le même score qu'il y a cinq ans. | © PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN - Lionel Vadam

Politique

A l’exception de Nicolas Dupont-Aignan, les cinq autres petits candidats ont fait de la figuration. Que restera-t-il de cette campagne, pour Jean Lassale, Nathalie Arthaud, Philippe Poutou, François Asselineau et Jacques Cheminade ?

 

Nicolas Dupont-Aignan se voulait l’homme du vote utile. Il se comparait à David contre Goliath. Il aura réussi à devenir, et de loin, le premier des petits candidats. Pour sa deuxième tentative à l’élection présidentielle, il convainc plus d’un million d’électeurs de plus qu’en 2012, en bonne partie des déçus de François Fillon, mais avec 4,7% des suffrages exprimés, il rate de justesse la barre des 5%, celle qui ouvre le droit au remboursement total des frais de campagne. C’est en Essonne, où il est élu maire et député, qu’il enregistre son meilleur score : 7,18%, devant le candidat socialiste Benoît Hamon.

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Ce souverainiste a tenu un discours critique contre la Commission européenne sans prôner une sortie brutale de la zone euro. Pour le second tour, alors qu’il a autant attaqué Emmanuel Macron que Marine Le Pen pendant sa campagne, il s’en remet à son parti pour décider d’une consigne de vote attendue en début de semaine. Courtisé par le Front national (Florian Philippot a déclaré dès les résultats connus le 23 avril : « Il n’y a quasiment rien qui le sépare de nous » et Marine Le Pen a dit au JT de France 2 le lendemain qu’il avait les mêmes convictions qu’elle ), le fondateur de Debout la République veut surtout jouer un rôle dans la recomposition de la droite. Alors qu’il n’avait présenté que 300 candidats en 2012, le député en promet un dans chacune des 577 circonscriptions en juin.

©Leon Tanguy/MAXPPP – Nicolas Dupont-Aignan en pleine campagne.

Jean Lassalle réalise ses meilleurs scores dans le quart sud-ouest

Les autres ne peuvent guère espérer jouer la moindre carte politique : ils ne comptabilisent à eux cinq que 1,45 million de voix, soit moins que Nicolas Dupont-Aignan tout seul. Leurs candidatures ont été balayées dans les urnes par l’exceptionnel grand nombre de favoris, alors que l’égalité du temps de parole leur a pourtant garanti une exposition comparable.

Jean Lassalle, l’ancien compagnon de route de François Bayrou, avait ferraillé pour obtenir ses 500 parrainages. Le député des Pyrénées-Atlantiques, habitué des coups d’éclat et défenseur des villages et des campagnes, réalise ses meilleurs scores dans le quart sud-ouest et récolte 1,21% des voix sur l’ensemble du territoire.

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Il est suivi par Philippe Poutou (1,09%),qui a fini par changer d’avis et rempiler cette année. Ses interventions remarquées dans les débats ne lui ont pas permis de progresser et il affiche presque le même score qu’il y a cinq ans (1,15%).

L’autre représentante de l’extrême gauche, Nathalie Arthaud, est derrière lui, avec 0,64% des suffrages exprimés, même si elle améliore son score de 2012 de quelques voix.

©PHOTOPQR/LE PARISIEN – Jacques Cheminade.

François Asselineau, cet ancien des cabinets ministériels de droite devenu le héraut du Frexit (il proposait une sortie de l’UE sans passer par le référendum), ne franchit pas le 1 % de suffrages (à 0,92%). C’était sa première candidature, puisqu’il avait échoué à réunir les parrainages nécessaires en 2012.

Le vétéran et le doyen de l’élection, Jacques Cheminade, 75 ans et trois candidatures perd un peu plus de voix à chaque élection, à seulement 0,18% le 23 avril dernier. Il ne présentera cette année qu’une dizaine de candidats aux législatives, contre 78 en 2012. Il ne devrait pas tomber plus bas puisque c’est la dernière fois qu’il se présente.

Les petits snobés par les gros

Ils étaient onze à se présenter. Mais, pendant la campagne, les cinq principaux candidats ont fait comme si les six autres n’existaient pas. Selon Le poids des mots, notre application qui a recensé 1,14 million de mots prononcés lors de leurs interventions publiques, entre le 30 janvier et le 21 avril dernier, c’est Emmanuel Macron qui était le plus cité avec 510 mentions par ses quatre grands rivaux (dont 203 fois par la représentante du Front National). Au total, ils ont parlé à 1448 reprises les uns des autres, si on exclut les fois où ils se citent eux-mêmes…

En revanche, ils n’ont évoqué que 35 fois les six autres candidats, plaçant Nicolas Dupont-Aignan (12 occurrences) devant Philippe Poutou (9), François Asselineau (7), Nathalie Arthaud (3), Jean Lassalle (3) et Jacques Cheminade (1). Et encore la plupart de ces mentions ont eu lieu sur le plateau du débat télévisé du 4 avril, le seul où tous étaient réunis. Il fallait bien qu’ils s’adressent la parole.

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