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La favorite : comment Ivanka Trump est devenue First Lady

Donald Trump a fait de sa fille aînée son bras droit | © Belga

Politique

Cent jours après l’inaugration, plus de doute possible : Ivanka Trump est la véritable First Lady des États-Unis, et elle jouit d’un pouvoir sans précédent par rapport à celles qui l’ont précédée à ce poste convoité. Invitée cette semaine par Angela Merkel à participer au G20 des Femmes aux côtés de Christine Lagarde, elle fascine autant qu’elle dérange. Comment Ivanka est-elle devenue le bras droit de son président de papa ? Plongée dans l’album de famille. 

« Pour commencer, pourriez-vous nous expliquer le concept de ‘first daughter’ avec lequel les Allemands sont peu familiers ? ». D’emblée, la journaliste Miriam Meckel, modératrice pour le G20 des Femmes, pose la question qui fâche. Une question qui s’est répandue dès l’annonce de la décision d’Angela Merkel d’inviter Ivanka Trump à un panel avec Christine Lagarde. Posée là où son père est bouillonnant, impassible face à la critique, Ivanka ne se laisse pas décontenancer : « Je suis moi-même assez peu familière avec ce rôle nouveau. Je suis humble face aux dirigeantes formidables réunies ici aujourd’hui et j’écoute. Je suis là pour apprendre ».

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« Fière de mon nom »

Un apprentissage des rouages du pouvoir que la fille aînée de Donald Trump a entrepris dès son plus jeune âge. Née dans le gotha new-yorkais, Ivanka grandit avec ses deux grands frères dans le cadre opulent du penthouse familial. En 2003, elle se livre devant la caméra de Jamie Johnson, scion de l’empire pharmaceutique Johnson et Johnson, et réalisateur du documentaire Born RichLà où d’autres gosses de riches interviewés se montrent parfaitement insupportables  ( « quand j’ai un problème avec quelqu’un, je lui dis ‘fuck you, ma famille peut acheter la tienne‘ » ), Ivanka, déjà, fait preuve de l’élégance et de la retenue nécessaires à l’exercice de la fonction publique. Voix douce, sourire ultrabrite, elle confie face caméra être « incroyablement fière d’être une Trump. Je suis fière de mon nom, fière de ma famille, et de tout ce qu’ils ont accompli ». Ivanka ne sait pas encore jusqu’où l’amèneront les accomplissements de son richissime daddy, mais qu’importe : elle est déjà tellement fière de lui.

Relation fusionnelle

Et la réciproque est on ne peut plus vraie. Au-delà de commentaires discutables tels que « si Ivanka n’était pas ma fille, on sortirait probablement ensemble », Donald Trump n’a jamais caché sa nette préférence pour son aînée. Dans un portrait pour New York Magazine  il y a quelques années, il expliquait aimer Tiffany, mais avoir une préférence pour Ivanka : « c’est Daddy’s Little Girl, je ne peux pas m’en empêcher... ». Il faut dire qu’entre Donald et sa fille, la relation a toujours été fusionnelle. Interviewée par CNN, Ivanka s’est souvenue des coups de fils passés à son père alors qu’elle était étudiante à la prestigieuse Chapin School. « Je devais avoir 10 ans, et je l’appelais en PCV, ce qui est parfaitement ridicule. Je me cachais dans le placard du concierge pour lui téléphoner, et il me mettait sur haut-parleur, peu importe qui était dans son bureau à ce moment là. Il pouvait aussi bien être en présence de collègues que de titans de l’industrie ou de chefs d’états, et il prenait toujours le temps de me demander comment ma journée se passait et de dire à ses interlocuteurs à quel point j’étais brillante ».

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La digne héritière de son père

Heureusement pour celui qui s’est improvisé pourfendeur des « fake news », l’avenir lui a donné raison. Sa fille est en effet devenue brillante en tous points, réussissant le pari d’être l’heureuse maman de trois enfants et une businesswomen accomplie, à la tête d’un empire englobant vêtements, bijoux et accessoires. Une marque que les opposants du controversé président US ont appelée au boycott, mais qu’importe : il n’y a pas que le président qui Trump énormément, et les produits sont désormais vendus discrètement sous un autre label. Ivanka a hérité cela de son père : une résilience à toute épreuve, et la faculté d’être toujours là où on ne l’attend pas. Il y a quelques années, c’était au poste de Vice-Présidente de l’empire immobilier paternel, aujourd’hui, c’est au poste non officiel de First Lady.

Atout charme

Un choix controversé, mais essentiel pour l’image que Donald Trump veut projeter. Là où sa femme, Melania, est accusée d’être froide et calculatrice et doit se défendre de rumeurs sur son prétendu passé trouble, Ivanka, elle, bénéficie d’un important capital sympathie. Jamais à l’abri d’une controverse, elle semble parvenir à se sortir de toutes les polémiques d’une élégante pirouette, à l’image de sa réponse à la parodie de Scarlett Johansson : « si être complice, c’est vouloir avoir un impact positif, alors je suis complice ». Un impact positif dont son père a désespérément besoin. Alors qu’il se noie dans les sondages et que des psychiatres demandent sa destitution, Donald Trump compte sur son atout charme pour éviter de perdre la partie. Mais si brillante et dévouée soit-elle, Ivanka n’est pas non plus magicienne. Au G20 de Berlin, son affirmation de solide conviction de son père « dans le potentiel des femmes et leur capacité à faire le travail comme n’importe quel homme » a été accueillie par des huées. Allô papa bobo.

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