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À Davos, la Première ministre de la Finlande répond à une question que l’on n’aurait jamais posée à un homme

Sanna Marin

"Comment fonctionne votre gouvernement ?" Sanna Marin, la Première ministre de la Finlande, a dû répondre à cette question. | © Raigo PAJULA / AFP

Politique

L’occasion pour Sanna Marin, la plus jeune dirigeante du monde, de parler de l’égalité des genres en politique.

On pourrait lui poser des questions sur le programme politique de son gouvernement, sur son parcours ou encore sur ses valeurs. Mais, depuis son élection en décembre dernier, Sanna Marin doit plutôt répondre à des questions à propos de son genre et de son âge. À Davos, la Première ministre de la Finlande âgée de 34 ans n’y échappe pas non plus.

Jeudi, lors d’un forum sur l’égalité des sexes, la socialiste a dû expliquer le fonctionnement d’un gouvernement dirigé par des femmes. Bien que cette question n’aurait jamais été posée à un homme, la plus jeune dirigeante du monde a préféré répondre sur le ton de la plaisanterie. « Eh bien, c’est comme pour n’importe quel autre gouvernement. Nous avons des réunions et nous prenons des décisions », a-t-elle lancé, sous les rires du public, avant d’ajouter : « On ne se réunit pas dans des vestiaires pour femmes et on n’a pas le genre de conversations qu’on pourrait avoir dans des vestiaires. »

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L’importance de la diversité au sein d’un gouvernement

En Finlande, les cinq partis de la coalition sont dirigés par des femmes, dont quatre ont moins de 35 ans et la dernière a plus de 50 ans. « Je sais que le fait que nous ayons tellement de jeunes femmes au pouvoir présente une différence par rapport à ce qui se passe dans d’autres pays du monde », a déclaré Sanna Marin à Davos jeudi, précisant tout de même qu’elle ne s’était pas intéressée à la réaction des médias. Alors que cette coalition dirigée par des femmes n’est pas « si extraordinaire » en Finlande, la cheffe du gouvernement finlandais espère que l’élection d’une femme n’attirera pas autant l’attention à l’avenir. « Parce qu’il faudrait trouver normal d’avoir des générations différentes et des genres différents au pouvoir. Parce que si on regarde la population, on y trouve des genres différents et des générations différentes. Nous avons donc besoin de gens issus de toutes les catégories de population », a-t-elle souligné. « Espérons qu’à l’avenir, le fait d’avoir au pouvoir des décisionnaires issus de toutes les catégories de la société deviendra la nouvelle norme. »

Pour Sanna Marin, ce n’est pas seulement l’égalité des genres qui a amélioré la politique à l’échelle mondiale, mais aussi cette diversité, offrant « différents angles » dans le processus décisionnel.

Bien qu’il soit considéré comme un pays « pionnier » pour l’égalité des genres, la Première ministre a admis que la Finlande avait encore du chemin à parcourir pour atteindre la parité, donnant comme exemple la réforme du congé parental. Elle prouve ainsi que « l’égalité n’est pas seulement une affaire de femmes, c’est aussi une affaire d’hommes ».

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