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L’Egypte veut inclure les médias dans sa liste des entités terroristes

Le parlement en egypte

Une (nouvelle) menace pour la liberté de la presse. | © Adem ALTAN / AFP

Politique

Le liberté de la presse est en danger en Egypte, alors que le parlement débat actuellement de la modification d’une loi pour y inclure la presse et les médias dans la liste des entités terroristes.

Reporters sans Frontières tire la sonnette d’alarme. Lundi 27 janvier, la Commission des affaires législatives et constitutionnelles du Parlement égyptien a approuvé un projet de loi qui vise à allonger la liste des entités considérées comme terroristes, afin d’y inclure désormais la presse et les médias. Au grand dam des journalistes dans un pays où la situation de la liberté de la presse est de plus en plus préoccupante.

Dans un communiqué publié mardi, au lendemain de cette décision, RSF dénonce cet amendement qui, s’il est adopté, viendrait ajouter à cette liste les « canaux de transmission audiovisuels ou papier, ainsi que les stations de radio et les médias présents sur les réseaux sociaux », diffusés « de l’intérieur ou de l’extérieur du pays, avec pour objectif de nuire à des individus, les terroriser ou à mettre en danger leur vie, leurs libertés, leurs droits ou leur sécurité ».

« Cet amendement est extrêmement préoccupant car il assimile les médias à des organisations terroristes, dénonce Sabrina Bennoui, responsable du bureau Moyen-Orient de Reporters sans frontières. Alors que les autorités égyptiennes étouffent la presse depuis des années en brandissant la menace terroriste, elles s’apprêtent désormais à inscrire cet état de fait dans la loi. » Selon des informations recueillies par l’organisation, l’amendement pourrait être adopté définitivement et mis en application après l’approbation de la chambre des représentants.

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« L’une des plus grandes prisons du monde pour les journalistes »

En 2019, l’Egypte occupait la 163e place au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF. Ce dernier présente d’ailleurs le pays comme « l’une des plus grandes prisons du monde pour les journalistes ». Certains passent des années en détention provisoire sans qu’aucune charge ne soit retenue contre eux ou sans jamais être jugés, d’autres sont condamnés à de lourdes peines allant jusqu’à la perpétuité lors de procès iniques.

Depuis 2013, une véritable chasse aux journalistes est en marche. Un arsenal juridique répressif menace de plus en plus la liberté de la presse, à commencer par la loi antiterroriste adoptée en août 2015, imposant aux journalistes de respecter la version officielle lors des couvertures des attentats au nom de la sécurité nationale. Trois ans plus tard, des lois sur les médias et les cybercrimes aggravent encore davantage la situation de la liberté de la presse déjà fragile en Egypte, annonçant la possibilité de poursuivre ou d’emprisonner des journalistes et de fermer des sites qui partagent de l’information indépendante sur internet.

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