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Marche anti-avortement : Avant son élection, Donald Trump était pourtant pro-choix

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Donald Trump, de pro-choix à pro-life. | © SAUL LOEB / AFP

Politique

Donald Trump sera le premier président américain à participer, ce vendredi à Washington, à une marche contre l’avortement. Retour sur son évolution à propos de ce sujet extrêmement sensible aux États-Unis.

 

En 2016, Donald Trump était considéré comme le candidat le moins religieux. Quatre ans plus tard, le milliardaire a bien changé. Pour preuve, il s’apprête à participer à la « Marche pour la vie », grand rendez-vous des manifestants anti-avortement ce vendredi à Washington, devenant ainsi le premier président des États-Unis en exercice à se rendre à cet événement annuel.

« Nous sommes profondément honorés d’accueillir le président Trump à la 47ème Marche pour la vie », a déclaré dans un communiqué la présidente de cette marche, Jeanne Mancini. « De la nomination de juges pro-vie (…) à la réduction du financement par les contribuables des avortements ici et à l’étranger, et à l’appel à cesser les avortement tardifs, le président Trump et son administration ont été des défenseurs constants de la vie. »

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De pro-choix à pro-life

En 1999, le magnat de l’immobilier avait pourtant déclaré être « pro-choix » en direct à la télévision. « Je déteste le concept de l’avortement. Je déteste ça. Je déteste tout ce que cela représente. Je frémis quand j’écoute des gens qui débattent de ce sujet. Mais je crois tout simplement dans le choix », avait-il assuré sur NBC.

Ce n’est qu’en 2011, l’année où il a décidé de briguer la présidence, que son point de vue commence à changer et qu’il se dit résolument anti-avortement. « Il y a certaines choses qui, je pense, ne pourront jamais être négociées. Permettez-moi de dire les choses ainsi : je suis pro-life et les gens pro-life découvriront que je leur serai très fidèle, tout comme je suis fidèle aux autres. Je nommerais des juges qui ressentent ce que je ressens », a-t-il déclaré à l’époque au New York Times. Ce qu’il fera en 2018, avec l’arrivée de deux juges conservateurs, Brett Kavanaugh et Neil Gorsuch, à la Cour suprême, faisant basculer la plus haute instance judiciaire du pays en faveur des Républicains.

Avec ces deux nominations, Donald Trump a galvanisé les militants anti-avortement qui rêvent de remettre en cause l’arrêt « Roe v. Wade ». Ou, à défaut, autoriser les États à adopter des lois très restrictives sur les interruptions volontaires de grossesse.

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D’autres girouettes

Le milliardaire républicain n’est pas le premier président des États-Unis à changer d’avis à propos du droit à l’avortement. George H. W. Bush était par exemple pro-choix, lorsqu’il était membre de la Chambre des représentants pour le Texas, avant de devenir progressivement pro-life.

Mais le volte-face le plus marquant fut certainement celui-ci de Ronald Reagan. Gouverneur de Californie, il signa la loi sur l’IVG la plus libérale du pays dans les années 60, le « Therapeutic Abortion Act » dont l’objectif était de réduire le nombre d’avortements clandestins. Mais quelques années plus tard, le futur président des États-Unis regrette cette décision et annonce être « pro-life » après avoir reconnu ce qu’il appelle « les conséquences » de la loi.

Objectif : second mandat

L’an dernier, lors de la « Marche pour la vie », le président américain était intervenu par écran géant interposé, promettant d’opposer son veto à toute législation « affaiblissant la protection de la vie humaine ». Sa présence, physique cette fois, constitue « un tournant » décisif pour le mouvement pro-vie, selon Marjorie Dannenfelser, présidente de Susan B. Anthony List, puissante organisation anti-avortement qui vient de débloquer 52 millions de dollars pour aider son candidat favori à décrocher son second mandat.

Ses détracteurs y voient plutôt une tentative désespérée de détourner l’attention de son procès en destitution qui s’est ouvert mardi au Sénat.

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L’objectif est à peine déguisé. À l’approche des élections présidentielles du 3 novembre, où il briguera un second mandat, Donald Trump souhaite renforcer le soutien des chrétiens évangéliques blancs, sa base électorale. En 2016, 81% d’entre eux ont voté pour lui.

Alors que la Cour suprême examinera une loi restrictive de Louisiane – premier test dans leur bataille juridique contre Roe v. Wade, l’avortement demeure une question hautement controversée depuis des décennies aux États-Unis. Selon une étude du Pew Research Center publiée en août 2019, 61% des Américains estiment que l’interruption volontaire de grossesse devrait être légalisée, contre 38% qui pensent qu’elle devrait être interdite.

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