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#BloombergIsRacist : Un extrait audio du milliardaire fait l’effet d’une bombe sur Twitter

#BloombergIsRacist : Un extrait audio du milliardaire fait l'effet d'une bombe sur Twitter

Le candidat à la primaire démocrate est accusé de racisme par les internautes. | © Mandel NGAN / AFP

Politique

Des propos de Michael Bloomberg, candidat aux primaires démocrates américaines, qui ne passent pas.

 

Tout a commencé avec un tweet posté par l’Américain Benjamin Dixon, connu pour ses podcasts. Dans un extrait audio datant de 2015, on entend clairement l’ancien maire de New York (de 2002 à 2013) défendre sa politique de stop-and-frisk (« arrêter et fouiller ») lors d’une apparition à l’Institut Aspen. « Vous pouvez simplement prendre la description, la photocopier et la distribuer à tous les flics. Ce sont des hommes, des minorités, de seize à vingt-cinq ans. C’est vrai à New York, c’est vrai dans presque toutes les villes. »

Le candidat démocrate à la présidence continue en déclarant qu’il faut mettre les policiers où sont les crimes, « c’est-à-dire dans les quartiers où vivent les minorités ». « Et la façon dont vous enlevez les armes des mains des enfants est de les jeter contre les murs et de les fouiller. » Selon un article de l’Aspen Times datant de 2015, « les représentants de Michael Bloomberg ont demandé à l’Aspen Institute de ne pas diffuser les images de sa récente apparition à Aspen, où le maire de New York a fait des commentaires acerbes sur les minorités et le contrôle des armes à feu ». Des propos choquant pour le candidat démocrate, qui ont soulevé un vent de colère sur la toile. Le hashtag #BloombergIsRacist est très rapidement devenu numéro 1 des tendances sur Twitter, avec plus de 21 000 tweets.

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« Bloomberg : Votez pour moi, je ne suis pas aussi raciste que Trump.
Également Bloomberg : … »

« Ce moment gênant où tu dépenses 300 millions de dollars de publicité pour te préparer avant une élection, uniquement pour que Twitter t’arrêtes plus tôt que prévu un mardi matin. »

« C’est absolument dégoûtant ! Bloomberg doit abandonner la course (ndlr, à la présidence) ! »

« Mike Bloomberg défendant le Stop-and-Frisk en 2013 : « Je pense que nous arrêtons trop les blancs de manière disproportionnée et les minorités trop peu ». »

Des vieilles vidéos qui mettent à mal le candidat

Cet extrait audio datant de 2015 n’est – malheureusement pour le candidat – pas la seule vidéo circulant sur la toile. Un autre tweet souhaite raffraichir la mémoire des internautes, et remonte en 1989 avec l’affaire des « cinq de Central Park ». Alors qu’une joggeuse blanche se fait violemment agresser dans le parc de New York, cinq garçons âgés de 14 à 16 ans, noirs ou latinos, se font condamner à tort. « Vous vous souvenez de l’implication de Trump lors de la condamnation des Central Park Five ? Bloomberg a dépensé des MILLIONS de dollars de l’argent des contribuables pour essayer de les empêcher d’être disculpés APRÈS que l’auteur réel ait avoué et que l’ADN l’ait confirmé », accuse cet internaute.

Un fait confirmé par CBS News. Sous l’administration Bloomberg, « les cinq hommes ont intenté un procès pour atteinte aux droits civils contre la ville de New York, alléguant des poursuites abusives, une discrimination raciale et une détresse émotionnelle », atteste le média américain. L’administration Bloomberg a dépensé près de 6 millions de dollars concernant l’affaire pendant dix ans, en faisant valoir que les autorités de l’époque avaient de bonnes raisons et agissaient de bonne foi. Interrogé en janvier, un porte-parole de la campagne de Bloomberg défend l’ancien maire new-yorkais, et déclare au média américain que « l’administration Bloomberg n’a jamais été en désaccord avec la décision d’annuler les condamnations ».

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Et d’autres vidéos refont surface. Notamment une, encore une fois partagée par Benjamin Dixon, où Michael Bloomberg qualifie une femme transgenre comme étant « un homme portant une robe ».

« Si vous voulez savoir si quelqu’un est un bon vendeur, donnez-lui la tâche d’aller dans le Midwest, de choisir une ville et de vendre à cette ville le concept selon lequel un homme portant une robe devrait être dans un vestiaire avec sa fille. Si vous pouvez vendre cela, vous pouvez vendre n’importe quoi », déclare le démocrate, anciennement républicain.

Une mauvaise publicité dont le milliardaire aura sûrement du mal à s’en remettre.

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