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Les dix mesures phares du programme d’Emmanuel Macron

"Moi, président..." | © belga:PHOTOPQR/OUEST FRANCE

Politique

Paris Match a sélectionné dix mesures parmi les plus emblématiques du projet d’Emmanuel Macron, candidat à la présidence de la République.

 

Emmanuel Macron n’aime pas beaucoup le mot « réforme », à en croire sa plume Quentin Lafay. Pourtant, le candidat d’En Marche ! est de très loin celui qui a le plus employé ce terme depuis le 30 janvier, d’après les données du « Poids des mots », l’application web de Paris Match sur les discours des candidats. Celui qui a intitulé son livre Révolution veut-il réellement bouleverser le pays ? Dans son discours au soir du premier tour, l’ex-conseiller de François Hollande a promis d’être « un président qui protège », tant sur le plan économique que face à la délinquance ou au terrorisme. Revue de détail de ses mesures phares.

L’assurance chômage pour tous

C’est l’une des réponses qu’apporte Emmanuel Macron à l’ubérisation de l’économie. « Il ne faut pas chercher à protéger tous les emplois il faut protéger les individus », a dit le candidat sur France 2 le 6 avril. Pour ce faire, il propose que « les artisans, les commerçants indépendants, les entrepreneurs, les professions libérales, et les agriculteurs » bénéficient comme les salariés de l’assurance chômage.

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La suspension des allocations chômage après « le refus d’offres raisonnables »

En contrepartie de l’ouverture des droits de l’assurance chômage en cas de démission -une fois tous les cinq ans-, Emmanuel Macron entend sanctionner les chômeurs qui feraient preuves d’efforts de recherche d’emplois « insuffisants » ou refuseraient des « offres raisonnables ». Leurs allocations seraient suspendues. « Si, après un bilan de compétences, un chômeur refuse plus de deux offres d’emploi géographiquement et professionnellement responsables, son indemnité sera suspendue », détaillait-il dans Le Parisien le 12 avril.

Moins de cotisations, plus de salaire net

Dans son programme, Emmanuel Macron promet 500 euros nets supplémentaires par an pour qui touche un salaire de 2 200 euros nets. Ces allégements de cotisations seront cependant plus importants pour les employeurs, avec 1 800 euros par an pour un salarié payé au SMIC (salaire minimum en français, équivalent du CPAS en Belgique). Le candidat d’En Marche! entend poursuivre la politique de réduction du coût du travail. Il affirmait sur France Inter le 1er février : « Le financement de notre protection sociale ne peut plus se faire sur le travail ».

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Exonération de la taxe d’habitation pour les classes moyennes et populaires

C’est l’une des mesures les plus marquantes du projet Macron. Le candidat promet d’exonérer de taxe d’habitation 80% des ménages. Il s’agit à ses yeux d’« un impôt injuste », dont la disparition pour une grande partie des Français sera effective dès 2020. Dans son projet, Emmanuel Macron promet que les ressources des communes seront sauvegardées « à l’euro près » et « en préservant leur autonomie fiscale ».

120 000 postes de fonctionnaires non renouvelés

Un nouveau système de retraites

Emmanuel Macron veut supprimer les régimes spéciaux de retraite. « Ce que je propose n’est pas une énième réforme, sur l’âge légal ou la durée de cotisation, mais la fusion en un régime universel où 1 euro cotisé générera les mêmes droits », affirmait-il dans Le Parisien le 12 avril. Le système qu’il propose se rapproche d’un système à point, dans lequel les pensions ne sont pas garanties, mais dépendantes de l’âge de départ à la retraite et de l’espérance de vie.

Suppression du RSI

Le régime social des indépendants a concentré durant cette campagne les critiques de tous les candidats. Emmanuel Macron veut lui aussi le supprimer. « Il faut simplifier un régime qui marche mal en termes de gestion mais il faut garder leurs allégements de charges », a-t-il expliqué le 20 mars, lors du débat sur TF1.

60 milliards d’économies

Emmanuel Macron assure qu’il réalisera 60 milliards de baisse des dépenses publiques dans son quinquennat. Il vise 15 milliards de moins sur l’Assurance maladie et dix milliards sur l’Assurance chômage. Dix autres milliards proviendront d’économies sur les collectivités locales. Les 25 milliards restants reposeront sur « un mode de gouvernance totalement nouveau ». À la clé : des recrutements hors du statut de la fonction publique, un statut des fonctionnaires « modernisé » et 120 000 postes non renouvelés, « 70 000 venant des collectivités et 50 000 de l’État », expliquait le candidat dans Les Echos le 24 février.

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Champion de la « tolérance zéro »

La « tolérance zéro »

Le candidat Macron revendique une politique ferme en matière de sécurité. Il affirme vouloir appliquer la « tolérance zéro », grâce au recrutement de 10 000 policiers et gendarmes supplémentaires. Il entend construire 15 000 places de prison. Il promet des « amendes immédiates et dissuasives » pour toutes les incivilités. Cela s’appliquera également à la consommation de cannabis, sujet sur lequel Emmanuel Macron laissait entendre en septembre qu’il était au contraire réceptif aux arguments des partisans de la légalisation.

À l’école, 12 élèves « par enseignant » en zone prioritaire

Emmanuel Macron promet de limiter la taille des 12 000 classes prioritaires à « 12 élèves par enseignant » en première et deuxième primaires dans les zones prioritaires. Le candidat promet également une prime de 3 000 euros nets par an pour les enseignants en poste dans ces zones. L’ex-ministre de l’Économie ne précise pas comment les écoles feraient face à cet impératif sans nouveaux locaux.

Lunettes, prothèses auditives et dentaires remboursées à 100%

Le candidat Macron promet, d’ici 2022, une prise en charge à 100% des lunettes, des prothèses dentaires et des prothèses auditives.

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